‹ Du Métayage ou Bail à Colonat PartiaireChapitre 76 sur 78 · EX · texte numérisé non relu

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même pour toutes les transformations propres à élever

le niveau de la valeur de lexploitation. -

| C’est ainsi que nous voyons réunis un moment ces deux facteurs de la production de la richesse : le capital et le travail. Il leur arrive souvent de se combattre :

c’est qu'ils n’ont pas appris à se connaître, qu'ils ont rarement vécu ensemble.

Le colonage convient, croyons-nous, à deux classes de propriétaires : à ceux qui ont des loisirs il procure des occupations agréables, à ceux qui veulent essayer des améliorations importantes, aux véritables agricul-

__ résultat cherché.

= Pour tous les propriétaires, le métayage, au point de vue social, sera d’une grande utilité; il les force à résider sur leurs terres et à y occuper leurs loisirs, à apprendre l’agriculture et à acquérir des connaissances professionnelles nécessaires pour avoir la confiance des paysans, à faire entrer dans leurs mœurs un dévouement aux classes ouvrières, trop souvent peu compris et méconnu, qui est cependant un devoir dont l’accomplissement est indispensable pour la bonne harmonie sociale.

Au colon le métayage permet l’utilisation des moyens que le propriétaire met à sa disposition en vue d’obtenir des rendements plus rémunérateurs. Nous avons vu que

le nombre des métayers possédant de petites terres, acquises au prix de leurs économies, allait croissant dans les contrées soumises au colonage. Olivier de Serres voulait que le métayer n’eût aucun bien au soleil, mais

des moyens à la bourse : il craignait que ce fût lune

concurrence fâcheuse pour la métairie. Nous estimons que si la propriété du colon est éloignée de la métairie

et que ce dernier la fasse cultiver par autrui, elle n’est

pour le bailleur la source d'aucun préjudice.

Les moyens à la bourse qu’Olivier de Serres souhai-

tait pour les métayers trouveraient de nos jours des placements plus nombreux que sous le règne d'Henri IV; mais, outre que les gens dela campagne ne sont pas à même d'apprécier la solidité des valeurs cotées à la Bourse, nous pensons qu'ils feront un emploi très productif de leurs économies en reprenant au propriétaire toutou partie deson cheptel : ils se procureront ainsi un capital qu’ils administreront eux-mêmes et qui ne manquera pas de les rémunérer largement ; il sera pour eux une source de crédit et pour le propriétaire un gage non moins qu’un encouragement à faire des avances à son associé.

Nous savons que notre contrat n’échappera pas aux difficultés de toutes les transactions économiques : le propriétaire ne manquera pas de réclamer des prestations pécuniaires ou en nature, des services corporels pour lui ou pour sa maison; il préférera les tenir de son métayer, pensant ainsi les obtenir de meilleure grâce que d'un étranger; ce sera pour sa vanité peut-être une forme modernisée, un souvenir lointain de l’'Hommage en retour duquel le colon recevra, à défaut de protection armée, une concession gracieuse de quelque objet utile pour lui ou sa famille.

SU

De son côté le colon ne manquera pas de grossir la difficulté des temps que lui a créée le bien-être du jour.

Il faut bien être et paraître comme tout le monde : il __ formera avec ses pairs, tantôt un mouvement d’opi- : :

nion, tantôt une société qu’une réminiscence de l’Histoire = du Droit nous invite à appeler faisible. À ces moyens il

devra d'obtenir, soit une plus forte proportion dans la

récolte, soit un numérateur plus important dans la fraction du croît lui revenant dans le cheptel. Ces difficultés d’ailleurs dérivent moins de la nature particulière du contrat de métayage que de la liberté des conventions “et de la loi économique de l’offre et de la demande. N'oublions pas non plus qu'il s’agit d’un partage de fruits, obtenu par l’association et dont le caractère a __ frappé le comte de Gasparin que nous citons pour la dernière fois : |

€ Il y a, dit ce savant agronome, il y a dans le principe du partage des produits entre le travailleur et le

capitaliste, une vertu secrète qui s'adapte merveilleuse

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LE À ERÈNE

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ment aux faiblesses de la nature humaine, qui fait taire la jalousie et la cupidité et qui semble particulièrement adaptée à la situation actuelle des peuples.

» Dans les pays à métairies, on ne voit pas cette fureur aveugle contre la propriété qui anime les esprits dans ceux à fermage : courir ensemble les mêmes chances, craindre les mêmes fléaux, se réjouir des mêmes événements, pleurer les mêmes pertes, c’est établir une confraternité qui ne laisse pas prise aux mauvaises passions ». (De Gasparin, Le Métayage, introduction, p. 3.)

ME PNCES

Le Préside nt de l'Acte PR Etes

R. BLONDEL. S | Nancy, le 25 avril 1896.

ds. et. at d'imprimer Nancy, le 25 avril 1896.

Le Recteur,

À. Gasquer.

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