id. mais inégale
La 2' classe ou non centripète se subdivise :
1. Massage en forme de demi circulaire au circulaire avec force égale.
2. Massage en forme de demi circulaire au circulaire avec force inégale.
3. Massage en forme excentrique au concentrique avec force égale.
4. Massage en forme excentrique au concentrique avec force inégale.
On emploie aussi le massage cycloïde (Blundel) (1).
Nouscroyonsautantque possible devoir simplifier ces différen tes classes et nous tenons au mouve ment centripète et ondulé soit avec force égale ou inégale (toujours^ suivant le courant vein°eux des capillaires vers le cœur) surtout pour le traitement de l'entorse.
Quant au 4« groupe, les termes techniques cor-
(1) Médicim mécanica.
respondant aux termes anatomiques, nous ne trouvons point la nécessité d'y ajouter quelque explication.
Nous n'avons point à entrer dans l'action physiologique du massage sur l'économie en général, action tonique et stimulante du système nerveux, respiratoire, circulatoire et digestif et fortifiante du système musculaire, plus tard seulement nous toucherons la question de l'influence physiologique des manipulations que nous allons maintenant décrire dans le traitement de l'entorse.
Plusieurs procédés entre lesquels nous choisissons quelques-uns des principaux ont été spécialement employés.
Procédé de Servier (1).
D'abord et avant tout, l'auteur s'efforce de ne provoquer aucune douleur, dans ce but il agit avec la plus grande douceur et la plus grande légèreté des doigts, au moins en commençant; plus tard il appuie les doigts assez fortement, mais, je le répète, sa première condition est de ne pas faire souffrir le blessé. Il commence donc le massage en pressant légèrement les parties
(1) Recueil de mémoires de médecine et chirurgie militaire.
malades avec un doig-t de chaque main, le plus souvent avec les pouces, mais cela dépend de la position des malades, ils se posent alternativement sur la peau en suivant une lig-ue droite commençant un peu plus haut que le point malade pour finir un peu plus bas et toujours dans le même sens; les doig-ts ne remontent pas lalig-ne déjà parcourue, mais quittent complètement la place pour revenir toujours prendre cette lig-ne à son origine.
Lorsque la douleur a disparu, les doig-ts s'appuient plus fortement et au lieu d'un seul doig't il se sert de Ja main toute entière, mais eu ayant soin d'aller toujours dans le même sens. Habituellement la douleur cède a un massag-e doux et modéré d'une demi-heure à une heure.
Il est bien clair, comme l'indique l'auteur, que la durée dépend aussi de la gravité de la lésion.
Le procédé de Girard (Ij ressemble presque complètement à celui de Servier que nous venons de décrire. Tous deux estiment qu'il faut toujours exercer les manipulations avec la plus g-rande
(1) Des frictions et du massage dans le traitement des entorses de Vhomme. Mémoire luàl'Académie de médecine. Paris.
douceur et modération. La seule différence ne tient qu'à la façon d'agir plus minutieuse avec laquelle Girard décrit son procédé.
Le procédé de Térilon (1) est plus hardi que les deux précédents, il ressemble à celui de Magne, qui s'exécute toutefois avec moins de hardiesse. Estradère (2) préconise la méthode de Mag-ne.
Voici la description du procédé de Térilon :
Placé en face du patient, l'opérateur tient le pied de la main gauche, pendant que de la main droite, il pratique (après avoir au préalable mis une couche épaisse d'axonge ou un corps gras quelconque) des frictions sur le dos du pied, et surtout sur les parties latérales, là ou le gonflement et la douleur sont le plus accentués.
Les frictions assez douces au début et pratiquées surtout avec le pouce, seront bientôt plus accentuées, aussi fortes que le malade pourra le supporter.
Après quelque temps, il faut non seulement frictionner avec force, mais presser avec le pouce, pour écraser violemment l'œdème qui s'est développé.
(1) Archives générales de médecine, 1876.
(2) Bu massage, son historique, ses manipulations, ses effets physiologiques et thérapeutiques. Paris, 1863.
