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FIG. 3. — ASPECT DU DOS CHEZ L'HOMME ET CHEZ LA FEMME

Tout ce qui précède ne s'applique qu'au sujet dans l'attitude droite, ou dans la position couchée, attendu que chaque mouvement du tronc modifie les limites indiquées

du fait du jeu des muscles.

Il faut donc bien retenir ce point, conclusion de ce qui précède, que le losange de Michaëlis existe chez la femme seule. Aussi bien on trouvera des hommes ayant

le losange comme il y a des femmes à barbe; cependant.

il ne vient à l'idée de personne de dire que la barbe est l'apanage de la femme.

En se basant sur l'anatomie pure, on est donc en droit de pouvoir affirmer que le losange de Michaëlis doit être considéré comme un caractère essentiel du sexe féminin.

Trois ordres de considérations interviennent encore pour confirmer cetle opinion : considérations anatomi-

ques, arlistiques et gynécologiques.

Analomie lopographique. — Au point de vue anatomotopographique, la région sacrée apparaît comme limite de la région fessière, de la région lombaire et aussi de la région vertébro-dorsale: mais, peu importante en ellemême, on s'occupe surtout, en l'étudiant, non de sa surface, mais de ses aponévroses principales, de ses ligaments, de ses articulations. On étudie le sacrum dans ses rapports avec le bassin et la colonne vertébrale. Aussi, les anatomistes donnent-ils sur elle peu de détails.

On ne saurait citer l'opinion de tous les auteurs sur cette région. Il suffit de parler du traité de Hyrtl. Alors qu'il donne force détails sur les fossettes des joues chez les jeunes filles etc., il ne décrit pas les fossettes de la région sacrée. Il montre que les aponévroses sont très solidement fixées à la crête iliaque, ainsi qu'aux apophyses épineuses dorsales, où les muscles dorsaux etabdominaux convergent sur la ligne médiane. Il décrit assez minutieusement les régions inférieures à la région sacrée, notamment les fesses et les hanches. Mais les données fournies par Hyrtl sur la région sacrée elle-même sont minimes et il manque la définition exacte des différences

à ce sujet, entre l'homme et la femme.

Le même défaut se retrouve dans le résumé d'anatomie topographique d'Hildebrand, qui, pour cette région,

ne fait pas de distinction entre les sexes.

Analomie artistique. — Parlons maintenant d'une catégorie spéciale de traités d'anatomie, ceux qui ont été écrits spécialement pour les artistes.

Brücke dit ceci, en parlant de la région que nous décrivons : « Quand on regarde le dos d'un homme ou d'une statue, on peut voir entre les épaules une ligne qui descend jusqu'à la région sacrée. Là et de chaque côté, à une certaine distance de la ligne médiane, on trouve une fossette. La voussure qui la sépare de la ligne dorsale médiane est formée par la partie inférieure des muscles dorsaux, qui vont prendre attache au sacrum, et aussi parfois par une couche de graisse superposée à ces muscles.

De chaque fossette part obliquement en bas et en dedans une ligne qui se dirige vers l'extrémité supérieure du pli interfessier. Ces deux lignes sont visibles dans tout leur trajet, ou tout au moins elles sont assez accusées pour qu'on puisse facilement les compléter par la pensée. La partie supérieure et interne est formée par les muscles dorsaux, leurs tendons, leurs insertions: la partie inférieure et externe est due aux muscles du bassin; ces lignes forment un triangle : c’est le triangle sacré.

Ce triangle peut être modifié, soit par l'inclinaison du bassin, soit par la forme du sacrum ou de l'os iliaque, ou encore par la couche graisseuse qui le recouvre. Il peut

nous présenter une surface convexe ou bien plane: il

peut même aussi présenter une dépression médiane ou deux dépressions latérales; mais il est toujours reconnaissable, et les artistes, dans leurs œuvres, l’ont représenté chez les individus jeunes et debout. »

Remarquons, en passant, que Brücke fait dépendre la configuration du triangle sacré de la forme du sacrum, et, par conséquent, de la plus ou moins grande largeur de ce dernier os. Des exemples choisis par cet auteur, il résulte qu'il considère cette région comme particulière ment belle dans le sexe féminin, mais les différences existant entre l’homme et la femme ne sont pas assez nettement marquées dans ses ouvrages.

Dans un livre plus ancien, Froriep distingue un type masculin et un type féminin. Lauger, enfin, qui a décrit aussi les fossettes sacrées, dit : « Ce sont ces fossettes qui, comme celle des joues, indiquent, lorsqu'eiles sont appréciables, une bonne conformation du corps de la femme. »

Si nous résumons les connaissances anatomiques concernant la région sacrée, nous voyons que cette région n'est pas regardée, par la plupart des auteurs, comme bien importante ; que, par contre, afin de donner à l'art une base anatomique, certains écrivains se sont rencontrés, pour donner aux limites inférieures de la région une forme triangulaire; que Richer est, parmi eux, le seul qui, dans son texte et ses gravures, différencie la région sacrée chez l’homme (où elle est plus abrupte) de la région sacrée de la femme (où les saillies sont plus émoussées et où l’on voit deux fossettes au niveau des épines iliaques postéro-supérieures); il attribue, en outre, cette différence à ce que la crête iliaque visible chez

dés NO …

l’homme au-dessus de l'épine iliaque, est recouverte, çhez la femme, par une couche graisseuse, allant des lombes au bassin.

