‹ Du louage de services ou contrat de travail: étude sur les rapportsChapitre 67 sur 171 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le louage de services n'exige pour sa validité aucune forme spéciale : il est parfait par le seul consentement des parties contractantes, qui en débattent librement les conditions dans les limites fixées par la loi.

Pour faciliter la mise en présence des parties contractantes et pour leur permettre de ne s'engager qu'en pleine connaissance de cause, diverses institutions ont été créées, notamment les bourses du travail et les offices du travail.

Jusque dans ces derniers temps l'ouvrier cherchant du travail était réduit à s'adresser à des bureaux de placement et à payer à ces intermédiaires qui le mettaient en rapport avec un employeur d*importantes commissions. C'est pour parer àcetinconvénientetaussipour renseigner les ouvriers sur les prix du travail, que Ton a imaginé de créer, pour le travail, uue bourse, comme il en existe une pour les marchandises et valeurs, c'est-à-dire un marché sur lequel l'offre et la demande sont mises en présence ^

1. Consultez notamment : De Molinari, Les Bourses du travail, Paris, 1893 / — Office du travail. Le placement des employés» ouvriers et domestiques en France, avec un appendice relatif au placement dans les pays étrangers, Paris, 1893; — Beaumont (H. de). Le placement des ouvriers, employés et domestiques en France et à l'étranger, dans le journal des économistes, 5« série» tome XIV, p. 66. — Lescarret (J . B), Les syndicats professionnels et la bourse du travail à Bordeaux, dans les séances et travaux de TÂcadémie des sciences morales et politiques, CXXXIV (1890), p. 463.

L'idée d'ouvrir une bourse du travail fut émise pour la première fois en 1843 par M. de Molinari, et ce n*estque le 28 avril 1887 que commença à fonctionner à Paris, sous les auspices du Conseil municipal, la première bourse du travail. Depuis lors^ des institutions analogues ont été créées dans d*autres villes, telles que Nîmes, Lyon» Marseille, Saint-Etienne, etc ^ En Belgique et en Suisse il existe également des bourses du travail dans plusieurs villes.

L'institution des bourses du travail est trop récente pour être déjàparfaite.M.de Molinari partage les bourses du travail en deux catégories, qu'il appelle les bourses socialistes et les bourses philanthropiques^ et qui présentent toutes deux de graves inconvénients.

Les bourses socialistes, — telle la bourse de Paris, subventionnée par l'Etat et gérée par des syndicats ouvriers — ne possèdent point l'indépendance nécessaire pour inspirer une confiance égale aux patrons et aux ouvriers. Chacun sait d'ailleurs dans quelles circonstances la Bourse du travail de Paris dut être fermée dans le courant de Tannée 1893 «.

D'autre part, les bourses philanthropiques, telles que celles de Bruxelles et de Liège, <( ne peuvent avoir qu'une utilité locale et restreinte, car la charité ne dispose, en vertu de sa nature même, que de ressources limitées et presque toiyours précaires ^. »

Les inconvénients multiples et notoires des agences commerciales de placement régies par le décret du 25 mars 1852, ont fait éclore différentes propositions de loi sur le placement des employés et des ouvriers *.

Un projet de loi présenté le 9 avril 1892 au nom de la

1. Voir le tableau général da mouvement des bourses du trayail depuis leur origine, dans le Bulletin de Toffice du travail, 1894, p. 510.

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