‹ Du mécanisme des échanges gazeux chez les plantes aquatiquesChapitre 27 sur 29 · CONCLUSIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS GÉNÉRALES

Dans les recherches entreprises sur le mécanisme des échanges gazeux chez les plantes aquatiques, J'ai respecté autant qu’il est possible les conditions physiologiques naturelles, tout en faisant varier, dans des limites déterminées, les conditions physiques du phénomène. Les expériences ont toujours été entreprises sur des végétaux vivants et, dans tous les cas, les gaz ont parcouru le trajet même qu'ils suivent dans la plante.

J’ai ainsi étudié successivement :

4° Le milieu externe et le milieu interne de fa plante;

2 Le milieu externe et le milieu interne de chacune de ses cellules.

1° Milieu externe de la plante. — Les plantes aquatiques submergées étant plongées dans de l’eau aérée, j'ai fait voir, par une étude de ce milieu, que :

L'air dissous dans les eaux naturelles possède sensiblement la même pression que dans Patmosphère, c’est-à-dire que 1 litre d’eau pris à une profondeur quelconque et transporté à

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ja surface, se trouverait immédiatement en équilibre avec l'air extérieur, au point de vue des gaz dissous.

On comprend quelle est l’importance de ce fait pour les conditions de la vie des êtres qui respirent uniquement les gaz dissous dans l’eau.

Toutefois, il faut remarquer que la lenteur avec laquelle se meuvent les gaz dans leurs solutions détermine sans cesse des excès ou des défauts de saturation qui créent des conditions spéciales pour les êtres qui y sont plongés. De sorte que, s'il est vrai de dire qu’en moyenne la pression des gaz dissous est la même que dans l'air libre, les variations de la pression propre à chaque gaz sont plus grands que dans l’atmosphère.

2% Milieu interne de la plante. — Une méthode spéciale, celle du vide interne, nous a permis de reconnaître que les az traversent les parois des plantes submergées comme une simple lame d’eau, et que cette diffusion reste absolument la même, que la plante soit plongée dans l’air ou dans Peau aérée; nous avons montré ainsi que l'oxygène se diffuse à travers les parois des plantes environ deux fois plus vite que l'azote, et le gaz carbonique cinquante-cinq fois plus vite.

Dans une autre série d'expériences, nous avons reconnu que les variations de pression mises naturellement en jeu par la plante sont en général extrèmement faibles quand il s’agit de la respiration seule; de sorte que :

Si l’eau est normalement aërée, le gaz des lacunes est de l'air à peu près pur.

Pour l'assimilation au contraire, il se produit d’assez fortes différences de pression, et il en résulte très souvent le dégagement spontané de bulles par des déchirures accidentelles ; le même phénomène se produit fréquemment lorsque l'eau est sursaturée, et c’est par ce moyen que nous avons étudié l'atmosphère interne dans des conditions souvent réalisées dans la nature. :

Une étude purement descriptive d’un certain nombre de faits naturels nous à permis de montrer l’extension des résul-

ÉCHANGES GAZEUX DES PLANTES AQUATIQUES. 179 tals précédents aux circonstances ordinaires de la vie des plantes submergées.

3° Milieu externe de lu cellule. — En analysant ensuite la manière dont lair, libre ou dissous, est réparti dans tous les sens à l’intérieur et à l'extérieur de la plante, nous avons fait voir que :

L'air arrive à chaque cellule à peu près uvec la même pression que celle qu'il possède dans l'eau ambiante et dans les lacunes.

4 Milieu interne de la cellule. — En examinant le chemin que suivent les gaz pour pénétrer à l’intérieur de la plante, nous avons pu reconnaître que chaque cellule a été traversée directement; d’où il résulte que :

Il'existe de l'air simplement dissous dans la substance même de la cellule.

La comparaison des pressions au point de départ et au point d'arrivée nous à indiqué que :

Ces qaz dissous dans la cellule y possèdent la même pression qu'à lextérieur, c'est-à-dire que latmosphère intime de chaque particule vivante est de l’air dissous où les pressions sont voisines de ce qu’elles sont dans l'atmosphère libre.

Ce travail a été commencé en 1886 au laboratoire de la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux, sur le conseil de M. Merget.

Ces recherches ont été continuées en 1887, 1888 et 1889 au laboratoire de botanique de la Sorbonne, sous la direction de M. Gaston Bonnier.

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