‹ Du louage de services ou contrat de travail: étude sur les rapportsChapitre 2 sur 171 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

surtout dans le fond, c'est par les tendances et les doctrines essentielles que l'opposition se manifeste entre les auteurs des deux mémoires retenus par la Faculté.

» M. Hubert- Valleroux est un libéral décidé. Il n'admet qu'à titre exceptionnel l'ingérence de l'Etat dans les rapports du patron et de l'ouvrier. L'ouvrier adulte est pour lui un majeur qui peut et qui doit rester chargé de la défense de ses intérêts dans ses rapports avec le patron. Ce n'est pas un mineur que l'Etat doive tenir en tutelle et entourer d'une protection qui n'est qu'une des formes de l'asservissement économique. Ce n'est pas seulement au nom de sa dignité, c'est aussi au nom de son intérêt, de son intérêt purement économique qu'il faut garantir à l'ouvrier adulte un régime de liberté, qu'il faut le mettre à l'abri des tyrannies socialistes d'où qu'elles viennent, de l'Etat, de la commune, des syndicats ou d'ailleurs. Que la loi soit égale pour tous, qu'elle n'accorde à personne ni faveurs ni privilèges d'aucune sorte et la liberté conduira l'ouvrier à l'amélioration graduelle de sa condition sociale.

» Pour M. Georges Cornil, l'égalité de droit peut exister, à la rigueur, entre l'ouvrier adulte et le patron. Mais il ne peut pas y avoir égalité de fait. Pressé par le besoin de vivre, l'ouvrier est dans une condition forcément inférieure vis-à-vis du patron avec lequel il traite. Et l'égalité de fait n'existant pas entre les deux parties, il ne saurait être question de liberté pour la partie la pluis faible. Cette prétendue liberté n'est qu'une apparence et

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