‹ Du mal de Pott sénile: et en particulier de ses différentes formes cliniquesChapitre 9 sur 24 · RS · texte numérisé non relu

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C’étaient autrefois une névralgie, une sciatique, une paralysie que rien ne faisait prévoir, et qui, par leur persistance et leur intensité, vont transformer le tableau clinique et constituer des formes particulières que nous étudierons plus tard.

Donc début brusque, ne correspondant pas évidemment au début de la lésion osseuse, laquelle est déjà en pleine évolution, et dont la latence, due au défaut de réaction des tissus, est une des caractéristiques de l'affection.

Le début, une fois marqué par un symptôme douloureux quelconque, le tableau clinique se complète quelquefois. [ nous a paru Intéressant de rechercher dans quelle mesure.

A. Signes physiques.

1° Gibbosité. — Cette gibbosité, qui d'après les statistiques de Bouvier apparait chez l'enfant dans une proportion de 34 sur 40, est loin d’être aussi fréquente chez le vieillard.

Chez lui, elle devient l'exception.

Sur les 49 vieillards dont Clément publie l’histoire, 18 seulement eurent une déformation vertébrale, et parmi les 24 observations rapportées 1c1, 6 fois seulement la gibbosité fut observée, sous forme d’une légère proéminence vertébrale.

À quoi est due cette absence de gibbosité chez ces sujets pour qui la raréfaction osseuse et Postéoporose sénile devraient, au contraire, constituer des facteurs importants d’effondrement ? C’est que, par suite du

Le tassement des corps vertébraux, de la soudure des articulations, la colonne vertébrale tend à se transformer en une tige rigide dont tous les éléments sont solidaires et les lésions osseuses qui l’attemmdront ne se manifesteront plus par une déformation à angle aigu mais par une-courbure de plus ou moins grand rayon.

Quelle est la région le plus souvent occupée par cette déformation ? Dans les 6 cas observés par nous, 5 fois elle siégeait à la région dorsale et 1 fois à la région cervicale. La statistique de Clément signale également une plus forte proportion de gibhosités intéressant la région dorsale.

Enfin, un dernier pomt intéressant à signaler, là encore particulier au vieillard, c’est l’absence de douleur au niveau de la gibbosité. Pas plus à la pression qu’à la percussion, le malade n’accuse la moindre douleur et c’est là encore un des caractères par lesquels se manifeste ce défaut de réaction des tissus dù à la séniite.

2° Abcès par congestion. — Rien n’est plus inconstant que l’abcès par congestion chez le vieillard. Dans nos observations, nous ne le trouvons que trois fois. Ce n’est pas, cependant, que la tuberculose osseuse sénile ne se traduise par la fonte purulente, comme chez l’adulte ; mais, alors que chez ce dernier le pus fuse à travers les interstices pour émigrer dans des régions plus ou moins éloignées, chez le vieillard il s’entoure d’une coque fibreuse très dense et reste appendu à la colonne vertébrale, ce qui fait qu'à l'autopsie on

découvre quelquefois un ou plusieurs abcès, en un point limité du rachis et n’ayant donné lieu, pendant la vie, à aucune manifestation.

B. Troubles fonctionnels.

Ce sont eux qui prennent dans la symptomatologie la place principale. Ils sont de deux sortes :

Les uns, liés directement aux lésions osseuses ;

Les autres, résultant de la compression médullaire ou radiculaire.

De ces derniers nous ne dirons rien pour le moment, nous réservant de les étudier avec les formes nerveuses et nous nous occuperons uniquement des deux troubles fonctionnels liés à la seule altération osseuse, c’est-àdre la douleur et la raideur de la colonne vertébrale.

1° Douleur. — Nous avons vu plus haut que celle-ci est très atténuée chez le vieillard et que souvent elle manque tout à fait. Cependant la douleur liée à des troubles de compression peut attemdre un degré d'intensité extraordinaire.

Elle varie depuis le simple fourmillement jusqu'aux névralgies les plus atroces qui arrachent des cris aux malades. Mais cette forme de douleur, liée aux troubles nerveux, sera étudiée plus tard avec les formes nerveuses de la maladie.

20 Raideur de la colonne vertébrale. — La raideur de la colonne vertébrale, élément de diagnostic si important chez l'adulte, perd 1e1 beaucoup de son tm-

en

portance. On la rencontre évidemment chez certains vieillards pottiques, mais elle apparait moins nettement en raison de la rigidité que l’âge impose aux articulations vertébrales et, par suite, cet élément de diagnostic, quand il existe, est plus fruste, plus difficile à rechercher et par conséquent moms significatif.

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