Ces frictions doivent être pratiquées toujours dans le même sens, c'est-à-dire de la pointe vers la partie postérieure du pied et même jusque sur la partie inférieure de la jambe en suivant les tendons des extenseurs et des péronniers.
Elles doivent être faites sans interruption, jusqu'à cessation complète de la douleur, principalement de celle qui est réveillée par les pressions.
Une séance de massag-e ainsi méthodiquement pratiquée peut durer depuis une demi heure jusqu'à deux heures et demie; malg-ré ce temps il vaut mieux ne cesser que lorsqu'on a obtenu le résultat désiré, si on ne peut l'atteindre on fera une nouvelle séance, après ving-t-quatre heures de repos.
Immédiatement après le massag-e, on entourera le pied de la pointe au talon, et y compris le bas de la jambe avec une bande de flanelle de 8 à 10 mètres de long-, modérément serrée. '
Ainsi entouré, le pied sera placé sûr un plan plus élevé que le reste du corps.
Lorsque après ving^t-quatre heures de repos on enlève le bandag-e, on est étonné de constater une douleur vive dans tout le pied, les moindres mouvements sont pénibles pour le malade et les
pressions les plus faibles sont à peine supportées; aussi le patient décourag-é se croit plus malade que la veille.
C'est alors qu'il ne faut pas hésiter : prenant le pied à pleine main, il suffit de lui imprimer quelques mouvements de rotation sur son axe, de le faire pivoter en tout sens, pour que les douleurs d'abord très-vives, deviennent presque nulje.^ et disparaissent presque complètement.
Le bandag-e est alors appliqué de nouveau et on ordonne au malade de marcher; ce dernier, après quelques hésitations, est étonné de le faire aussi facilement, la douleur va bientôt en diminuant et après quelques minutes la marchedevient aisée. Le seul phénomène qui souvent persiste quelques jours est une légère douleur quand le pied porte à faux en marchant, il se tord par sa partie antérieure. Aussi faut-il conseiller au patient de ne marcher qu'avec des chaussures qui maintiennent solidement le pied, telles que des brodequins lacés (1).
Voici enfin la méthode de Lebatard (2) la plus
(1) T>' TÉEiLON. Archives générales de médecine {îévnev 1816].
(2) Traitement de V entorse simple par le massage {?-av\h,.
hardie que nous connaissions : le malade étant assis tient la jambe blessée étendue, la plante du pied appuyée sur la jambe de l'opérateur. Il est préférable qu'elle y soit fixée par la main d'un aide. Si l'opérateur agit sur le pied droit, il einbrasse le talon dans la paume de la main gauche, le bascule de bas en haut et d'arrière eu avant, exerçant de la sorte une forte traction sur le tendon d'Achille. Le pouce de la main gauche s'étend autant que possible sur tout le gonflement tibiotarsien, en cherchant à amener derrière la malléole externe tous les tissus qui en sont le siège. Il procède ainsi en maintenant la même position du membre et du talon, jusqu'à ce qu'il ait ramené à sa forme naturelle l'articulation qui, primitivement, était tuméfiée.
Le gonflement dissipé sous l'influence de cette forte pression dirigée du bord externe au bord postérieur de la malléole externe, le pouce de la main gauc^he exerce encore des pressions moins puisantes pour terminer l'opération et rendre au pied, sur sa face externe, la forme naturelle.
La main droite agissant de concert avec la main gauche sur le membre droit entorsé exerce les mêmes mouvements que la main gauche en contournant de la môme façon la malléole interne.
La main droite prêtant son appui à la main gauche pour maintenir le talon dans la position sus indiquée, ramène le pouoe de la racine du gros orteil au devant de l'articulation tibiotarsienne et fait exercer à celui-ci des mouvements de va et vient, de manière à détruire par une pression simultanée avec le pouce gauche le gonflement qui pourrait occuper la face interne du pied et de l'articulation.
