I. — BASSINS SIMPLEMENT ASYMÉTRIQUES
1° Asymétrie légère
Nous avons déjà vu en étudiant le détroit supérieur des bassins quelle était la fréquence de l’asymétrie dans les bassins normaux ; nous avons vu aussi qu'elle était
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pratiquement impossible à diagnostiqner et qu’elle ne paraissait avoir aucune influence sur la marche de l'accouchement. Peut-être n’en serait-il pas ainsi si nous avions des enfants volumineux, de 4.500 à 5.000, mais cest là un fait exceptionnel sur lequel nous ne devons pas nous arrêter. Nous avons donc laissé systématiquement de côté tous ces bassins qui se conduisent à peu près comme des bassins symétriques et nous n'avons commencé à expérimenter que sur des bassins à asymétrie plus marquée ; les quatre cas que nous rapportons ici ont des inégalités de diamètre atteignant de 1 à 2 centimètres. Voicila mensuration de ces bassins :
BASSIN n° 1. — Luxation iliaque double. Articulations nouvelles au-dessus et en arrière des précédentes, sur la fosse illaque externe, ayant déterminé sur la fosse illaque interne une saillie dont la convexité est facilement perceptible. Bassin aplati à droite.
Promonto-pubien el Transverse médian 13.4 Oblique droit 1849 Sacro-cotyloïdienne gauche 8.7 Oblique gauche 13.8 Sacro-cotyloïdienne droite 8.6
Bassin n° 2.— Luxation double, avec scoliose lombaire convexe à gauche. Promontoire peu saillant. L’aileron gauche du sacrum est peu développé par rapport au droit. Bassin aplati à gauche,
Promonto-pubien 11 Transverse médian 13 Oblique droit 1225 Sacro-cotyloïdienne gauche 8 Oblique gauche 12 Sacro-cotyloïdienne droite 9
Bassin n° 3. — Aplati à droite. Scoliose lombo-sacrée
LVEQSE
à convexité droite ; aileron sacré droit raccourci, promon-
toire peu saillant, regarde à gauche.
Promonto-pubien 411.5 Transverse médian 13
Oblique droit 13,3 Sacro-cotyloïdienne gauche 9
Oblique gauche 12.5 Sacro cotyloïdienne droite “40 BASSIN n°4. — Aplati à gauche. Promontoire non
saillant. Atrophie légère de l’osiliaque droit (fig. 2).
Promonto-pubien 10.1 Transverse médian 12.4 Oblique droit 12,9 Sacro-cotyloïdienne gauche 7.6 Oblique gauche Tu ré Sacro-cotyloïdienne droite 9.5
Dans le diamètre court, l'engagement se fait absolument comme dans un bassin normal, la tête traverse sans obstacle le détroit supérieur. D'ailleurs, si nous examinons les diamètres de cette aire d'engagement, cela ne nous étonne pas, il n'y a pas de différence entre ce qu’ils sont et ce qu'ils seraient dans un bassin normal et symétrique.
Le diamètre oblique long est un peu moins favorable ; la tête, qui s’y engage l’occiput en avant, voit son bipariétal gêné dans le bassin 2 par la sacro-cotyloidienne gauche; cela est encore bien plus sensible pour le bassin 4 ; elle se fléchit pour faire passer à ce niveau un diamètre transversal plus court et elle triomphe ainsi de cette difficulté. La tête, avec l’occiput en arrière dans le sinus sacro-iliaque, est plus gênée encore et sa flexion doit être plus accentuée pour faire passer sur la sacrocotyloïdienne un diamètre réduit. Mais, dans tous les cas, elle arrive à tourner l'obstacle et ce diamètre, quoique moins favorable que le précédent, n’est pourtant pas inutilisable ; il tend à le devenir (bassin 4).
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L'engagement en transverse est également possible, la tête fœtale y passe sans difficulté. Ainsi nous voyons le diamètre long tendre à devenir impossible et les bassins à asymétrie moyennne ne présenter que deux diamètres favorables, le court et le tranverse.
- Nous allons en arriver maintenant aux bassins à asymétrie très forte, aux bassins de Nœgelé. Il y a là un intervalle que nous franchissons trop rapidement, mais nous n'avons pu nous procurer de bassin à asymétrie forte, sans autres lésions pelviennes et nous ne pouvons que signaler l'existence de ce vide.
