Du mécanisme des échanges gazeux chez les plantes aquatiques
La plupart des auteurs qui ont étudié les échanges gazeux chez les végétaux se sont à peu près exclusivement bornés au cas des plantes aériennes ; ils ont eu, de la sorte, à tenir compte de bien des éléments complexes au milieu desquels il est fort difficile d'apprécier la part qui revient à chaque facteur. J’ai pensé que l'étude des échanges gazeux au point de vue purement physique serait plus facile chez les plantes aquatiques submergées ; chez ces plantes, en effet, une grande simplification apparaît dans la structure et dans les fonctions générales : 1l n’y a plus ou presque plus de stomates, ni de cuticule, et quant à la transpiration, elle est abolie par la nature même du milieu.
Les causes principales de la complexité disparaissent donc en grande partie, du moins pour ce qui est de la plante. Le milieu apporte, il est vrai, une difficulté spéciale qui tient à l’état de dissolution des gaz. Mais ce facteur n’appartient pas à la plante; son influence rentre dans le domaine de la physique pure et, à ce titre, peut être étudiée dans un vaste champ d’expériences où l’on aura beaucoup plus de chances d'arriver à des résultats précis.
À ces considérations générales il faut ajouter celle-ci, que l'indépendance des éléments cellulaires est ici beaucoup plus grande que chez les plantes aériennes : ce qui fait que la connaissance de la manière dont les échanges gazeux se
produisent chez les plantes submergées doit nous apporter des données nouvelles sur les échanges gazeux qui existent entre la cellule et son milieu.
La plupart des plantes aquatiques submergées que J'ai étudiées appartenaient aux végétaux supérieurs et possédaient par conséquent un système de lacunes internes très étendu. Les gaz ne peuvent jamais pénétrer dans ces plantes qu’en traversant directement les parois à l’état de solution (1); mais pour sortir, ils peuvent suivre deux voies distinctes : soit garder la forme dissoute et se diffuser ainsi vers l'extérieur à travers les parois ; soit prendre celle de bulles libres qui s’échappent par les ouvertures naturelles ou accidentelles que peut présenter la plante. Ce dernier mode de sortie était facile à observer : aussi a-t-il été reconnu de très bonne heure et même on l’a considéré pendant fort longtemps comme la seule forme normale de sortie des gaz, en particulier pour loxygène produit dans le travail de l’assimilation chlorophyllienne.