‹ Du magnétisme et des sciences occultes [electronic resource]Chapitre 12 sur 54 · DE LA SUGGESTION ET DE LÉLECTRO-BIOLOGIE · texte numérisé non relu

DE LA SUGGESTION ET DE LÉLECTRO-BIOLOGIE

expérience, qu'il s'agit de mettre son bras en tétanos. Quand vous ouvrez les bras et que vous les ramenez sur vous-même, il comprend que c'est l'attraction qui doit avoir lieu. Silo sujet étant attiré, vous étendez brusquement les bras vers lui, le geste de répulsion est visible, et le sujet s'éloigne-, et ainsi de suite.

La suggestion peut résulter de la manière dont on pose les questions. Quand on demande à un sujet s'il peut ouvrir les yeux, s'il peut soulever un fardeau, etc., le ton dont on l'interroge et le souvenir des expériences précédentes lui dictent sa réponse.

Les expériences où la suggestion est employée, n'ont de valeur qu'autant que les résultats sont dénature à ne pouvoir être simulés, ou que l'ensemble des circonstances prouve moralement qu'on peut croire à la sincérité du sujet. Et même alors les faits, bien que pouvant présenter beaucoup d'intérêt, n'étant obtenus qu'à l'aide d'impressions produites sur l'esprit du sujet, ne doivent être attribués qu'au pouvoir de l'imagination et ne peuvent être invoqués comme preuve de l'existence d'un agent pbysique particulier.

Plusieurs magnétistes ont imaginé des procédés qui ont eu une certaine vogue, qu'on a rattachés à diverses théories, et qui en définitive, comme on va voir, ne sont autre chose que l'art de tirer parti de la suggestion.

Le plus célèbre de ces systèmes a reçu le nom ^électrobiologie : l'inventeur est un certain William (de Washington) ; les principaux propagateurs ont été MM. Fiske, Doods, Gregory et Philips. Voici en quoi consiste ce procédé :

Dans l'origine on se servait d'un petit disque bi-convexe de zinc, ayant au centre un très petit cercle de cuivre brillant. Avant d'en expliquer l'usage, nous devons faire remarquer qu'on avait ainsi choisi ces deux métaux parce qu'on se figurait que l'électricité développée par leur contact jouait un rôle dans l'opération ; et c'est de là qu'est venu le mot d'éleclro-

biologie. Depuis on a reconnu que ce disque pouvait être remplacé par un objet quelconque, que l'électricité n'intervenait nullement, que par conséquent le nom donné au système était très impropre, ce qui n'a pas empêché de le conseuver provisoirement.

Quoi qu'il en soit, la personne sur laquelle il s'agit d'expérimenter, tient le disque (ou l'objet équivalent) dans sa main, à un ou deux pouces du nez, fixe attentivement ses regards sur l'objet, en évitant toute distraction : après dix ou quinze minutes de cette contemplation prolongée, l'opérateur en examinant la physionomie du sujet, cherche à savoir si son esprit est troublé. S'il le croit amené au point convenable, il s'applique à établir son empire sur lui. Pour commencer, il lui dit de fermer les yeux; lesujetayant obéi, l'opérateur lui passe rapidement les doigts du milieu du front à l'angle externe des yeux, en déprimant les paupières, comme pour les coller, puis il lui dit d'un ton assuré et quasi-impératif : Vous ne pouvez ouvrir les yeux. Si néanmoins les paupières se lèvent, c'est-à-dire si l'état d'impressionnabilité n'existe pas ou est incomplet, l'opérateur prend une main du sujet dans la sienne, et le regarde fixement dans les yeux pendant quelques instants; après quoi, il répète l'expérience d'abaissement des paupières. S'il échoue encore, il abandonne l'expérience pour le moment.

