‹ Du mercureChapitre 23 sur 48 · ACTION IRRITANTE · texte numérisé non relu

ACTION IRRITANTE

g lor Considérations préliminaires.

L'action topique irritante des mercuriaux est aujourd'hui très fréquemment mise à profit pour modifier avantageusement la vitalité et la nutrition des téguments, clans diverses affections chroniques. Cette action s'exerce de la même manière , quel que soit le composé mercuriel employé ; elle varie seulement d'intensité selon le choix et le degré de concentration des différents sels dont on se sert. C'est ainsi que le protoiodure de mercure, le calomel, le précipité blanc, ont une action simplement résolutive ; le sublimé en solution faible, le deutoiodure de mercure, sont des irritants, proprement dits ; le sublimé en solution concentrée, le

bioxydc de mercure, le nitrate acide sont caustiques, et ce dernier est même un des plus énergiques que l'on connaisse.

Ces divers produits sont administrés soit en pommades, soit en solutions : les pommades conviennent surtout pour les cas où il s!agit d'obtenir une action peu énergique, mais prolongée ; le sel mercuriel, incorporé à de l'axonge en j^roportion variable, peut être maintenu en contact avec les tissus aussi longtemps qu'on le désire. Les solutions ont un effet plus rapide et plus énergique : la solution de sublimé corrosif est de toutes les jDréparations mercurielles la plus employée contre les taches du visage, l'acné et les diverses espèces de prurigo ; on se sert fréquemment des bains de sublimé, à la dose de 8 à 30 grammes ; mais ce moyen, comme le fait observer Devergie, demande une grande prudence, et doit être rejeté complètement dans les cas où une grande partie de la surface de la peau est dénudée de son épiderme, à cause des accidents qui peuvent résulter d'une trop prompte absorption du sel mercuriel. La même observ'ation peut s'appliquer aux pommades mercurielles, lorsqu'elles sont appliquées sur de larges surfaces et d'une manière prolongée.

§ 5. — Action dans les maladies de la peau.

Vouloir énumérer toutes les préparations qu'on a employées dans les diverses maladies de la peau, et toutes les applications qu'on leur a trouvées, serait une tâche aussi longue que fastidieuse ; nous nous bornerons à passer en revue les principaux cas dans lesquels les mercuriaux peuvent être utiles, et à signaler les formules principales.

— IGu —

hes éphélides, ou taches pigmentaires du visage, les taches de it)usseur sont souvent combattues par les applications mercuriellcs : M. le professeur Hardy a indiqué la formule suivante, qui agit surtout par le sublimé qu'elle renferme :

Eau distillée 125. grammes

Sublimé 0,50 centigrammes

Sulfate de zinc 2 grammes

Acétate de plomb 2 »

A.icool q- S- (pour dissoudre le sublimé)

Lotions répétées matin et soir.

On peut employer de la même manière Teau cosmétique orientale, qui n'est autre chose qu'une eaualbumineuse parfumée au citron et renfermant 1/1000" de sublimé.

Sous l'influence légèrement irritante de ces solutions, répiderme s'exfolie , tombe et se renouvelle avec rapidité ; la pigmentation diminue peu à peu, mais il est rare qu'elle disparaisse entièrement.

Si on veut faire disparaître rapidement les taches de rousseur, il faut avoir recours à des moyens plus actifs. Hébra indique le procédé suivant : Appliquer sur la peau, soigneusement lavée au savon, de petites compresses imbibées d'une solution de sublimé à 0,25 centig. pour 30 gr. d'eau et les laisser en place quatre heures ; la peau se rubéfie et se couvre de grosses phlyctènes que l'on perce avec une aiguille; les parties enflammées sont saupoudrées avec la poudre d'amidon; bientôt l'épiderme se dessèche, s'exfolie en lamelles brunâtres, et sa chute laisse à découvert une nouvelle couche épidermique de coloration normale.

Le prurigo, dans ses diverses formes, et les éruptions prurigineuscb ont souvent été traitées avantageusement

par les solutions de sublimé très étendues. 11 est probable qu'il faut en chercher la raison, dans la nature <ie ces affections qui, selon toute vraisemblance, est parasitaire ; on peut se demander cependant si l'action légèrement irritante du sublimé, en substituant une simple cuisson à la démangeaison insupportable qui est spéciale au prurigo, ne suffit pas à expliquer les résultats obtenus ?

