‹ Du microscope, au point de vue de ses applications à la connaissance et au traitement des maladies chirurgicalesChapitre 9 sur 22 · ULCÉRATION. — GANGRENE · texte numérisé non relu

ULCÉRATION. — GANGRENE

Après avoir étudié la suppuration, la granulation et la cicatrisation, et constaté l’influence très-réelle des travaux micrographiques sur la connaissance de ces actes morbides , on est étonné que les recherches relatives cà Yidcéralion et à la gangrène n’aient pour ainsi dire abouti à aucun résultat. Peut-être faut-il chercher la raison de cette exception singulière, dans la nature de ces actes, qui, traduisant toujours un état de faiblesse générale ou locale, constituent deux modes , souvent associés quoique distincts, de destruction des parties vivantes.

L’ulcération etla gangrène, d’après M. Lebert, «reconnaissent pour dernières causes l’oblitération d’un certain nombre de vaisseaux qui deviennent imperméables , et ne sont pas

1 Vogel; Traité d'anat. palh. (jénèr., pag. 178.

2 Vogel; Ibid,, pag. 169.

remplacés par des vaisseaux de nouvelle formation. La nutrition , dès-lors , y devient de plus en plus incomplète , et les parties qui sont ainsi privées du suc indispensable à l’entretien de leur vie, tombent en un détritus (ulcération), ou se détachent par morceaux plus ou moins volumineux (gangrène).»

En ce qui concerne plus spécialement la gangrène, l’oblitération des capillaires en est un des premiers éléments , et «c’est peut-être en partie leur contenu diffluent, en voie de putréfaction, qui communique aux parties spliacélées la teinte brunâtre qu’elles offrent. Parmi les éléments de ce genre, ce sont les fibres qui s’altèrent le plus promptement , surtout les fibres cellulaires ; on les trouve mélangées à un liquide verdâtre , ou d’un brun noirâtre , dans lequel on aperçoit beaucoup de granules , beaucoup de parties minérales sablonneuses, amorphes, et de cristaux de formes diverses , parmi lesquels il y a quelquefois des feuillets rhomboïdaux de cholestérine. On y voit de plus une certaine quantité de vésicules graisseuses 1 . »

Je n’ai pas besoin d’insister pour montrer combien sont vagues de pareilles indications. La gangrène, nous voulons bien le croire , est précédée d’oblitération des capillaires , quand elle succède à l’inflammation ; mais nous ne saurions admettre qu’une pareille circonstance puisse influer sur le développement des gangrènes spontanées et surtout de celles qui sont spécifiques. Quant à l’ulcération, nous pensons que la prétendue oblitération des capillaires est une pure assertion dénuée de preuves.

1 Lebert ; Physiol. pathol., tom. I, pag. 93.

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