‹ Du magnétisme et des sciences occultes [electronic resource]Chapitre 50 sur 54 · ÉPILOGUE. o · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. o

donnée à ces refus couvrirait de honte les charlatans fanfarons, et les réduirait au silence.

Les personnes qui, au contraire, seraient en étal de présenter des faits réels, sauraient qu'elles n'ont rien à craindre d'examinateurs justes et bienveillants, et s'empresseraient de se mettre à leur disposition, certaines, qu'en cas de succès, la publicité leur vaudra des éloges unanimes et assurera le triomphe de la cause qu'elles servent. Il serait même à désirer que la commission pût disposer de quelques récompenses pour gratifier ceux qui auront réalisé les faits réputés les plus difficiles, comme la vue à travers les corps opaques. Nous ne doutons pas que M. Mabru, qui vient d'offrir un prix de 3 000 francs à celui qui exécutera ce tour de force, ne donne une preuve de la loyauté de sa proposition en mettant cette somme à la disposition de la commission.

La France seule fournirait un vaste sujet d'investigations dont les résultats auraient une haute importance. Mais la commission aurait à. étendre plus loin ses recherches. Si, comme nous l'espérons, le monde savant applaudit à ses travaux et en reconnaît l'utilité; elle devra, soit par ellemême, soit par des sous-commissions déléguées, poursuivre dans toutes les contrées le merveilleux, à quelque secte qu'il appartienne ; elle le soumettra à sa critique et portera partout le flambeau de l'esprit d'observation.

Quels seront les résultats de cet examen laborieux?... La vérité sera consacrée par le baptême de la science, sa lumière brillera à tous les yeux ; les phénomènes qui auront résisté aux épreuves, seront reconnus pour réels et ne pourront plus être mis en doute. L'erreur au contraire sera confondue, le charlatanisme démasqué, les prestiges s'évanouiront en fumée. Que d'illusions alors se dissiperont, que de superstitions s'écrouleront !

Sans doute , les conclusions de la commission ne seront pas des arrêts et n'obligeront personne. Mais il y a tout lieu

de croire qu'elles seront acceptées par le public comme l'expression d'un examen consciencieux et éclairé, et qu'elles feront autorité : on saura que la commission n'a négligé aucun moyen de s'instruire, qu'elle a procédé aux expériences avec impartialité et discernement, qu'elle est toujours prête à accueillir ceux qui ont des faits curieux à présenter. De quel crédit pourront encore jouir ceux qui auront échoué devant la commission? Si, dans des épreuves multipliées et faites avec toutes les garanties désirables, ils n'ont pu produire les prodiges dont ils s'étaient vantés, ne sera-t-il pas évident qu'ils s'étaient abusés ou qu'ils voulaient abuser les autres? Et chaque fois qu'un thaumaturge se donnera comme opérant des merveilles et refusera l'examen, ce refus ne serat-il pas regardé par tous les gens sensés comme un aveu d'impuissance ?

La commission qui aura contribué ainsi à éclairer les populations, aura rendu un immense service à l'humanité. Combien il est à regretter que l'on n'ait pas procédé ainsi à toutes les époques où des merveilles ont ébloui le vulgaire! Combien de prétendus miracles auraient été couverts de risée et de mépris ; de combien de sottises on aurait arrêté dès le début la propagation; de combien de doctrines pernicieuses on aurait préservé la postérité !

C'est là en définitive le but de cet ouvrage, et si je puis, en élevant la voix, déterminer quelques hommes de bien à aborder la tâche que j'ai indiquée, je croirai avoir fait acte de bon citoyen, et je m'estimerai heureux d'avoir pu, par mes travaux, servir la cause de la vérité.

Ayant pris une position intermédiaire, je dois m'attendre à des attaques des deux partis contraires. Les uns me reprocheront d'avoir admis le magnétisme et la lucidité somnam-bulique ; d'autres trouveront que j'en ai trop peu admis et m'accuseront d'hostilité à l'égard de certaines merveilles dont la réalité ne m'est pas démontrée, malgré

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