‹ Du magnétisme et des sciences occultes [electronic resource]Chapitre 28 sur 54 · DE L.V LUCIDITÉ. — CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

DE L.V LUCIDITÉ. — CONCLUSIONS

ration leurs réponses comme autant, d'oracles. Une des premières somnambules de Puységur, la demoiselle L. D..., prétendit découvrir la cause de son mal : c'étaient, des humeurs amassées dans le boyau ombilical (1). La demoiselle Samsoii, la première qui ait été traitée par le magnétisme à l'Hôlel-Dieu de Paris, sous la direction de MM. Husson et Du Potet, voyait son estomac rempli de petits boutons, les uns blancs, les autres rouges ; à côté de son cœur, il y avait une poche pleine de sang et un fil très petit qui faisait battre son cœur. Bertrand rapporte (2) qu'un des somnambules de Puységur annonçait qu'un dépôt qu'il avait dans la main, serait rendu par l'oreille à une époque qu'il désignait, et qu'il y parviendrait par un canal qu'il assurait exister du petit doigt à l'oreille. Virey, dans son article Magnétisme du Dictionnaire des sciences médicales, cite Tardy de Montravel qui raconte qu'une de ses somnambules se vit dans le corps un ver armé d'une large gueule, avec des dents dévorantes, de gros yeux et des os de serpent, et se prescrivit, pour l'expulser, trois foies de renard rôtis. Le chef-d'œuvre du genre est peut-être la déclaration d'une somnambule de M. Cahagnet, qui voyait dans ses intestins un ver solitaire, muni d'yeux très perçants et d'un capuchon au moyen duquel il s'enveloppait la tête chaque fois qu'on administrait à la malade une potion vermifuge, de sorte que ce redoutable et rusé parasite se soustrayait ainsi à l'action des substances destinées à l'expulser.

Sans doute il se trouve des somnambules qui, en décrivant leur propre état, évitent ces balourdises et donnent sur euxmêmes des diagnostics ayant au moins de la vraisemblance. Mais leurs déclarations peuvent leur être suggérées par les entretiens qu'ils ont eus avec des médecins ou autres personnes éclairées. On n'est pas pour cela autorisé à affirmer

(1) Puységur, Recherches sur V 'homme dans l'étal de somnambulisme. 1811 1 vol. in-8, p. 176. '

(2) Bertrand, Traité du somnambulisme. 1823, 1 vol. in-8, p. 69.

que le somnambule a réelleinGnt vu l'inférieur de sou corps. Pour que celte faculté fût bien constatée, il faudrait, une série de circonstances qui eussent permis une vérification régulière, par exemple si le somnambule décrivait d'une manière circonstanciée des lésions peu ordinaires, échappant à la pénétration des médecins, et si, la mort survenant, l'autopsie venait confirmer ses déclarations. Mais jusqu'ici on ne trouve rien de semblable dans les annales du somnambulisme, et la faculté dont il s'agit, bien qu'elle soit généralement admise parmi les magnétiseurs, doit être regardée comme au moins douteuse.

Quant à l'instinct des remèdes, il est beaucoup mieux établi. Voici comment s'exprime à ce sujet un grand médecin qu'on n'accusera pas de crédulité excessive : « J'ai vu, dit Cabanis, des malades dont le goût avait acquis une finesse particulière, qui désiraient et savaient eboisir les aliments et même les remèdes qui paraissaient leur être véritablement utiles, avec une sagacité qu'on n'observe pour l'ordinaire que dans les animaux.... On en voit qui sont en état d'apercevoir, dans le temps de leurs paroxysmes, ou certaines crises qui se préparent et dont la terminaison prouve bientôt après la justesse de leurs sensations, ou d'autres modifications attestées par celles du pouls, ou des signes plus certains encore. » {Rapports du physique et du moral, 7e mémoire,

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