OBSERVATION Î
(Due à l'obligeance de M. le D' Bonnamour).
Mme B..., âgée de soixante-seize ans.
Pas de maladies antérieures.
A eu 9 enfants, dont 2 vivants. Les autres sont morts en bas âge. 1 ou 2 fausses couches.
Mariée. Son mari, qui avait toujours joui d'une bonne santé, est mort à cinquante-sept ans de broncho-pneumonie.
Le début de l’affection dont elle souffre remonte à deux ans. Il a été marqué par une douleur dans le dos, qui fut soignée comme un lumbago, mais la douleur n'a fait qu'’augmenter dans la suite.
Ce n'est que depuis queiques mois qu'est apparue une gibbosité de la région dorsale.
Frictions, salicylate. La malade souffrait toujours beaucoup, marchait inclinée sur le côté, tordue.
Elle ressentait, en même temps, de vives douleurs dans les jambes.
Rien dans les urines ni dans les selles.
La gibbosité siège au niveau de la 12° vertèbre dorsale.
Séjour au lit depuis trois mois. Au bout de ce temps, les douleurs ont presque complètement disparu.
Elle énrouve encore quelques douleurs dans le dos, mais ne souffre plus des jambes et la gibbosité a diminué.
Au bout de six mois, grande amélioration.
La gibbosité est beaucoup moins nette. La malade ne souffre presque plus. La marche, encore un peu lente, est presque normale. Les réflexes sont simplement légèrement exagérés.
OBservATION II
(Recueillie dans le service de M. le professeur Forgue).
(Th. Morucci, Montpellier, 1902-1903)
Femme de cinquante-quatre ans, entrée à l'hôpital suburbain de Montpellier le 25 janvier 1903.
Aucun antécédent, pas de trace de scrofule dans l'enfance, pas de pleurésie antérieure.
5 enfants, dont > morts en bas âge, Le troisième mort au régiment de maladie indéterminée, les 2 derniers bien portants.
La malade, dont les renseignements sont très vagues, ne précise pas l’époque à laquelle elle a commencé à souffrir. Néanmoins, elle raconte que, depuis quelques mois, les mouvements de flexion de la colonne vertébrale étaient douloureux et quil lui était impossible de se courber pour ramasser un objet.
Le professeur Forgue, qui l'examine le 25 février, constate dans la région dorsale un volumineux abcès fluctuant s'étendant, en hauteur, de la fosse sus-épineuse droite à la X° côte. Il ne dépasse pas la crête des apophyses épineuses en dedans et est limité par la ligne axillaire droite en dehors.
L'omoplate est fortement déjetée à droite par la pression du liquide. Il existe, en même temps, une gibbosité à grande courbure, qui indique une eyphose de la colonne vertébrale entre la 7° cervicale et les 5° ou 6° dorsales.
L'exploration des parties sous-jacentes à la tumeur est difficile en raison de la nappe liquide qui empêche d'arriver directement sur le plan thoracique. On ne détermine aucune douleur par la pression au niveau du scapulum.
Les côtes paraissent saines. Les mouvements s’exécutent facilement, Mais la malade accuse une douleur très vive
au niveau de la 2° vertèbre dorsale. qui semble être le point de départ de la lésion.
Les autres organes sont sains. Rien aux poumons. Après antisepsie minutieuse, le professeur Forgue pratique, au niveau de la parte inférieure de la tumeur, une ponction évacuatrice avec l'aspirateur de Potain, Evacuation
d'une quantité considérable de pus. Lavage de la poche à diverses reprises avec :
Eau distillée bouillie. . . . 1 litre DUBNE sue ins Div ads RÉSOLCINE MS EU M, | 10 grammes Acide salicylique tn. Li». 2 — BHÉROSAE RE ES ar 5 —
Pansement aseptique.
OgservaTIoN III (résumée)
(Th. Morel, Paris, 1900-1901).
M... Jean, soixante-neuf ans, plombier. Entre le 12 juillet 1899 à Nanterre.
Pas d’antécédents tuberculeux tant héréditaires que personnels.
Le 6 février 1899, apparition au niveau des dernières lombaires, un peu à droite de la ligne médiane, d'une tuméfaction qui grossit rapidement et devient grosse comme ie poing.
Incision. Lavage à l'acide phénique.
Le malade garde une fistule.
Le 20 mars 1900, le malade entre à l’infirmerie. La pression, sur la dernière lombaire, est un peu douloureuse.
Ni rougeur, ni gonflement. Sérosité purulente s'écoule par la fistule.
Malade maigre, sans être cachectique. Appétit conservé.
L'état général s'améliore : le malade va de mieux en mieux depuis cette époque.
Ogservarion IV (résumée)
(Th. Morel, Paris, 1900-1901).
B... Pierre, ébéniste, soixante-quatre ans. Entre le 12 février 1900 à Nanterre.
Père mort à soixante-treize ans. Mère à vingt-huit ans, alcoolique.
Lui-même avoue avoir fait des excès de boissons de toutes sortes.
Pas de trace de scrofule dans l’enfance. Fièvre typhoïde à dix-huit ans.
Depuis le mois de janvier le malade est gêné dans les mouvements d'extension et de flexion du tronc.
Amaigrissement et perte d'appétit.
Le 13 février, on découvre, dans la région dorsale, un abcès du volume d’un œuf de dinde, situé au côté gauche de la 5° vertèbre dorsale.
Rien aux poumons.
Ponction de l’abcès. Injection d'éther iodoformé.
Cette ponction et cette injection sont répétées tous les six Jours. Malheureusement, au bout d'un mois, le malade part et ne revient plus.