Ce caractère particulier est indéniable du sacrum féminin, reconnu par les meilleurs observateurs (Brücke choisit, en effet, ses modèles chez la femme. Lauger considère la région sacrée comme un critérium de la beauté des formes). Lauger dit, en effet : « Au point de vue médical, les fossettes sacrées pourraient être données comme caractère d’une bonne conformation et d’une inclinaison normale du bassin ». Ces paroles renferment un jugement prématuré sur la signification pratique de la région sacrée, signification qu'elle a eue, parfois, en obstétrique.

Losange de Michaëlis au point de vue esthélique. — Avant de nous occuper du côté obstétrical de la question, examinons un peu le rôle de la région sacrée dans l'art. Les artistes ne paraissent pas tous l'avoir représentée en suivant fidèlement la nature...

Aucun artiste, ancien ou moderne, n'a figuré le losange dans le corps de l’homme, d’où on peut conclure que la région sacrée n’a pas la forme d'un losange chez l'homme bien conformé. Il en va autrement pour la femme.

Nous devons ici séparer, dans l'intérêt d’un jugement objectif, les œuvres antiques des œuvres venues après.

La plupart du temps, les anciens disposaient leurs statues de telle façon qu'on ne les voyait pas de dos. Ainsi s'explique la remarque de Brücke, rapportée par

Eingang, que, dans la Vénus du Capitole, par exemple,

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la partie dorsale n’est pas détaillée avee la même finesse que la moitié antérieure du corps : la même remarque peut s'appliquer à la Vénus de Milo, qui est au Louvre, à Paris.

Sur les autres statues aussi, où le dos n'a pas élé l'objet de soins spéciaux de la part du sculpteur, le

losange de Michaëlis est si clairement figuré, qu'on ne

FIG. h. — LA VÉNUS DE CALLIPYGE VUE DE DOS

peut mettre en doute, qu'il n'appartienne à l'idéal que se faisaient les Grecs de la beauté féminine. Enfin. le losange est particulièrement visible sur la Vénus Callipyge qui se trouve dans un musée de Naples. lei, c'est le bassin dont on doit remarquer la belle con-

formation, conformation qui répond à nos données ; ce

Mt bassin, représenté avec un soin remarquable présente un losange dont la forme se rapproche de celle d’un

carré. Il serait facile de citer toute une série d'exemples

J f t x \ FIG, Di FIG, 6.

Une des Trois Grâces de Raphaël Relief en argent de À. Dürer.

frappants ; je me contente d'attirer l'attention sur l'un d'eux, pour lequel la représentation de la partie inférieure

du dos exigeail une exactitude et un soin tout particuliers.

sb RL + w

Je veux parler de | « Hermaphrodite » du musée Borghèse, à Rome, représenté couché. Le corps est féminin dans tous ses détails, et le losange y apparaît très bien marqué, un peu raccourci par suite de la perspective, mais en réalité formant un carré régulier. Ces exemples qui pourraient être mullipliés à volonté, montrent bien que les anciens Grecs avaient, par la simple observation de la nature, sans données anatomiques précises, reconnu le losange, comme une caractéristique du sexe féminin.

On admet que tous les artistes, venus plus tard, empruntant à l’observation de la nature et à l'art, ayant en outre des connaissances anatomiques plus étendues, n'ont pas été inférieurs à leurs devanciers dans la fidélité de la reproduction des formes. Qu'on parcoure les nombreuses études de Léonardo, de Michel-Ange, de Raffaël, de Durer, partout, on trouve, chez l'homme, le triangle sacré, le losange ou les fossettes limitantes, chez la femme. On peut faire la même remarque pour Véronèse, Rubens, Van Dyck, le Titien, etc.

Figure 5, on voit une des trois grâces de Raphaël ; figure 6, le relief en argent, bien connu, de A. Dürer.

Tous ces exemples prouvent suffisamment que le losange de Michaëlis a joué un rôle, dans l'art, et a été représenté, d'une façon constante, par les artistes.

(Une visite que nous avons faite au musée des moulages de la Faculté des Lettres nous a pleinement convaincu de

la véracité des assertions de Stratz. C’est ainsi qu'il nous

a été donné de voir la reproduction en plâtre de la Femme

se coiffant après le bain ou Vénus de l'Esquilin, la Vénus de Cnide d'après le marbre de Praxilèle, la Vénus de Médicis, etc.;

sur toutes ces statues, on retrouve le losange de Michaëlis

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