Lorsque la face dorsale du pied et de l'articulation a, par ces pressions rapides et successives, repris son état normal par l'absence de toute tuméfaction, l'opérateur saisit le talon par ses deux bords plantaires et de la main droite il contourne l'extrémité inférieure de chacune des malléoles avec le médius et le pouce, dirige ceux-ci dans les rainures sous malléolaires et exerce, à l'aide de ces deux doigts, une forte pression de bas en haut du calcaneum aux bords du tendon d'Achille jusqu'à l'extrémité inférieure du mollet. Il répète cette pression longitudinale jusqu'à ce que le membre ait repris sa forme primitive. Abandonnant cette traction sur le talon, en le mainteuant toutefois dans la main gauche, l'opérateur exerce de la main droite sur la face dorsale du pied entorsé de fortes pressions qui.
dirig-ées de son extrémité iuférioure à la supérieure, contournent l'articulation d'avant en arrière et obliquement de chaque côté. Le pied par cette manœuvre retrouve sa forme primitive et les douleurs déterminées par les différentes pressions, cessent à mesure qu'on les exerce. Le malade peut aussitôt se chausser et marcher.
Nous ne sommes nullement d'accord avec les auteurs qui semblant blâmer la méthode de douceur de Girard et Servier ont de prime abord, employé des manipulations énergiques. A la première séance avec Hartelius (1), nous pensons qu'il faut mettre dans l'application du massag-e une sag-e réserve et l'employer avec beaucoup de modération. Il faut dès le début, g'ag-ner la confiance du malade en ne provoquant point de ces vives douleurs qui, pour le moins, pourraient chez des sujets pusillanimes, leur faire interrompre le traitement.
Dans les séances subséquentes, nous estimons qu'il faut progresser, que la méthode de douceur a ses limites et à mesure que le g-onflement
(1) I^K massage {Stocko\m, 1874).
et la douleur diminuent, nous employons le massage en forme de mouvement passif, sans être partisan, comme Térilon, de faire pivoter sans hésitation le pied dans tous les sens.
Nous trouvons par des faits nombreux que le procédé de Lebatard est trop hardi pour être généralisé. Il faut dominer son sujet sans réserve pour pouvoir le tenter. C'est ainsi qu'un jour, un de nos aides qui, en tombant d'un escalier, s'était fait une entorse grave, a pu marcher deux jours après son accident, après avoir été traité par la méthode de Lebatard.
D'antre part, une dame anglaise qui, pendant trois semaines avait du tenir tenir le pied immobile, a pu, après la première application de ce procédé, marcher dans sa chambre et descendre des escaliers du 1" étage. Cependant, à mon arrivée le lendemain, elle refusa de continuer l'emploi du procédé Lebatard, attribuant à ces fortes tractions une recrudescence du mal due, selon moi, à une nouvelle entorse qu'elle s'était faite.
Comme je l'ai dit plus haut, cette méthode ne peut pas être appliquée d'une façon constante, car les personnes nerveuses et timides ne supportent point aisément les douleurs occasionnées par
— sa-
le traitement et surtout eu cas de nou réussite, ue veulent plus se soumettre à une nouvelle application.
Notre modus faciendi tient donc le milieu entre celui des différents auteurs, en ce sens que nous prenons à la méthode de douceur ce qu'elle peut avoir d'utile, sans rejeter les procédés moins méticuleux et les employer en temps opportun. Selon nous, le traitement de l'entorse doit avoir pour but :
1° De prévenir l'engorg-ement simple ou inflammatoire.
2" De maintenir en outre les mouvements dans l'articulation.
Pour obtenir le premier but, nous employons le massag-e sous forme de glissement centripète et voici comment :
Supposons une forte entorse tibiotarsienne externe à droite avec g-onflement considérable et bleuâtre ; il y a à s'occuper d'abord de la position fondamentale à donner au sujet en donnant un point d'appui suffisant et commode à la malléole interne de ce côté. Le malade est assis, le tronc se dirige vers la g-auche, et sa jambe appuie sur
un coussin placé sur une chaise, de sorte que la malléole externe devient antérieure. Dans la description des procédés, nous avons vu que le massage se fait immédiatement soit par douceur ou hardiesse sur la partie malade. J'ai suivi cette manière de voir pendant quelque temps, mais mon expérience m'a appris qu'il est préférable de ne point exercer de manipulations directes de prime abord mais de les faire sur les parties avùisinantes et supérieures de la région engorgée. Nous avons signalé plus haut l'inconvénient résultant chez les personnes nerveuses et pusillanimes si, tout d'abord, on détermine des douleurs qu'elles redoutent avec tant d'effroi, ce n'est point cependant notre but principal, nous voulons par le massage supérieur à la partie malade favoriser la circulation et indirectement ainsi agir favorablement aussi sur celle de la région engorgée.