Conti-e- le prurigo des parties génitales, Doyon conseille la solution suivante :

Eau distillée 100 grammes

Sublimé 1 »

Alcool q. s.

Une cuillerée à café de cette solution pour une lotion, qui sera faite avec ménagement, sans frotter, et qu'on renouvellera trois fois par jour.

Ce moyen n'est que palliatif. Béerensprung a vanté les bains de sublimé comme capables de guérir toutes les variétés du prurigo; mais Hébra, par des expériences, a, prouvé que les résultats diffèrent peu de ceux què donnent les bains simples.

Contre le lichen chronique et les démangeaisons •qu'il détermine, on pourra employer de même les lotions de sublimé à 0,10 ou 0,05 centigr. pour 300 gr. ; mais on n'obtient ainsi qu'un soulagement momentané. Pour faire cesser entièrement les démangeaisons, il est quelquefois nécessaire de modifier la vitalité des plaques lichénoïdes par une cautérisation superficielle; la pommade au protonitrate de mercure 0,05 centigr. pour 30 gr. d'axonge, remplit bien cette indication.

U herpès des parties génitales donne lieu fréquemment à de petites ulcérations très douloureuses et lentes

à cicatriser. A. Foiimier recommande de les saupoudrer ayec la poudre de calomel.

-Le traitement de V eczéma comporte rarement l'emploi des préparations mercurielles. Toutefois , dans l'eczéma chronique et localisé, M. le professeur Hardy emploie volontiers les pommades à l'oxyde rouge au calomel, au protonitrate de mercure, dans la proportion de 0,5 à O^hO centigr. pour 30 gr. d'excipient; Hébra, contre l'eczéma du mamelon, souvent très tenace, conseille les lotions avec la solution de sublimé à ,7/. Devergie, contre l'eczéma des parties génitales, se sert de la solution de sublimé très étendue (0,10 à 0,15 pour 500 gr. d'eau). M. Guéneau de Mussy donne la préférence au calomel à la dose de 1 gramme pour 60 grammes de glycérolé d'amidon.

A la période de déclin de Yimpèiigo, on pourra, d'après l'exemple de Rayer, employer les pommades au calomel, auprotoiodure, au protonitrate' et au deutoxy de de mercure. Les lotions de sublimé rendront aussi quelques services, surtout dans les cas tenaces d'impétigo du cuir chevelu.

Le sycosis arthritique réclame l'emploi des mêmes moyens, suivant Rayer, On emploiera les pommades résolutives au précipité blanc, au turbith minéral; dans les cas plus sérieux, on aura recours à l'épilation, suivie de lotions au sublimé. Après la guérison des pustules, il reste souvent des nodosités dures, qui ne se résolvent que très lentement; on pourra, suivant le conseil d'Iiébra, cautériser avec une solution très concentrée de sublimé.

Contre les ulcérations qui se montrent souvent dans l'impétigo scrofuleux des enfants, Hardy s'est servi avec succès d'une pommade composée de parties égales de

biiodure de mercure et d'axonge, et appliquée à chaud; il en résulte une cautérisation légère, qui stimule la plaie et hâte souvent sa cautérisation. Dans le même but, E. Vidal a préconisé, sous le nom d'emplâtre rouge, la préparation suivante :

Emplâtre diachylon 20 grammes

Minium 2 gr. 50

Cinabre 1 gr. 50 ^

Dans le psoriasis chronique, Rayer a recommandé, comme modificateur local, la pommade au précipité blanc, à h gr. pour 30. La pommade de Rochard, au deutoiodure de mercure mercureux, peut aussi être utile dans le même but ; mais on devra s'en servir avec précaution, car elle produit vite une inflammation excessive. M.Lailler a encore expérimenté la pommade au sulfocyanure de mercure, au 50' et au â5^ et celle à l'iodhydrargyrate de potassium à 1 et S pour 100. Ces pommades amènent souvent la disparition de l'éruption, mais beaucoup moins sûrement et moins rapidement que l'huile de cade ; leur seul avantage est de n'avoir ni couleur ni odeur, et à ce point de vue elles sont quelquefois utiles. Contre les plaques psoriasiques du front, qui forment souvent une espèce de couronne à la naissance des cheveux, on pourra employer de légers badigeonnages avec un pinceau imbibé de nitrate acide de mercure ; on aura soin d'absterger promptement avec une boulette de charpie mouillée d'eau froide (Doyon). La pommade au turbith minéral, à 1 ou S gr. pour 30, répond aux mêmes indications.

