‹ Du Lupus LingualChapitre 16 sur 18 · LS · texte numérisé non relu

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nodule primitif par sa périphérie, la dissociant en quelque sorte en lamelles concentriques, en laissant au centre de quelques-uns une ou parfois deux cellules géantes. De grands tractus de tissu fibreux affectant une disposition aréolaire renfermaient dans leurs alvéoles des amas de substance granulo-graisseuse ou colloïde, au milieu desquels se trouvaient les nodules sclérosés.

Une disposition particulière, rencontrée par Darier et retrouvée par M. le professeur Dubreuilh, est encore à signaler. C’est l'allongement considérable des papilles et l'hypertrophie extrémement marquée de l'épiderme, surtout des bourgeons interpapillaires. Il n’a pas rencontré de dégénérescence scléreuse aussi avancée que celle dont parle Leloir.

Avec un luxe de détails que nous ne reproduisons pas ici, renvoyant le lecteur à l'observation même publiée plus haut, il décrit encore comme caractère absolument particulier au cas qu’il a observé, caractère qui n’a jamais été signalé dans le lupus de la peau ou des muqueuses, la présence dans le chorion et le corps papillaire de boules réfringentes de matière hyaline. Pour lui, ces boules seraient des cellules en voie de dégénérescence hyaline et seraient analogues à celles qui se rencontrent dans le rhinosclérome.

Comme dans le lupus vulgaire le bacille de la tuberculose existe certainement dans le nodule lingual, mais sa recherche est très pénible et rarement couronnée de succès. Leloir, après avoir coloré par lé procédé d'Erlich, une série de coupes provenant de deux tubercules de la face dorsale de la langue, a trouvé le baclle 1 fois sur 40 coupes du premier nodule, ? fois sur 30 coupes du second nodule. Michelson, après de patientes recherches, l'a trouvé dans les pièces provenant de ses deux malade. Darier a été moins heureux

et n'a jamais rencontré le bacille. Dans 9 coupes provenant d'un nodule excisé à la malade qui fait l’objet de notre Observation II, M. le professeur Dubreuilh n’a pu déceler sa présence.

Quant aux inoculations, que seul Leloir à pratiquées, elles ont été positives, mais leur valeur est très discutable, car l'on peut toujours faire aux expériences d’inoculations de fragments de langue les objections qui ont été posées à M. le

professeur Dieulafoy. après ses inoculations d’amygedale.

Diagnostic différentiel.

Etant donnée la description précédente du lupus lingual, le diagnostic différentiel ne devra porter que sur

1° L’ulcération tuberculeuse.

20 Les lésions syphilitiques.

3° L'épithélioma de la langue.

4° Les lésions lépreuses.

L'ulcération tuberculeuse présente un fond inégal granuleux, recouvert de mucus et de pus desséché. Ses bords sont irréguliers, taillés à pic, plus rouges que le reste de la langue qui bien souvent est gonflée, œdémateuse. Tout autour se trouvent les points jaunes caractéristiques de cette affection. Douleur très vive. Salivation abondante et presque toujours, pour ne pas dire toujours, phtisie pulmonaire. La confusion ne sera possibie que si le lupus est ulcéré {ce qui est déjà une rareté), mais à côté de l’ulcération existent toujours des nodules lupiques en voie d'évolution. En dehors de l'aspect même de la lésion, bien des symptômes militeront en faveur du lupus : la coexistence de lésions semblables sur les points avoisinants, la longue durée de l'affection, sa marche

uniformément progressive, l'état général relativement satisfaisant, l'absence des points jaunes et de l'inflammation environnante et surtout l'indolence complète, même au toucher.

Des lésions syphilitiques nous écarterons sans discussion l'accident primitif. Parmi les accidents secondaires, seules, les syphilides papulo-hypertrophiques du dos de la langue peuvent prêter à confusion. Elle donne parfois à la langue l'aspect mamelonné de la plaque lupique, mais la surface de ces lésions est plus molle, plus tomenteuse. Puis, les commémorata, l’adénopathie , l'instabilité des lésions, la coexistence d'autres accidents et, au besoin, la pierre de touche du traitement (employé par Leloir), suffiront complètement pour faire écarter ce diagnostic.

Nous ne parlons pas dans les accidents tertiaires, de la gomme qui, même ulcérée, n'a avec la plaque lupique aucune analogie. Quant à la glossite superficielle qui s'en rapproche le plus, elle est généralement assez diffuse et s'accompagne d’un aplanissement des papilles, plutôt que d’une production mamelonnée. La surface de la langue syphilitique est transformée en une nappe superficielle de tissu de cicatrice et ils y ajoute facilement des plaques leucoplasiques qui ne sont signalées dans aucune observation de lupus. Enfin, quand cette glossite s'accompagne d'ulcérations, elles sont généralement beaucoup plus douloureuses que celles consécutives au lupus.

L'épithélioma superficiel de la langue n'offre aucune ressemblance clinique avec le lupus lingual tel que nous le connaissons maintenant. Il forme une saillie unique, à la surface papillomateuse, plutôt que mamelonnée, parfois bourgeonnante et saignant facilement.

L'épithéliome est toujours assez douloureux et sensible

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