Quand l'opérateur a obtenu sur un sujet un premier succès, il varie progressivement les expériences dont le caractère commun est la docilité du sujet à subir toutes les volontés de l'opérateur. Celui-ci, en lui annonçant que tel membre est paralysé, met le sujet dans l'impossibilité de le mouvoir-, il lui fait éprouver toutes sortes de sensations, celles du chaud, du froid, de la douleur, etc.; allume chez lui toutes les passions, la joie, la colère, la frayeur, etc.; pervertit ses sens en lui faisant boire de l'eau pour du rhum, manger de la chandelle pour du sucre. En lui montrant un bâton, on lui dit que

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c'est un serpent, et le sujet, en proie à la terreur, jette des * cris perçants, décrit le hideux animal et fuit pour se dérober à sa poursuite. On lui dit qu'il est sur mer : aussitôt il se croit ballotté par le vaisseau, et ressent le mal de mer dont il présente tous les caractères jusqu'aux vomissements, à moins qu'on ne fasse cesser cet état. On lui fait voir toutes sortes de spectacles, et il en est aussi frappé que s'il en avait la réalité devant les yeux. On lui fait oublier son pays et jusqu'à son nom; on lui fait croire qu'il a changé de sexe, ou qu'il est tel personnage, et il en prend l'attitude et le langage. On lui dit qu'il est un animal, par exemple un chien, il le croit, se met à marcher à quatre pattes, à aboyer et à imiter les mouvements du chien.

Les personnes électro- biologiséesne conservent, en rentrant dans l'étatnormal, aucun souvenir de ce qu'elles ont éprouvé. Il y a quelques exceptions; elles comprennent ordinairement •les individus chez lesquels les modifications n'ont pas été considérables.

Les autres procédés tels que l' électro-psychologie, l'hypnotisme ^ etc., ne diffèrent pas au fond de ce que nous venons de décrire. Il n'y a là aucune invention. Depuis l'origine du magnétisme, on a toujours employé la suggestion. L'abbé Paria ne faisaitpas autre chosequand, après avoirfixé le sujet, il lui disait impérativementle mot : Dormez, qui, dans la plupart des cas, lui suffisait pour plonger les individus dans le sommeil magnétique. Le magnétisme offre chez ceux qui en subissent l'action, différents états dont l'un est connu sous le nom A' état de charme; quelquefois il précède le sommeil, d'autres fois il vient après un réveil incomplet. Le sujet éveillé et ayant les yeux ouverts, 'n'a pas la plénitude de ses facultés intellectuelles ; il accepte avec avidité les jugements, les décisions de son magnétiseur qui , en profitant adroitement de cet empire, peut imprimer à son esprit toutes sortes de directions et lui imposer toutes les perceptions.

Cet effet ne diffère pas de celui auquel conduit l'électrobiologie.

Pour en donner une idée à ceux qui n'ont pas été témoins descènes semblables, nous rappellerons avec quelle facilité on peut, en agissant sur des personnes très impressionnables, par voie de suggestion, sans l'emploi de magnétisme, ni d'électro-biologie, ni d'aucun geste ou appareil, produire des effets très marqués. Abordant une personne, vous lui demandez si elle n'est pas malade : elle vous répond négativement : « Ah! mon Dieu, lui dites-vous, comme vous avez mauvaise mine! Vous êtes bien pâle, vos yeux ont une couleur maladive, vous devez avoir un peu la fièvre... Voyons votre pouls... Oui, je ne m'étais pas trompé; vous avez la fièvre et même assez fort, vous tremblez. Oui, c'est bien cela, c'est la fièvre. Il faut aller vous coucher. » Et le pauvre diable non-seulement croit avoir la fièvre, mais l'a véritablement.

Chacun de nous a pu observer des scènes semblables et y reconnaître le pouvoir immense de l'imagination et la possibilité de s'en faire un moyen pour modifier certains sujets. On peutdire que toutle magnétisme est là ; seulement, enexerçanl au hasard et dans un but de plaisanterie, cette puissance sur un individu qui n'y a pas encore été soumis, on n'obtiendra le plus souvent que de faibles résultats. Si au contraire on choisit son sujet, qu'on l'habitue cà être dominé, qu'on lui fasse même aimer cette domination, si en outre on agit avec une volonté ferme et avec la supériorité que donne l'expérience, on parviendra à des résultats qui paraîtront prodigieux, mais qui n'auront pas d'autre cause que celle que nous avons indiquée. Pour les expliquer, il n'est pas besoin de recourir ni à l'électricité, ni à un fluide quelconque, ni à des agents physiques dont rien ne démontre l'existence, ni à une sorte de magie ou de vertu occulte. Si nous comprenons au nombre des éléments de succès la volonté de l'opérateur, ce n'est pas qu'elle ait une action directe et immédiate sur le

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