Dans les diverses formes de lupus, les topiques mercuriels rendent souvent de grands services, soit lorsqu'on cherche à modifier la vitalité des parties ulcé-

rées, soit quand on s'efforce d'amener la résolution des tubercules, soit enfin lorsqu'il s'agit de détruire les tissus dégénérés pour arrêter l'extension du mal.

Contre les lupus ulcéreux torpides, atoniques, à marche lente, M. Lailler emploie communément une pommade ainsi composée :

\xonge 99 grammes

lodure de potassium ~ n m

„ , . , ^ , aa 0,50 centigrammes

Deutoioaure de mercure \ .

appliquée quotidiennement sur les ulcérations bien débarrassées de leurs croûtes; cette pommade donne lieu à des douleurs assez vives et à une congestion marquée des téguments ; grâce à Firritation loca e qu'elle produit, les bourgeons charnus sont modifiés dans leur vitalité, les surfaces ulcéreuses, souvent grisâtres, fongueuses et indolentes, prennent promptement un meilleur aspect et marchent vers la cicatrisation. La même pommade peut être formulée au 50°, au 25" et même au 10" ; elle est alors très irritante et il est nécessaire d'en interrompre fréquemment l'emploi.

Dans les cas- de lupus tuberculeux non ulcérés, la pommade à l'iodhydrargyrate de potassium produit aussi de bons résultats, selon M. Lailler ; elle détermine sur les parties malades une abondante exfoliation épidermique, et entraîne souvent la résolution des nodules lupeux en favorisant le travail de résorption interstitielle. Dans les mêmes circonstances, Vidal emploie avec succès l'emplâtre rouge au cinabre, pour hâter la résolution des nodosités et amener la cicatrisation des ulcères.

Enfin le nitrate acide de mercure était autrefois, et est même encore, très usité pour cautériser et détruire les

lupus qui menacent de s'étendre vers les régions importantes, telles que les yeux par exemple; observons cependant que l'extrême facilité avec laquelle ce corps est absorbé et les accidents d'hydrargyrisme auxquels il donne lieu assez souvent, ont déterminé MM. Hardy, Courty et plusieurs autres observateurs à y renoncer.

Les ulcérations de la lèpre sont quelquefois modifiées avantageusement par le sublimé en solution faible, mais ce résultat n'est pas constant et il est loin d'égaler ceux qu'on obtient par d'autres topiques, aussi n'en parlons-nous que pour mémoire.

Il est difficile de déterminer quel est exactement le mode d'action des mercuriaux dans les différentes affections que nous venons d'énumérer. La théorie de l'irritation substitutive n'est que l'énonciation d'un fait. Pourquoi la phlegmasie artificielle guérit-elle la plilegmasie diathésique, spécifique ou traumatique? Nous l'ienorons.

cl;

Peut-être faut-il encore soupçonner quelquefois une action parasiticide ? On sait que M. Malassez a trouvé récemment des parasites dans le pityriasis capitis, et l'on peut supposer, d'autre part, sans tomber dans l'application abusive du panspermisme à la pathologie, que, dans les dartres humides, les liquides stagnant sous les croûtes forment un terrain éminemment favorable à la pullulation des vibrioniens, et que les mercuriaux peuvent aiîir en éloignant cette cause d'irritation.

Il est possible enfin que, dans ces circonstances, ces • agents n'agissent pas exclusivement comme topiques, car nous avons vu, et nous sommes revenu sur ce point à iDlusieurs reprises, qu'ils s'absorbent et agissent sur tout l'organisme, même dans les cas où ils ne sont que momentanément en contact avec le tégument (Gubler).

§ 3. — Action dans les maladies des yeux.

