‹ Du mal de Pott sénile: et en particulier de ses différentes formes cliniquesChapitre 5 sur 24 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les premières observations de tuberculose vertébrale des vieillards ne datent que de la seconde moitié du xix° siècle. Jusqu’alors, la littérature médicale est muette sur ce sujet. Percival Pott, dans ses Œuvres chirurgicales, parues en 1778, déclare n'en avoir jamais constaté de cas après quarante ans.

Cependant, quelques auteurs, Richerand, en 1808, et Grentrac, en 1863, avaient posé la question et l'avaient résolue par l’affirmative. Leur avis cède devant la haute autorité de Nélaton qui nie lexistence de cette maladie après cinquante-cmq ans.

Paget, en 1867, attire l’attention sur la fréquence isnorée de la scrofule des vieillards et, en particulier, de la scrofule osseuse, Citons ses propres ‘paroles : « J’existence de la scrofule chez les vieillards est prouvée, non seulement par certaines affections des

organes internes auxquelles on peut probablement assigner une origine tuberculeuse, mais aussi par les maladies des ganglions lymphatiques, des os, du rachis et des autres tissus qui paraissent être le siège d’élection chez les jeunes gens. » Et, à l’appui de cette asserton, il apporte plusieurs observations.

L’attention étant attirée, celles-ci se multiplient.

Leyden, Marsh, Quénu, Jaccoud, Gangolphe, Delbet, Apert, apportent de nouvelles preuves à l'appui de Popinion de Paget. Widal, au Congrès de la Tuberculose en 1898, sans nier la rareté de la tuberculose vertébrale chez les vieillards, en cite dix observations chez des sujets ayant dépassé la soixantaine.

Clément, dans sa thèse (1900), fait de la question une étude clinique. M. le professeur Pic et M. le D' Bonnamour, dans leur 7raite des Maladies des Vieillards, lui consacrent un chapitre spécial. Ils msistent également sur les formes cliniques anormales de la maladie, montrent les difficultés du diagnostic et concluent à la fréquence relative de la localisation vertébrale par rapportaux autres manifestations tuberculeuses séniles.

Alquier, en 1906, étudie les principales formes des troubles nerveux dans le mal de Pott chez l’adulte et le vieillard.

Si l’on s'étonne du temps qu'a mis cette question avant de prendre droit de cité dans la littérature médicale, 1l faut songer que l’évolution du processus tuberculeux chez le vieillard prend un caractère différent de celle que l’on observe chez l'adulte.

Le mal de Pott des vieillards, là où il pourrait appa-

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raitre, avec ses caractères types et dans sa forme classique, ne s accompagne d'aucune réaction inflamma— toire témoin de la vitalité des tissus, mais, au contraire, revêt une forme latente qui traduit la déchéance et inertie de l’organisme tout entier.

Ainsi masqué aux yeux d’observateurs déjà prévenus, le mal à pu passer inaperçu, où bien, peut-être, comme nous le verrons plus tard, la prédominance d’un symptôme insolite a-t-1l pu contribuer à égarer le diagnostic sur une autre affection.

Quoi qu'il en soit, à l'heure actuelle, le mal de Pott des veillards n’est plus une rareté. Les observations se multiplient et, peut-être, si l’on tient compte de tous les cas ignorés, sa fréquence n’est-elle pas loin d’être aussi grande que celle de la même affection chez l'adulte.

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