‹ Du mercureChapitre 21 sur 48 · CHAPITRE r - ACTION LOCALE · texte numérisé non relu

CHAPITRE r - ACTION LOCALE

ARTICLE I^'' ACTION PARASITICIDE.

§ — Considérations préliminaires.

Le mercure tue les parasites partout où il peut agir sur eux à dose suffisante. On l'emploie journellement

comme topique dans le traitement des affections cutanées parasitaires, et à l'intérieur pour tuer et expulser les entozoaires qui habitent le tube digestif. On ne doit cependant s'en servir, dans ces différents cas, qu'en cas de nécessité, avec beaucoup de réserve et en s'entourant de- toutes les précautions nécessaires. Il ne faut pas oublier qu'il peut donner, lieu à des accidents graves, soit par ses effets phlogogènes ou caustiques, soit par son action altérante. La matière médicale est riche en agénts parasiticides inoffensifs; chaque fois que l'on pourra obtenir avec l'un d'eux les mêmes effets thérapeutiques qu'avec le mercure, il faudra lui donner la préférence. Le mercure, toujours triomphant dans le traitement de la syphilis, a été détrôné par le soufre dans le domaine de la pathologie cutanée, et il doit céder le pas aux parasiticides végétaux dans le traitement des entozoaires.

g g. — Action sur les parasites cutanés.

La phthiriase a été de tout temps combattue par les préparations mercurielles :

« On voit ordinairement, dit Ambroise Paré parlant » des propriétés de l'argent vif, les bonnes femmes de » village en frotter la teste de leurs petits enfants, » estant mixtionné avec beurre, ou grosse de porc, pour » faire mourir leurs poux » (1). » On détruit aisément les poux de la tête par quelques applications d'onguent mercuriel ordinaire, ou de pommade au précipité rouge à ^r, sur les cheveux préalablement coupés courts. Les poux du pubis sont détruits par des onctions

(1) A. Paré. OEuvres complètes, t. 3, page 31S, e'dit. Malgaigne. Paris, IS/iO.

avec l'onguent mercuriel ou mieux par des lotions avec la solution de sublimé à - , mais leurs œui's opposent une résistance singulière, d'où la nécessité, suivant Diday, de faire plusieurs frictions espacées afin de détruire les insectes qui pourraient être éclos après la première. Quant aux poux de" corps, ils disparaissent promptement sous l'influence des fumigations de cinabre, ou de quelques bains avec 12 à 15 grammes de sublimé.

Le traitement de la gale par les mercuriaux était jadis très usité : d'abord institué empiriquement j^ar les arabistes, il devint rationnel quand on soupçonna la nature parasitaire de la maladie. Cestoni et son élève Bonomo, après avoir décrit l'insecte de la gale, ajoutèrent que les onctions mercurielles suffisaient à le détruire. Ce traitement, adopté par Willis , Vogel ,. Sauvage et Lorry, puis par Bateman et la plupart des dermatologistes, fut rejeté par Biett à cause des inconvénients qu'il peut entraîner ; il a peu à peu disparu, depuis que Helmericli a démontré l'efficacité de la pommade soufrée Cependant on se sert encore quelquefois contre cette maladie soit de frictions avec l'onguent citrin, soit d'une solution ou d'un bain au sublimé qui ont l'avantage de calmer promptement les démangeaisons.

D'ai:)rès Gallaudat, le dragonneau ou filaire de Médine serait très efficacement combattu par les mercuriaux.

Le traitement mercuriel des teignes est indiqué d'une façon plus ou moins précise par la plupart des anciens auteurs, Guy de Chauliac, A. Paré, Lorry, Alibert, etc.; mais c'est à Bazin que revient l'honneur d'avoir le premier institué ce traitement d'une manière rationnelle. C'est lui, en effet, qui a mis en* lumière le caractère

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parasitaire de ces affections, indiqué par Schonleiii pour le favus, par Gruby et Melsens pour la trichopliytie. Le mode de traitement employé par Bazin est le même pour les différentes espèces de teignes : épilation suivie de lotions avec la solution de sublimé à jj;, puis applications quotidiennes de pommade au soussulfate de mercure (turbith minéral)* à -Jr,. Ce procédé donne les meilleurs résultats dans le favus; il agit moins efficacement dans la teigne tonsurante à cause de la difficulté de Tépilation ; les cheveux se cassent et leur racine reste implantée dans le follicule qui n'est pas complètement pénétré par les agents parasiticides. Quant à la pelade on sait que la nature parasitaire de cette affection n'est- pas universellement reconnue. M Lailler en particulier la croit fort peu démontrée, aussi n'emploie-t-il pas les parasiticides.

Contre r/ierpès circinè, constituant la première période de la trichophytie, M. Gailleton a conseillé l'emploi de l'emplâtre de Vigo ; mais l'action de ce topiqueest fort incertaine, et il vaut mieux s'en tenir au procède de Bazin ; il en est de même du sycosis parasitaire, qui sera traité par l'épilation, suivie des applications parasiticides.

l^e pityriasis versicolor, qui est dû au développement dans l'épiderme du microsporon furfur, peut être traité avec avantage par les lotions de sublimé à -^..^ — M. Lailler recommande les bains avec 20, 30 et même 50 grammes de sublimé quand la peau est intacte.

Le pityriasis capitis est causé, suivant Malassez, par un champignon microscopique, analogue au microsporon audoiiini, mais dont les spores, beaucoup moins volumineuses, sont ovoïdes et presque toutes munies d'un bourgeon; on n'y a pas trouvé jusqu'ici de mycélium. En

raison de cette découverte, Malassez a institué le traitement suivant : tous les deux jours, savonnage de la, tête avec un savon alcalin et une brosse un peu dure, onction matin et soir avec la pommade au turbitli à ~. Les cheveux commencent par tomber, puis repoussent beaucouj) plu s fournis.

La conjonctivite piiyriasiqiie, décrite par Blazy, ressemble beaucoup au pityriasis cutané; elle est caractérisée par la présence sur la conjonctive, soit oculaire, soit palpébrale, de lames épithéliales isolées et aplaties. Les lotions avec la liqueur de van Sv^ieten sont très efficaces pour en arrêter les progrès.

Enfin, Vintertrigo des cuisses et des fesses, ou eczéma marginé, considéré par Hebra comme de nature parasitaire, est justiciable des mêmes moyens.

Ajoutons en terminant que le muguet, dû au développement de l'oïdium albicans dans les couches épithéliales de la muqueuse buccale, est combattu avec succès, d'après E. Vidal et Bazin, par les badigeonnages avec la liqueur de van Swieten, dans les cas rebelles où les collutoires au borax ne sont pas suffisants.

§ 3. — Action sur les parasites du tube digestif.

Comme nous l'avons indiqué déjà, on peut donner le mercure lorsque l'on soupçonne l'existence d'entozoaires, dans le double but de tuer ces parasites et de les chasser.

Dans le cas d'ascarides lombricoïdes, le calomel, donné seul ou associé soit à la mousse de Corse soit au semen-contra, réussit le plussouvpnt.il échoue, au contraire, contre les cestoïdes, sans doute parce que les

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