Les préparations mercurielles employées comme topiques dans le traitement des maladies des yeux paraissent jouir de propriétés pa rticulières et différentes de celles des autres astringents. L'expérience en pareille matière a fait jusqu'à présent plus que la théorie, et l'on sait fort bien que, dans certaines formes de conjonctivite, le sulfate de cuivre, dans d'autres le sous-acétate de plomb, dans d'autres enfin les mercuriaux présentent une efficacité plus grande, sans que l'on puisse saisir la raison de ces différences non plus que de celles qui font préférer dans tel ou tel cas donné soit le calomel én poudre, soit l'oxyde rouge, soit l'oxyde j amie de mercure, soit enfin le biiodure ou le deutochlorure.

A mesure que l'on s'éloigne, d'ailleurs, des parties superficielles de l'appareil de la vision, les topiques sont d'un usage plus restreint, l'action des myotiques ou des mydriatiques est au contraire plus importante, enfin l'intervention opératoire domine le traitement, et relègue au second plan ce que l'on peut appeler le traitement médical. C'est ce qui fera comprendre pourquoi, dans le court résumé qui va suivre et où ont été retracés les principales indications et les modes d'administration les plus importants des mercuriaux dans la thérapeutique des affections oculaires , nous n'ayons guère à passer en revue que le traitement des maladies des paupières et du bord ciliaire, de la conjonctive, de la cornée et enfin de l'iris.

Voici, suivant les maladies qui les réclament, quelles sont les indications principales des composés de mer-

cure, et quelles sont les formules le plus généralement employées dans leur prescription.

Affections Iraiimaiiques de Vœil (Spencer Watson) (1). Quand la cornée est lésée et que la pupille est maintenue dilatée par l'atropine, il suffit d'onctions mercurielles autour de l'œil. S'il y a iritis consécutive à mi hypopyon, on donne l'atropine et en môme temps un traitement mercuriel interne jusqu'à stomatite légère pour faire cesser les adhérences. Dans le cas de kératite, le mercure doit être abandonné. Spencer Watson rapporte deux cas de guérison par le mercure d'épanchements sanguins dans le corps vitré et d'hypopyon traumatique.

Blépharite pityriasiqiie . — Pour calmer les démangeaisons palpébrales, saupoudrer les bords libres, souvent dans la journée, avec la poudre de calomel porphyrisé.

Blépharite glandulo-ciliaire . — L'usage des pommades au précipité rouge est utile surtout à l'origine de la maladie, quand les bulbes ciliaires ne sont pas trop altérés et qu'il n'y a pas d'ulcérations trop étendues du bord libre des paupières. Les pommades de Lyon, de Desault, de Régent et d'Arlt, sont des pommades au précipité rouge additionné de doses variables d'acétate de plomb et de camphre (Régent), d'oxyde de zinc (Deval), de précipité blanc (Arlt). Voici deux formules recommandées pour cette pommade qui doit être étendue en couches minces sur le bord des paupières :

Précipité rouge 0,10 centigrariimes \

Acétate de plomb cristallisé .... 0,05 » ' i i •

^ - ;■ Galezowski

Axonge b grammes i

Huile d'amande douce 5 gouttes I

(I) Med. Times and Gaz. .Juillet 187G.

Précipitû rouge 0,15 centigrammes \

C^"^P'^^^ ^'^l . /' ' Desmarres

Huile d'olives 1 goutte A

Beurre lavé à l'eau chaude 3 grammes

Après la disparition ou ratténuation de la période inflammatoire, on pourra baigner les paupières avec la solution suivante :

Sublimé 0,05 à 0,10 centigrammes | ^jj^jj-gn^ic

Eau 240 grammes i

Notre ami, M. le docteur Haltenhoff, de Genève, fait grand cas du précipité blanc en pommade dans les blépliarites et pour combattre les engorgements des elandes de Meibomius. Il a vu, dans des cas rares il est vrai, des frictions palpébrales produire la diminution et même la résorption des chalazions.