Des deux mains, un peu graissées, nous embrassons la jambe en laissant glisser les mains l'une après l'autre de bas en haut et en y exerçant une pression convenablement forte. Insensiblement (environ un quart d'heure) après que la peau a pris une teinte rougeâtre, est rendue plus chaude, que la circulation y est devenue
plus active, nous descendons à la partie malade et nous y exerçons un lég er effleurement que nous rendons petit à petit plus énergique. Par ce moyen exécuté dans le sens de la marche du liquide, nous facilitons nécessairement la dissémination et la diffusion du liquide épanché, l'absorption s'y fait avec d'autant plus d'activité que nous y avons fouetté la circulation dans la rég-ion superficielle.
Pour la rendre plus complète encore, nous employons un moyen aussi parfait qu'innocent, qui ag-itsur les parties plus profondes en mettant en action les extenseurs et les fléchisseurs de la jambe avec coopération partielle du patient.
Pour cela nous le plaçons sur le dos dans une position demi couchée; nous saisissons son membre inférieur droit et étendu et le plaçons au-dessus de notre g-enou gauche, la main g-auche est au dessus du g-enou et la droite au milieu de la jambe, puis nous fléchissons l'articulation du genou jusqu'à angle droit pendant que le patient fait une résistance uniforme et lente.
Ce mouvement exécuté malgré la volonté du sujet où l'opérateur a mis les muscles en état de contraction extensif est ce qu'on a appelé : mouvement double excentrique.
Ce mouvement double excentrique aurait pour but physiologique, selon Neuman(l), défavoriser la circulation artérielle et la plasticité organique.
Après ce premier mouvement, dont nous venons de parler, le patient relève lentement la jambe sous une résistance modérée de l'opérateur. C'est le mouvement double concentrique. Suivant Neumann encore, ce mouvement favoriserait l'accroissement des phénomènes vasculaires centripètes ou l'absorption.
Nous ne sommes nullement partisan de ces explications plus ou moins pseudo - physiologiques du Neuman ; nous estimons que l'un et l'autre de ces mouvements tout simplement favorisent la circulation dans les parties mises en mouvements et par là augmentent la chalear dans ces mêmes régions.
Pour faire exécuter aux fléchisseurs le même mouvement qu'aux extenseurs, on n'a qu'à changer la position de la main en la plaçant sous la jambe.
(1) Die Kunst der Leilesubwngen angewandt sur HeUnvg von Krankheiten 1P52) ^tThèravie der chronischen Kranltheiten, (IfiSl).
Après avoir à plusieurs reprises fait alterner le massage et les mouvements précédents, nous terminons notre première séance en entourant le membre d'une compresse humide avec une lég-ère compression et nous ordonnons au malade le repos absolu, la jambe reposant sur un plan plus élevé.
L'irritation produite sur les filets nerveux sensitifs de la peau par l'eau froide, se transmet aux fibres vasomotrices et produit la contraction de.^ vaisseaux sanguins. La compression contribue à favoriser le dégorgement des matières épanchées.
A la seconde séance ou application, nous renonvellons la même opération qu'à la première en agissant cette fois plus particulièrement sur la partie malade; nous promenons les pouces avec certaine pression le long des sallies que l'on rencontre autour de l'articulation vers la malléole externe, en permettant de temps en temps à une main de presser en montant jusqu'au genou.
Ce massage doit être continué généralement jusqu'à ce qu'on ait observé une diminution notable dans le gonflement; celui-ci diminuant la sensibilité le fait également.
Tels sont les facteurs favorables au retour du mouvement; très souveiit l'on voit le malade
vouloir essayer de fléchir l'articulation. C'est le moment de répondre à cette impulsion naturelle : nous prenons la partie inférieure de la jambe au dessus de notre genou g-auche et l'entourons avec la main gauche, de la droite nous saisissons la région plantaire et nous fléchissons et étendons le pied sans que le patient n'imprime la moindre résistance (mouvements passifs).