2 Bassins obliques ovalaires ou de Nœgelé.
Nous avons pu en étudier trois. Ce sont le bassin de Nichet déjà décrit par S. Thomas de Leyde, et deux autres qui proviennent de la collection de la Clinique.
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Nous ne parlons bien entendu que de bassins assez grands pour permettre le passage d’une tête fœtale. Voici d’ailleurs leurs dimensions.
Bassin n° 1 (de Nichet). — Aplati à droite (fig. 1).
Promonto-pubien 9.7 Transverse médian 10.3 Oblique droit 8.9 Sacro-cotyloïdienne gauche 10.2 Oblique gauche 12,5 Sacro-cotyloïdienne droite 4.2
BASSIN n° 2. — Aplati à gauche.
Promonto-pubien 10 Transverse médian 9 Oblique droit 41.9 Sacro-cotyloïdienne gauche 3 Oblique gauche 8.7 Sacro-cotyloïdienne droite 10
BASSIN n° 3. — Abplati à gauche.
Promonto-pubien 10.3 Transverse médian 10.3 Oblique droit 132 Sacro-cotyloïdienne gauche # Oblique gauche ol 7i Sacro-cotyloïdienne droite 10.1
Ce qui frappe dans ces bassins, c’est la réduction énorme d’une des sacro-cotyloïdiennes: il en résulte que cette distance est inutilisable, et avec elle toute la partie du sinus située en arrière.
La tête peut s'engager suivant le diamètre oblique long, mais peut-il conserver véritablement ce nom puisqu'il perd toute la portion qui est située dans le sinus ? La tête passe en flexion forcée, son bipariétal se plaçant sur le diamètre oblique court qui représente le petit axe de la surface d'engagement dans cette situation.
Place-t-on la tête suivant le diamètre court, la flexion n’est pas plus grande. La sacro-cotyloïdienne très large laissera passer n'importe quel diamètre transverse et si la tête se fléchit, c’est parce que le grand axe d'engagement est notablement raccourci.
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La tête passerait en transverse, dans des conditions absolument analogues. On est surpris de voir cette espèce d'équivalence des diamètres qui sont tous aussi mauvais les uns que les autres, mais ce qui frappe davantage, c'est que, lorsque la. tête eq assez fléchie pour passer suivant l’un de ces diamètres, on peut la faire tourner sur elle-même autour d'un axe vertical passant par le centre du détroit supérieur et l’on voit que l'engagement est possible suivant chacune des positions dans lesquelles elle se place successivement. Ainsi ce bassin se comporte comme si l'aire du détroit supérieur était circulaire, et si l’on compare entre eux le diamètre transverse, le diamètre antéro-postérieur (toujours plus court que le pro- . monto-pubien), oblique court, l’oblique long (auquel il faut retrancher toute sa partie non utilisable située en arrière de la distance sacro-cotyloïdienne), on voit que ces diamètres deviennent sensiblement égaux. Ces bassins ont ainsi un nombre indéfini de diamètres d’'engasement, autant qu'il peut y avoir de diamètres dans un cercle. Mais n'oublions pas que ces diamètres sont tous mauvais, tous réduits, et que la tête n’y passe qu’en flexion forcée. Ceci nous explique la difficulté clinique que l’on rencontre lorsqu'on cherche à faire passer la tête dernière ; il faut une traction considérable sur la bouche, une forte pression sur le front pour obtenir cette flexion nécessaire. Comme pour la tête première, tous les diamètres sont équivalents ; il est donc inutile de chercher à amener la tête dans l’un plutôt que dans l'autre, il faut s’efforcer de la fléchir pour lui permettre de s'engager.
En résumé, dans les bassins à asymétrie pure, nous
avons obtenu les résultats suivants :
Bassins à asymétrie légère; engagement normal.
Bassins à asymétrie moyenne; lé diamètre long devient mauvais, deux diamètres bons.
Bassins à asymétrie forte; pas d’expérimentation faute de pièces sèches.
Bassins à asymétrie très forte ; nombre indéfini de diamètres d'engagement.