Eczéma des paupières. — Les pommades les plus employées contre cette affection sont les pommades mercurielles :

Axonge 10 grammes j Hardy

Pi'otonitratc d'hydrargyre. 0,01 cà 0.03 centigrammes \

Calomcl 0,25 à 0,50 centigrammes | Q^^ezowski

Glycirulé d'amidon 10 grammes \

Alopécie des paupières. — On a recommandé, dès le début de cette affection, d'appliquer sur les sourcils malades des compresses trempées dans la solution suivante :

2c Eau distillée 100 grammes

Chlorhydrate d'ammoniaque 2 »

Sublime • • • • 0,01 centigramme

Conjojictivite phlyctéjuilaire. — « On projette, au moyen d'un pinceau, une très petite quantité de calo-

mel en poudre entre les paupières. Cette substance possède-t-elle une action spéciale, ou agit-elle simplement d'une façon mécanique ? On l'ignore. Dans tous les cas, elle abrège beaucoup la durée de la maladie.

Quant au précipité jaune, on l'emploie sous forme de pommade, ainsi composée :

Précipité jaune 1 gramme

Cold-cream — 10 »<

Avec la pointe d'un pinceau, on dépose au fond du cul-de-sac inférieur une très petite quantité de cette pommade (Abadie).

Pagenstecher et OalezoAvski emploient l'oxyde jaune d'hydrargyreàplus faible dose (0,â5 centigr. pour 6 gr., Galezowski; h gr. pour 30 gr., Pagenstecher.)

Pour éviter les récidives, si fréquentes, Donders a conseillé de continuer pendant cinq à six semaines les insufflations de calomel.

Ophthalmic purulente. — La nécessité d'avoir recours à une modification énergique et prompte des surfaces malades fait préférer le nitrate d'argent aux autres topiques, et s^aécialement aux mercuriaux, dans toutes les variétés d'ophthalmie purulente. Ce n'est qu'au moment où la sécrétion conjonctivale a presque entièrement cessé qu'il faut suspendre les cautérisations et revenir aux astringents. Le meilleur de ces moyens sera encore la pommade au précipité jaune dont nous avons tout à l'heure indiqué la formule, suivant M. Abadie. C'est à elle encore que l'on aurait recours pour modifier la muqueuse conjonctivale devenue granuleuse, dans certains cas où ces granulations ont entraîné le développement secondaire d'une kératite vasculaire. jNIais, pour peu que les granulations soient con-

flueiites et volumineuses, il faudra préférer l'emploi du sous-acétate de plomb liquide, additionné d'une égale quantité d'eau distillée, et employé en badigeonnages quotidiens.

Conjonctivite diphthèritique. — Plusieurs auteurs ont conseillé' l'administration des mercuriaux à l'intérieur et à l'extérieur dans la conjonctivite diphthèritique. C'est un moyen énergique, dit M. le professeur Bouisson. On prescrit le mercure sous forme de pilules de la façon suivante :

Calomel 0,30 à 0,05 centigrammes ) Q^lez-owski

Extrait gommeux d'opium 0,01 » \

F. s. a. une pilule; prendre 2 à 4 pilules par jour.

■ Aux enfants, d'après Galezowski, il ne faudrait prescrire que de 1 à S centigrammes de calomel, et cela toutes les deux heures, sous forme de poudre, sans opium.

Calomel 1 centigramme j ç.^^^^^^^.^^.,^

Sucre pulv 10 " '

Faire 12 paquets semblables ; donner 2 à 3 paquets par jour.

Chez les adultes, au lieu des pilules, on peut faire trois fois par jour, sous les aisselles ou dans les aines, une friction avec gros comme une noisette d'onguent

mercuriel double.

Dans les cas d'opththalmie diphthèritique purulente granuleuse, où l'œil ne peut supporter aucune cautérisation, et où la nécrose de la cornée est imminente, le calomel à l'intérieur, et les frictions mercurielles -au pourtour de l'orbite seront utilement prescrits conjonitement au traitement antiphlogistique le plus énergique. Voici la formule de l'onguent mercuriel belladone prescrit çn pareille occurrence

Onguent napolitain 10 grammes"

Extrait de Belladone 5 »

Kératite phhjcténulaire. — De même que la conjonctivite phlycténulaire, on la traite avec avantage par

l'emploi local : 1° des insufflations de calomel; par

la pommade au précipité jaune, au dixième (formule d'Abadie).