Si ces mouvements passifs paraissent favorables le malade essaie les mouvements avec une résistance très modérée de l'opérateur ; on varie la direction du mouvement : flexion et extension et nous aimons à ajouter l'abduction du pied. Nous avons indiqué plus haut pourquoi nous n'agissons pas sur les adducteurs.
Nous ajoutons encore une pression exécutée dans le sens longitudinal du membre inférieur, pression d'abord constante, puis intermittente avec léc^ères seccousses. Ces mouvements terminés on peut juger parfaitement si le malade est à même de marcher et, dans l'afîirmatif, on lui ordonne quelques essais de marche, avec précaution et sans fatigue.
Longtemps nous n'avons employé dans le traitement de l'entorse que le massage sous forme de glissement, nous hésitions, quoique la chose nous
eut paru log-ique d'employer les mouvements.
Un cas fortuit vint bientôt servir la cause que nous défendons aujourd'hui ; une personne atteinte d'entorse, après deux séances de massag-e. exécuta d'elle-même, lors de la troisième visite, des mouvements de va et vient en nous exprile bien être qu'elle en ressentait.
Cet heureux résultat nous eng-ag-ea à mettre désormais en pratique les mouvements décrits plus haut, et nous n'hésitons pas après une expérience de plusieurs années, d'avancer qu'avec le massage combiné aux mouvements artificiels nous avons eu de fréquentes réussites. Du reste, le patient s'accoutume plus aisément à la marche en marchant, si je puis m'exprimer ainsi d'une façon passive et active, sans devoir supporter le poids du corps.
Dans le cours de ce mémoire nous avons rencontré des auteurs recoramandables qui servent d'appui à notre opinion, auteurs dont les noms se rencontrent d'ailleurs dans notre travail.
Il est naturel que le nombre de séances varie avec la gravité de l'entorse et la rapidité avec laquelle on se soumet à ce traitement (1). Un capi-
(1) Selon Bergman les entorses traitées par le massag-e daus les quatre premiars jours après l'accident sa guéris-
taine que je vis à Ostende peu d'heures après uue entorse grave, fut guéri après deux séances. Au contraire, une dame qui s'était fait une eu torse en tombant aux Pyrénées et que je ne vis que trois mois après, demanila trois semaines de traitement avant d'être guérie; et actuellement je soigne un anglais qui, à la suite d'une légère entorse soufiFre depuis cinq ans, et depuis trois semaines je ne constate guère d'amélioration.
En général, notre statistique nous démontre que, dans la moitié des cas, l'entorse par notre mode de traitement se guérit en deux applications. Un quart demande plus et le dernier quart moins ou en une séance, mais alors il s'agit d'entorse légère.
M. Niehans, chirurgien à Berne, et le T>' Roth, de Londres, qui pendant l'été ont passé plusieurs mois à mon Institut pour étudier tout spécialement la méthode suédoise ont pu se convaincre de l'efficacité de cé traitement. Trouvant à l'hôpital St-P'ierre deux cas d'entorse, le Niehans
sent en un temps de moitié moins long que celles qui sont traitées de quatre à huit jours après. Celles qui datent de huit jours demandent un traitement d'une durée double des précédentes. (D' Bergman. Om dealufa travmatislia ledgangssliadonms behandli»g med massage. Blocliholin, 18~G).
les entreprit aussitôt. L'un de ces malades a pu immédiatement retourner chez lui après la première séance et le second, malgré de mauvaises conditions s'est rerais aussi en un bref délai.
Si le g-enou est intéressé et présente un épanchement de synovie, nous ajoutons le massag'e en forme de percussion, avecdes palettes eu boule de caoutchouc autour de la rotule et des g-lissements dans le sens décrit. Ces glissements se font du reste aussi le long- de la cuisse et comme l'action des mains est parfois insuffisante, je me suis servi derouleanx en bois recouverts de caoutchouc et selon les même principes.
