‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 16 sur 77 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

58. La dissection des injections destinées à être vues au microscope doit être faite sous l'eau , ainsi que toutes les dissections faites à l'aide de cet instrument, à quelques exceptions près.

Il faut faire une étude assez longue de chaque injection avant de savoir si elle est réussie ou non, et il faut étudier ainsi plusieurs injections du même tissu. Il faut, comme pour l'étude des éléments anatomiques à l'aide du microscope, faire son éducation sous ce rapport avant de savoir distinguer ce qui est utile de ce qui n'a aucune importance. On ne peut pas non plus, dès la première vue, distinguer les plans divers des capillaires superposés.

Ce qui frappe d'abord, c'est la teinte générale de la pièce suivant la couleur employée , et ce n'est qu'à la longue qu'on apprend à reconnaître les faisceaux des tissus, les lobules glandulaires, etc., et la distribution, les flexuosités des vaisseaux qui les accompagnent ou les couvrent. De même pour les muqueuses, les ondulations, les anastomoses des capillaires, leur dislribu- lion au pourtour des orifices glandulaires, ces orifices eux-mêmes, etc., ne peuvent être bien étudiés qu'aulanl

Éfi DES MOYENS ^EXPLORATION EN ANATOMIE GENÉltALE.

qu'on met plusieurs heures, quelquefois plusieurs jours à les examiner. Aussi il est rare que les injections que l'on montre en passant soient bien interprétées, quand déjà ceux qui les voient n'ont pas encore l'habitude d'en examiner; il est rare aussi qu'il leur reste aulre chose que le souvenir de l'élégance des réseaux colorés.

39. Les dissections des tissus injectés se font surtout à l'aide des ciseaux, des pinces et des aiguilles droites ou courbes (pl. I, fig. 8 et 9). Il est souvent plus utile de procéder par tractions lentes et graduelles que par section, parce qu'on ménage beaucoup plus les vaisseaux. Le microlome de Straus (pl. I, fig. 10) est ordinairement très utile pour ces dissections, à cause de la précision avec laquelle on coupe tel ou tel filament, sans que la main tremble et dérange la préparation.

Les pinces dont il faut se servir sont, ou des pinces fines ordinaires droites, ou courbes de champ (fig. 3 ). Dans beaucoup de circonstances, les pinces à talon élargi, de manière à ce que les pointes prismatiques et aiguës ne dévient pas, sont indispensables. Il faut en avoir de droites (Gg, 4,

b) ; d'autres courbées sur le côté (fig. 4,

c) ; d'autres droites, différant des premières par leurs pointes effilées comme des aiguilles (fig. 4, c) : celles-ci permettent de saisir les parties les plus fines en ne masquant qu'une très petite étendue du champ du microscope ou de la loupe.

Pour étudier les muqueuses, il faut d'abord eu laver la surface par un filet d'eau qui en enlève le mucus, et

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ordinairement l'épithélium. Celui des muqueuses laryngiennes , trachéales ^. ,

c Fig. 4.

et des grosses bronches, donne plus de peine à être enlevé que les autres. Dans les parties où il reste , il gêne l'observation et fait paraître les vaisseaux tapissés d'un voile grisâlre.

Dans l'élude des glandes et autres parenchymes, il ne faut jamais se contenter d'examiner la surface, mais il faut poursuivre les vaisseaux le long des conduits glandulaires, ce qui constitue la partie la plus difficile des dissections de ce genre ; mais les procédés à suivre pour cela ne présentent rien d'assez invariable pour qu'il soit utile de le signaler, chacun s'ingéniant à sa manière pour arriver au but.

40. Les injections une fois faites, et disséquées de manière à en avoir de bonnes préparions, peuvent être conservées de plusieurs manières. Beaucoup d'entre elles doivent être étalées sur des plaques de verre noir couvertes de térébenthine de Venise ou de baume du Canada, et l'on recouvre le tout d'une autre plaque de verre transparent. On peut, au lieu de verre noir en employer du blanc, et pour examiner la préparation, on

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la placé sur de la cire nu du drap noir, nu d'autre couleur, suivant celle qu'où trouve plus convenable. Les préparations relatives aux injections du placenta, aux muscles, à un grand nombre de glandes, peuvent être conservées ainsi. Certaines membranes, comme la peau, le péritoine, la plèvre, peuvent être desséebées simplement et recouvertes ensuite de vernis à l'alcool première qualité.

Cependant pour beaucoup de tissus, les procédés précédents présentent plusieurs inconvénients. Ainsi, pour les muqueuses qui ont des villosités, pour celles qui, sons en avoir, présentent de petits bourrelets caractéristiques autour des orifices glandulaires, et pour quelques glandes, comme la thyroïde, la dessiccation ou la conservation entre deux plaques de verre déforment ou font disparaître ces particularités. Il faut, par conséquent, les conserver simplement dans l'alcool étendu, et à chaque observation on les place dans l'eau. Dans diverses circonstances que l'usage amène à connaître, il est bon d'avoir pour les mêmes choses des pièces conservées ainsi , el d'autres desséchées et placées entre deux lames de verre, parce qu'alors certaines particularités pouvant être mieux vues de celle manière, on sacrifie les autres pour elles.

41. Il faut toujours avoir soin, en donnant les diamètres d'un vaisseau, d'indiquer si la pièce est desséchée, si elle est injectée et conservée dans un liquide , ou si c'est sur un capillaire non injecté qu'on a pris les mesures; car la dessiccation, ainsi que nous l'avons déjà dit, détermine un rétrécissement des vaisseaux. Les parois s'appliquent sur la matière à injection, celle-ci diminue d'autant plus de volume qu'elle est plus liquide

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