‹ Du magnétisme et des sciences occultes [electronic resource]Chapitre 30 sur 54 · DK LA LUCIDITÉ. — CONCLUSIONS. %'W · texte numérisé non relu

DK LA LUCIDITÉ. — CONCLUSIONS. %'W

des malades avec lesquels on les mettait en rapport. L'impression qu'ils en reçoivent, n'est ordinairement que momentanée, et il est très rare qu'ils conservent à leur réveil les symptômes qui leur sont communiqués pendant le sommeil. Il peut pourtant se rencontrer quelques exceptions à cet égard, et il suffirait, par exemple, que le somnambule se persuadât, d'après ce qu'il éprouve, qu'il a réellement gagné la maladie, pour qu'il la conservât assez longtemps. C'est, à ce qu'il paraît, ce qui arrivait chez quelques convulsionnaires de Saint-Médard, qui pensaient que Dieu les acceptait pour victimes et permettait qu'ils prissent les maladies de ceux qui venaient les consulter (1). » — « Il arrive souvent aux convulsionnaires , dit Carré de Montgeron, de prendre les maladies, sans savoir si les personnes sont malades, ni la nature de leurs maux, Ils en sont instruits par le sentiment de douleur qu'ils éprouvent dans les mêmes parties. » — Marie Bucaille, accusée de sorcellerie en 1699, rappelle, dans sa défense, qu'elle a pris sur elle le mal d'Anne Séville, et réfute le juge de première instance qui avait reconnu le fait et prétendu, contrairement aux traditions démonologiques, que c'était la méthode des sorciers de guérir les gens en prenant les maux sur eux-mêmes.

M. le général Noizet, dans son ouvrage sur le magnétisme (note 5), raconte d'une manière détaillée beaucoup d'exemples de lucidité de la part de somnambules qui ont très bien décrit les maladies des consultants et ont prescrit des remèdes qui ont amené la guérison ou un soulagement notable. J'ai défendu devant le tiibunal de police correctionnelle de Nogent-le-Rolrou une somnambule accusée d'exercice illégal de la médecine ; une foule de témoins cités, tant à la requête du ministère public qu'à celle de la prévenue, sont venus s'expliquer à l'audience, tous ont déclaré qu'ils avaient été plus ou moins longtemps malades, que les secours des méde-

(l) Du magnétisme animal en France. 1826, in-8, p. 428.

cins et des pharmaciens avaient été inefficaces, qu'ils s'étaient adressés à la somnambule qui avait exactement décrit leurs maux et les avait promptement guéris ou soulagés. Une telle unanimité de témoignages ne peut être attribuée aux préventions ou à la complaisance; il faut bien admettre que la plupart de ces témoins avaient réellement éprouvé des effets salutaires de l'administration des remèdes prescrits par la somnambule. Bien d'autres procès ont offert des résultats semblables.

Dans l'origine, les somnambules ne donnaient de consultations aux malades qu'après s'être mis en rapport avec eux au moyen du contact : mais depuis longtemps il est d'usage de prendre des consultations sur des absents en présentant seulement au somnambule une mèche de cheveux de la personne, ou un linge porté par elle ou tout autre objet qui lui ait appartenu. Il est reconnu, même parmi les partisans les plus chauds du somnambulisme, que ce dernier mode est inférieur, qu'il augmente la difficulté des recherches, et qu'il donne moins de chances à la lucidité. Cependant il est fréquemment suivi, et souvent avec un grand succès.

Certes, i! y a là de quoi confondre la raison, et l'on comprend que l'orgueil des savants se révolte à la pensée qu'une personne ignorante puisse, au seul contact d'une mèche de cheveux , décrire exactement l'état d'une personne éloignée et inconnue, lui prescrire des remèdes efficaces et la guérir, quand des médecins instruits et expérimentés ont en vain employé toutes les ressources de la science. Ce sont de ces choses qu'on a peine à croire, même quand on en a été témoin. Et pourtant, en présence des faits, il n'en sera plus permis d'alléguer l'impossibilité ou l'absurdité. Le seul parti à prendre pour ceux qui n'ont pu se convaincre par euxmêmes, c'est de chercher sincèrement, de multiplier les observations, d'enregistrer avec soin les faits établis et de s'incliner devant la vérité, si étrange qu'elle paraisse, et quel-

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