‹ Du Losange de Michaëlis: Étude cliniqueChapitre 11 sur 31 · ONE · texte numérisé non relu

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très nettement accusé et seulement déformé par suite de l'allitude donnée par le sculpteur à son sujet. De même dans les œuvres figurant des hommes (Guerrier comballant, musée du Louvre, Paris), ce n'est plus un losange que l'on remarque, mais une sorte de V à pointe tournée en bas el correspondant au sommet du pli fessier).

On pourrait, ici, aussi songer à une science qui s occupe des caractères extérieurs de l'homme, l'anthropologie. Bartels (ouvrage d'anthropologie sur la « Femme ») cite les fossetles sacrées comme très importantes pour les mensurations du bassin de la femme vivante.

En gynécologie, nous devons à Michaëlis une description très exacte du creux losangique qui porte son nom. Il donnait comme point de repère postérieur des diamètres extérieurs l'apophyse épineuse de la 5° lombaire, landis que Baudelocque utilisait la fossette située au dessous.

Michaëlis, après avoir mesuré un grand nombre de distances entre les épines iliaques postéro-supérieures, donne 9° 8"/" comme moyenne, dans un bassin normal, etenviron 5 centimètres, comme distance verticale, entre l'apophyse épineuse de la 5° lombaire et le milieu de la

ligne de jonction des deux épines.

Région sacrée au point de vue obstélrical. — Il résulte de ces incursions sur les différents terrains scientifiques et artistiques que l'étude du losange de Michaëlis n’a été appliquée à la gynécologie qu'autant qu'il s'agissait de reproduire ou de décrire les formes extérieures ; que ses fosselles n’ont servi jusqu'ici que de point de repère.

Mais une deuxième conclusion s'impose, concernant

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l'application pratique de cette configuration, demandant d'autres recherches et une description plus complète.

— Comme je ne possède pas un grand matériel clinique, dit Stratz, je ne suis pas en état de baser mes conclusions sur un grand nombre d'observations. Je ferai seulement quelques remarques, espérant que d'autres

prendront la peine de les confirmer —

— Si on veut étudier le losange surle vivant. il convient de placer les individus de telle façon que la lumière les éclaire latéralement: en plein jour, les contours sont moins nets. De plus, le buste doit être dans la rectitude ; plus le haut du corps est courbé en avant, plus la limite supérieure du losange s'efface et plus lapophyse épineuse de la cinquième lombaire s'éloigne du sacrum.

La forme idéale du losange de Michaëlis se trouve sur la figure 2.

Voici qu'elles étaient les dimensions du corps:

LOUE SE ANT Rd RER AE LE EE) RAP ÉPT “CE Distance des épines il., antér., et sup. 26 c. Distances des crètes iliaques........ O1 — TOGO 0 ne 2 are.

Dianietre/dé-Baudelocque..2r. 2.7.1 SET Distance des épines il., post" et sup" OL

On voit que les dimensions du bassin sont normales et le losange a la forme du quadrilatère tout à fait régulier, que donne le dessin.

Si cette forme représente l'idéal, il y a bien des cas cependant où la région sacrée affecte, en bas ou en haut,

une forme plus ou moins losangique et où, cependant,

les mesures du bassin ont prouvé que Fexcavation pelvienne était, au point de vue obstétrical, bien conformée.

Stratz arrive aux conclusions qui suivent:

La longueur et l'étendue de la cavité pelvienne dépendent en première ligne de la largeur et de la forme du sacrum, qui constitue la plus grande partie de la paroi postérieure du petit bassin.

Plus le sacrum est grand, plus les os coxaux sont éloignés et plus la cavité pelvienne est agrandie. Plus le sacrum est large, plus son diamètre transversal doit être grand, c’est-à-dire plus doit être grande la distance des épines posléro-supérieures.

La grandeur de ce diamètre comporte aussi des conclusions sur la position du sacrum entre les os iliaques ; plus le sacrum s'enfonce dans la cavité pelvienne, plus les os coxaux se rapprochent derrière lui. La distance des épines postéro-supérieures s’amoindrit d'autant.

Le diamètre vertical du losange de Michaëlis dépend essentiellement de la position du sacrum sur l'horizon. Plus le sacrum s'avance vers le promontoire, plus son extrémité inférieure s'élève et plus l'apophyse épineuse de la cinquième lombaire descend bas.

Donc, plus l’axe vertical du losange est long, moins le promontoire et proéminent.

Un diamètre transversal normal et un axe vertical raccourci permettent de conclure à un bassin plat avec promontoire, plus ou moins proéminent. À un examen plus attentif, on voit que la limite supérieure du losange se trouve plus profonde et que la ligne d'union des épines postéro-supérieures est plus sensible.

Schræder a dit que le rachitisme altérait la forme du

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losange. L'enfoncement du sacrum fait que les épines postéro-supérieures s'avancent l’une vers l’autre, alors l'angle inférieur du losange s'accentue, tandis que, à cause des transformations scoliotiques de la colonne vertébrale, l'angle supérieur s'enfonce profondément jusqu’à ce qu’en définitive le losange devienne triangulaire ; l'apophyse épineuse de la cinquième lombaire marque alors la base du triangle.

De plus, dans les bassins viciés par spondylolisthésis, le sacrum en entier sera repoussé en arrière, pendant que l'apophyse épineuse de la cinquième lombaire descendra plus bas.