Kératites vasculaires . ~ Les inflammations, comme tous les troubles de nutrition de la cornée étant le plus souvent sous la dépendance de lésions conjonctivales, et surtout de granulations, les moyens qui sont d'un utile emploi dans le traitement de ces dernières seront mis à profit dans la thérapeutique des affections cornéennes secondaires. Ainsi nous avons dit plus haut que les kératites vasculaires sont modifiées avantageusement par l'emploi de la pommade au précii^ité jaune (oxyde jaune d'hydrargyre par voie humide).

Ici encore les dérivatifs sur le tube digestif sei'ont fréquemment mis en usage, et c'est encore aux mercuriaux et spécialement au calomel que la plupart des ophthalmologistes ont recours.

Dans ces affections, de même que dans celles plus superficielles ou plus profondes qui s'accompagnent de douleurs vives ou d'insomnie, lorsque la mydriase pupillaire étant indiquée, l'état congestif ou inflammatoire de la conjonctive contre-indiquera l'emploi de l'atropine, on aura recours avec succès à la pommade mercurielle morphinée et belladonée, suivant la formule que voici :

Onguent napolitain 10 grammes \

Extrait de Belladone 5 „ ( Desmarres

Laudanum de Rousseau.. . 1 „ [ „•

. \ pore

Axonge 5 „ )

HALLOPEAU. jjj

Chez les scrofulcux, les ulcères de la cornée et ses inflammations sont souvent entretenues , suivant Galezowski, par des éruptions de la face et des ulcères des narines. Il importe, s'il faut en croire cet auteur, de combattre ces complications au moyen de pommades mercurielles, ou de les saupoudrer avec la poudre de calomel. Il est possible en effet qu'il y ait, entre ces affections faciales et oculaires, non-seulement une relation de cause commune, mais aussi une relation directe par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs ou trophiques, et que le traitement de l'éruption faciale puisse ainsi modifier la marche de l'affection kératiqiie. \oici la pommade que l'auteur que nous citons recommande pour le traitement de ces ulcérations des narines :

^ , . -i ' 0 50 centigrammes )

Précipite rouge «.^^^ « § Galezowski

Camphre

Axonge fraiche ■ •• ^0 grammes

On préfère souvent au précipité rouge le précipité iaune préparé par voie humide, parce qu'il est en particules ténues qui facilitent l'action locale et la tolérance du remède. On l'emploie dans les kératites vasculaires superficielles, quand il. n'y a pas de conjonctivite, granuleuse ; on peut l'associer soit au glycerole d amidon, soit cà un corps gras. (Haltenhoff.)^

Alhuqo^ Leiicoma. - Dans les cas mêmes ou 1 opacité cornéenne est superficielle et peu intense, la resolution complète du travail inflammatoire du cote de^ la conionctive peut faire disparaître à la longue la lésion de la cornée. Les instillations de calomel, les pommades irritantes au précipité jaune , qui agissent sans doute en stimulant le mouvement nutritif de la cornée, devront néanmoins être employées très longtemps

avant d'amener ce résultat désirable et que l'on ne peut atteindre que dans les cas les moins, graves.

§ 4. — Action dans les maladies des fosses nasales, du larynx, de V oreille et de la vulve.

On peut modifier la punaisie, qu'elle soit d'origine syphilitique ou plilegmasique, par l'inspiration de poudres composées de 1 à 2 gr. dè calomel, pour 15 gr. d© sucre ou de 50 centigr. à 1 gr. de précipité rouge pour 15 gr. de sucre.

Des injections de sublimé donnent les mêmes résultats. Ce traitement sera secondé par des injections faites avec des solutions étendues de nitrate d'argent ou de sulfate de cuivre.

L'insufflation d'une poudre composée de sucre candi uni à un 15'' ou à un 20" de son poids de calomel combat avec avantage la larjaigite chronique.

Le mercure s'emploie contre les otorrhées, les phlegmasies dartreufees du conduit auditif, comme dans les maladies des fosses nasales.

