Éprouvette graduée à piston. — Je dois signaler ici un
(1) Cette proportion d'oxygène dans l'air libre peut paraître un peu faible; mais elle rentre dans les moyennes les plus récentes données par les recherches précises de Morley; cet auteur indique comme minima 20,455 et comme maxima 20,989 (Journal de physique, 1878, IX, 213).
petit instrument qui m'a été très commode pour recueillir et mesurer les petits volumes de gaz dégagés par les plantes. C’est une petite éprouvette graduée, modifiée de la manière suivante : le corps de l’éprouvette est un tube de verre gradué ee’ ouvert aux deux extrémités (fig. 1); la partie infé-
F1G. 4. — Éprouvette graduée à piston, placée sur la cuvette à mercure de la pompe d’Alvergniat, — €e’, tube gradué; pp", tige du piston; £, corps du piston.
rieure e’ est légèrement évasée en tube un peu plus large, destiné à coiffer l’extrémité libre du tube f capillaire de l’appareil à analyse décrit précédemment; le reste est parfaitement cylindrique. Dans ce tube glisse, à frottement très doux, un piston formé d’une tige de verre pleine pp', entouré à son
extrémité d’un petit tube de caoutchouc £ formant la partie frottante du piston sur le corps de pompe. Un semblable Système tient parfaitement le vide parfait, quand l'extrémité inférieure est fermée par le doigt, si on a la précaution de garder un peu d’eau ou de mercure au-dessus du piston #. Le diamètre interne est assez faible (4 à 5 millimètres) pour que 1 centimètre cube produise une longueur totale de plus de 9 centimètres, ce qui permet d'apprécier avec la plus grande facilité les cinquantièmes de centimètre cube et même les centièmes.
Supposons qu'avec ce petit appareil on veuille mesurer 1 ou 2 centimètres cubes de gaz recueillis dans le corps de pompe de l’appareil d’Alvergniat : on plonge la partie inférieure évasée de l’éprouvette dans le mercure de la cuvette cc de cet appareil, de manière à coiffer l’ouverture de sortie des gaz (0, fig. 1); puis en aspirant avec le piston, on remplit la totalité du tube avec du mercure. Il suffit alors d'ouvrir avec précaution le robinet de la pompe pour voir le gaz se dégager dans le tube gradué en déplaçant le mercure. On bouche l'ouverture inférieure avec le doigt, el, après avoir porté sur la cuvette de l’appareïl à analyse, on abaisse le piston jusqu’à égaliser les niveaux à l’extérieur et à l’intérieur. On lit le volume sur le tube gradué ; puis on coiffe le bout libre du tube capillaire de l’appareil à analyse par la portion évasée de l’éprouvette, et, en abaissant doucement le piston, on amène le gaz en contact avec l’ouverture de ce tube capillaire; il suffit alors d’y aspirer ce gaz pour pouvoir procéder ensuite à l’analyse à la manière ordinaire.
On voit que l'avantage de cette forme d’éprouvette graduée est tout entier dans la mobilité de sa partie fermée, mobilité qui permet d’amener le gaz dans une région rétrécie où la mesure des volumes est très précise, puis de le ramener dans une région élargie, voisine de l’ouverture, d’où on le retire facilement. Le piston permet de joindre les avantages d’une éprouvette étroite à ceux d’une large éprouvette, car 1l promène l’index gazeux d’une région à l’autre à volonté.