Comme le fait remarquer Schrœder, l'apophyse épineuse de la cinquième lombaire n’est pas visible dans tous les cas et de sa grosseur variable dépend la plus ou moins grande facilité à trouver le point de repère supérieur. Cependant, on peut toujours y arriver par la palpation.

— « Je ne puis dire ici à cause de mon petit nombre d'observations, quelle est la valeur absolue pour le diagnostic, que donnent l'inspection, la palpation, et la mensuration du losange de Michaëlis. Je désirerais pourtant que cette étude donnät lieu à des recherches plus précises ».

Comme appendice à son étude, Stratz ajoute : « En achevant ce travail, j'apprends la publication de la brochure de Müllerheim sur ‘‘* L'examen externe des parturientes ».

Müllerheim dit seulement, en parlant de losange « On doit s'occuper de sa configuration », sans ajouter autre

chose.

Cependant, dans les tableaux qu'il publie, je trouve en dépitde fautes d'exécution, un solide appui pour ma thèse.

Dans le bassin normal, le losange de Michaëlis est représenté par Müllerheïm, comme un carré régulier ; dans le bassin infantile, il se montre sous la forme d'un losange allongé.

Dans le bassin rachitique, c'est un triangle à angle aigü, situé en bas, enfin sur des bassins ostéomalaciques et rétrécis par spondylolisthésis, le losange apparaît comme un triangle à base large, à sommet inférieur ; sur un bassin infantile avec cyphose dorsale, il se montre sous une forme rhomboïdale, avec son sommet très allongé vers le haut.

Si Müllerheim a, comme il le dit, pris des photographies sur le vivant, je crois pouvoir affirmer qu'une observation attentive de la configuration du losange offre une base solide au diagnostic ferme des différents

élats pathologiques. »

C'est en vain, que nous avons parcouru un grand nombre de traités d'accouchements, parus en France ; dans les revues spéciales, nos recherches ont aussi été infructueuses. Nulle part, nous n'avons trouvé d'étude consacrée au losange de Michaëlis.

IT faut cependant faire une exception pour le Traité d'accouchements de Tarnier et Budin. Nous y trouvons en effet, le passage suivant se rapportant à la question qui nous intéresse.

« Le bassin rachitique offre une inclinaison variable : il est tantôt normalement dirigé par rapport à l'horizon,

tantôt antéversé ou retroversé.

Quand il y a antéversion, on observe, au dessus de la base du sacrum, une dépression des téguments en forme de fossette ; en même temps, l'ensellure lombaire se montre très accusée, et la direction générale du sacrum se rapproche de l'horizontale, quand la femme est debout. L'écartement des fesses, à leur partie inférieure, dù à l'évasement en sens transversal du détroit inférieur, met à découvert la région anale et laisse parfois apercevoir la commissure postérieure de la vulve.

Au contraire, lorsqu'il ÿ a rétroversion du bassin, le segment lombaire du rachis et la base du sacrum occupent l'un et l'autre, une direction à peu près verticale : la colonne vertébrale tombe à pie sur la paroi postérieure du bassin et la cambrure lombaire fait défaut.

Le thorax semble ainsi rapproché du bassin ; en pareil cas, la taille est courte et large.

Il est important de déterminer, à travers les parties molles, les rapports que la base du sacrum affecte, en arrière, d'une part avec les tubérosités iliaques, d'autre part avec la partie terminale de la colonne lombaire. Chez les femmes maigres, on arrive assez aisément à sentir, sous la peau, le relief des épines iliaques postérieures et supérieures. La saillie de ces points osseux se montre d'autant plus accusée que la base du sacrum se trouve plus repoussée en avant, chez les rachitiques par exemple. Entre ces épines et la base du sacrum, les téguments sont parfois creusés de deux fossettes ; quand le bassin est bien conformé, l'apophyse épineuse de la cinquième vertèbre lombaire répond par son sommet à une troisième fossette sus-sacrée et qui occupe un niveau situé à 4 ou 5 centimètres au dessus d’une ligne reliant

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les deux fossettes latérales. Cette distance reste sensiblement la même quand le bassin vicié par le rachitisme possède un promontoire élevé ; mais quand le promontoire est bas, comme c’est le cas le plus fréquent, l'apophyse de la cinquième lombaire se trouve abaissée au niveau de la ligne menée d’une épine iliaque postérosupérieure à l’autre et parfois même descend jusqu'a tomber au-dessous de cette ligne.

Les trois lignes reliant entre eux les repères osseux que nous venons d'indiquer figurent par leur intersection un triangle dont la disposition permet de préjuger, presqu'à coup sûr, si le bassin est symétrique ou asymétrique. Quand ce triangle est de forme isocèle ou équilatérale, le bassin est symétrique ; s'il y a asymétrie pelvienne les deux bords latéraux du triangle sont inégaux et celui-ci prend alors la figure d’un scalène.

Si on ne sent pas la cinquième lombaire, on prend l'apophyse épineuse de la quatrième ou troisième sacrée comme point médian.

D'autre part, la ligne qui joint les deux épines iliaques postéro-supérieures, constitue la base d'un triangle opposé dont le sommet correspond à l'intersection des

deux fesses.

Les deux triangles réunis forment le losange de

Michaëlis ».

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