Avec Metzer, je suis convaincu que la subluxation de l'articulation du genou, occasionnée par un déplacement de l'une ou l'autre ménisque, ou même des deux à la fois, est plus fréquente qu'on ne le croit généralement.
Elle peut se produire, par exemple, lorsque dans une chûte, le genou a subi un double mouvement : de flexion et d'extension et la jambe en même temps unerotation plus ou moins prononcée de l'un ou de l'autre côté.
C'est au D'' Metzer que revient l'honneur d'avoir
indiqué les manipulations que nécessite la réduction de ce tramatisme.
S'ag-it-il du ménisque externe :
Le genou étant plié, on imprime à la jambe des mouvements de rotation en dehors et en dedans, suivis d'extension. Par ce moyen on cherche pour ainsi dire à visser le ménisque jusqu'à ce qu'il rentre à sa place, ce qui du reste se reconnaît au bruit que l'on perçoit aisément lors de cette rentrée.
S'il s'ag-it à présent de réduire une subluxation occasionnée par déplacement du cartillage semilunaire interne :
On applique, dans ce cas, d'une main, une assez forte percussion à la malléole interne après avoir donné, de l'autre main, un appui au condyle externe du fémur. Le genou doit être légèrement plié.
Par cette opération les surfaces articulaires s'étant écartées et la capsule tendue doive exercer une traction directe sur le ménisque subluxé et le ramener à sa place.
J'ai remarqué plusieurs cas où, l'entorse se compliquait d'atrophie du membre inférieur, entre
autres celui d'un de nos artistes les plus distingués qui, à la suite d'une chùte de voiture, se fit une entorse compliquée d'atropliie et de paralysie du membre inférieur.
Aux moyens indiqués plus haut pour l'entorse et le g-enou, j'ai ajouté tous les mouvements que l'articulation coxofémorale peut exécuter. Le malade posé sur le côté, j'ai opéré la flexion et l'extension. L'abduction, l'adduction et la rotation se font demi-couclié pour localiser autant que possible l'influence de ces mouvements, exécutés avec coopération partielle du malade sous une résistance modérée de l'opérateur. La circumduction de l'articulation coxofémorale, a été, selon les cas, faite d'une façon passive ou avec résistance du malade. Au surplus j'ai intercallé entre ces diverses opérations une percussion assez forte le long- du sacrum et une ponctuation le long- du trajet du nerf sciatique et de ses principaux rameaux. Dans ces derniers temps j'ajoute le massag-e sous forme de foulement humide et en zig- zag- tout le long" du membre de bas en haut.
Il nous reste h traiter du temps que l'on doit employer à chaque séance et à quel intervalle elles doivent se répéter.
Les différents auteurs varient considérablement dans la solution de la première question. Rizet (1) croit qu'une demi heure de massage suffit. Dailly (2) va jusqu'à deux heures, Térilon (3) et Servier (4) jusqu'à trois. Térilon ne veut point même mettre d'interruption dans l'application du massag-e. J'estime que cette manière de voir n'est point la bonne et je trouve au contraire que des intervalles de repos sont indiqués. Quant au temps je crois pouvoir le fixer approximativement et dans la généralité des cas à une heure, très-rarement je la dépasse, mais il est naturel qu'un chiffre fixe ne peut être établi et qu'il varie suivant les circonstances individuelles.
Les différents praticiens varient aussi sur l'intervalle à mettre entre les séances. La plupart
(1) Delà manière de pratiquer le massage dans l'enlor. (Arras 1862).
(2) Manipulations thérapeutiques.
(3) Archives générales de médecine (1876). De l'entonne pied traitée par le massage.
(4) Recued de mémoires de médecine et de chirurgie mi
tairee.
se contenteut d'une application par jour. Rizet et Quesnoy (1) ont été jusqu'à 3.
Je ne vais g-énéralement que jusqu'à deux, une le matin et une le soir en faisant la même remarque que j'ai établie plus haut à propos du temps que devait durer la séance. Dans un seul cas, j'ai fait trois applications en un jour avec succès.
(1) Recueil de mémoires de médecine et chirurgie militaires (1862). Entorses récentes traitées par le massage.