Dans le prurit de la vulve, qui a tant de connexité avec les dartres, le sublimé et l'eau phagédénique jouissent d'une efficacité remarquable ,

Pour le sublimé, on prépare une solution de 10 gr. • de ce sel dans un demi-litre d'alcool. Puis on j)rend une cuillerée à café de cette solution qu'on met dans un demi-litre d'eau très chaude pour les solutions et les lotions. L'eau très chaude est fort importante, car Feau froide ne produit aucun effet.

L'eau phagédénique s'emploie aussi, mais clans une proportion moindre : un quart ou la moitié suffisent.

8 5. — Action dans les maladies de l'intestin.

Le calomel a été vanté par les Anglais dans toutes les variétés de diarrhée. On recommande dans la diarrhée féculente ou d'irritation d'abord un minoratil, puis le calomel à forte dose le soir, et le lendemain matin l'huile de ricin. Dans la diarrhée muqueuse, on peut associer le calomel à la poudre de Dower en les administrant le soir et l'huile de ricin lematm suivant. Le calomel serait contre-indiqué pour quelques auteurs dans la diarrhée séreuse ou bilieuse.

Chez les enfants, West, donne le mercure en nature associé à la craie préparée, hydrargyrumcum.creta de la pharmacopée britannique. Il 1 associe même a de petites doses de poudre de Dower. Meigs et Pepper ne sont pas favorables à l'emploi des mercuriaux.

Quant à l'entérite de* pays chauds, voici quelle est a son éaavA la pratique des médecins anglais

Après avoir appliqué un grand nombre de sangsues et mis des cataplasmes très chauds sur le ventre on administre vingt grains de calomel avec deux ou trois Sus d'opium" On recommence si les symptômes les Sus 'raves n'ont pas cédé complètement au bout de dix à doJze heures. Cette médication est adoptée depuis ?Ôn<.temps dans les Indes. Annesley la recommande Hns Ton es les affections inflammatoires de tous les dans toutes leb ^, , quand le calomel

viscères abdominaux. D ap. es m q ^^^^^

est administré après une sai-,nee ' ou générale, il maintient fréquemment laire à peu près au niveau auquel la saignée 1 a abaissée^ naussile grand avantage de d"-nuer l'.rri^bi^ d^^ l'estomac, si elle existe, mieux qu'aucun autie lemède,

et enfin d'agir comme un sédcatif du système nerveux et de disposer à un profond repos. D'autre part, il modifie le caractère morbide des sécrétions intestinales et leur prépare une expulsion facile par l'administration subséquente de purgatifs.

On insistera davantage encore sur les mercuriaux dans les cas d'entérite phlegmoneuse.

Si les sécrétions biliaires sont très-altérées, on pourra donner le calomel et l'opium deux fois par jour, et y ajouter même des frictions mercurielles répétées sur l'abdomen.

Dans ïeniérite chronique trop souvent négligée ou traitée d'une façon insuffisante, de larges doses de calomel données au moment du coucher et suivies de purgatifs aromatiques chauds ont rendu de grands services .

Les doses massives de calomel paraissent agir d'une façon tout à fait spéciale et favorable sur la matière tenace et épaisse qui semble obstruer le calibre de l'intestin ; il la dissout, la détache de la surface muqueuse à laquelle elle adhère et la prépare à être ensuite balayée par le purgatif qu'on va administrer. (Annes-

ley).

C'est la combinaison du calomel avec cette sécrétion . morbide et le mélange de la bile avec ces deux substances qui produit la couleur noir foncé on verdâtre ou vert brun des selles.

Nous devons mentionner enfin l'emploi du mercure métallique dans le traitement de l'ileus. On se propose d'agir ainsi mécaniquement sur l'obstacle. Cette pratique, ainsi que nous l'avons, vu, remonte à la plus haute antiquité et elle n'a jamais été complètement abandonnée. Zacutus Lusitanus (1575) faisait prendre

jiisqu'à trois livres de métal. La dose était généralement d'une demi-livre à une livre. Sydenham dit qu'on est autorisé dans un danger imminent à tenter cette médication. Nous ignorons si elle a jamais donné de bons résultats, mais nous pouvons affirmer qu'elle est pleine de périls, car nous avons trouvé, dans la littérature contemporaine, la relation de deux cas où elle a entraîné la mort, en amenant dans l'un la perforation de l'intestin, dans l'autre une intoxication mercurielle aiguë.

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