‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 15 sur 77 · OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

OPÉRATOIRE

54. Le vaisseau qu'on veut injecter étant mis à nu , il faut y introduire la canule, après l'avoir incisé dans une partie de sa circonférence. On peut, pour en faciliter l'introduction, la remplir par un mandrin de bois conique à son extrémité, qui fait saillie au dehors el qui écarte les parois de vaisseaux revenues sur elles-mêmes ; pour les petites canules, il faut un mandrin de métal , ceux eu bois, étant trop fragiles, se brisent très facilement.

Comme il est très important de ne pas pousser d'air dans les vaisseaux , parce que ses bulles ne pouvant traverser les capillaires en déterminent la rupture, il faut, quand on ne met pas de mandrin dans la canule, la remplir préalablement d'eau ou d'essence de térébenthine ou de la couleur qu'on veut injecter. Ce liquide reste sans s'écouler, quand on met un bouchon à l'extrémité de la canule qui doit s'adapter à la seringue (pl. I, fig. 4). Lorsqu'on ne prend pas cette précaution d'avance, il

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faut, avant d'y fixer le porle-canulè , faire couler du liquide goulte à y ou l le dans ki canule liée déjà au vaisseau, jusqu'à ce qu'elle soil pleine.

Il faut, en général, passer deux (ils au-dessous de la canule, afin de lier au delà, dès que l'injection est finie, et empêcher le retour, ou si le premier fil casse, le second le remplace. La ligature doit être faite avec précaution, de manière à ne pas trop couper les parois du vaisseau, celles des artères surtout. Le fil qui a servi à lier la canule devra être ramené en arrière et lié sur l'oreille de celle-ci (pl. I,fig. 4) pour empêcher qu'elle ne sorte du vaisseau.

55. Après s'être assuré que la seringue ne contient pas d'air, et l'avoir fixée sur la canule, il faut pousser l'injection. Une des principales conditions pour qu'une injection des capillaires réussisse bien, c'est de pousser avec lenteur et d'une manière égale, afin de distendre les vaisseaux sans les rompre. Lorsqu'on a reconnu que la matière colorante a pénétré jusque dans les capillaires du premier ordre de vaisseaux par lequel on a commencé l'injection, on recommence de la même manière pour les autres. Peu importe , du reste, l'ordre de vaisseaux par lequel on commence. Néanmoins, comme le volume cl le nombre des veines gênent pour lier les artères , c'est en général celles-ci qu'il faut remplir en premier lieu.

Quel que soil l'organe qu'on injecte, il faut toujours une heure et demie à deux heures pour chaque système de vaisseaux. Toutes les fois que l'on veut aller plus vile, ou bien l'injection ne réussit pas de manière à avoir les deux matières en contact l'une de l'autre dans les capillaires, ou bien il survient des ruptures.

42 DUS MOYENS d'exploration én ànatomie générale.

On s'apèrÇôil facilement qtrâhd sfirvîènl cel accident à la diminution Hrûsrjite de l'obstacle que l'on éprouve à l'aire avancer le piston dans la seringue, et à sa ttlarche rapide, landis qu'auparavant elle était lente et graduelle. Lorsqu'on voit l'endroit où se fait la rupture, si elle n'a pas lieu sur le troue principal , on oblitère la br a fiche rompue avec une pince à pression continue. Si la fuite a lieu par de minces capillaires qu'on ne peut ni cautériser ni pincer, on peut conlinuer l'injection qui ne réussit pas moins pour cela ; seulement il faut perdre une partie de la matière et pousser pendant plus longtemps, parce que, dès que survient une fuite, une partie de la force employée se perd à chasser l'injection par celle issue, et diminue d'autant la pression exercée auparavant sur les capillaires. Aussi la marche de l'injection dans ces vaisseaux diminue aussitôt de rapidité.

Lorsque les épanchements ne se font pas par des capillaires proprement dits, cas où ils laissent la matière à injection s'infiltrer dans les tissus , on les dislingue immédiatement parles petites bosselures qu'ils forment et la manière dont ils soulèvent les membranes. Ces petites bosselures, mamelonnées, d'un aspect particulier, se forment souvent sur une surface assez étendue au-dessous des séreuses, fibreuses, etc., qui les laissent voir par transparence, ou dans les interstices des muscles, le long des nerfs, etc. Si la pression vient à être exagérée, ou si l'injection arrive dans un endroit où les faisceaux de fibres du tissu cellulaire offrent moins de résistance, au lieu de peliles locules séparées incomplètement par ces derniers, il se forme un épan- chement plus ou moins volumineux ou arrondi. Dans

E^deîqîre cas que ce soil, il est toujours assez facile de reconnaître que c'est un accident de l'injection et non quelque chose de régulier, pour ne pas être obligé d'insister davantage sur ce point. Dans les cas même où il s'agit d'un tissu érectile, les aréoles ou lacunes circonscrites par les trabécules de ce tissu se distinguent toujours de ces épancheraenls par plus de régularité dans leur ensemble, et par un aspect tout spécial qui ne peut guère être décrit.

56.11 est toujours facile, en faisant une injection, de la réussir quand on ne s'inquiète que d'un seul ordre de vaisseaux, parce qu'alors il suffit de pousser fort él longtemps, et le liquide qui pénètre par les artères revient parles veines. Mais comme on ne fait pas les injections pour remplir le plus de vaisseaux possible d'un seul ordre, mais bien pour étudier comparativement la distribution de chacun d'eux, il n'y a pas un grand mérite à rougir toutes les surfaces d'un animal avec du vermillon poussé dans les artères, ou à le bleuir en poussant de l'indigo dans les veines, puisqu'on ne peut plus étudier la disposition réciproque des vaisseaux. On fait de la sorte de belles injections, mais elles ne sont pas bonnes pour le but qu'on doit se proposer en les faisant. Il est vrai qu'on parvient avec un peu d'habitude à distinguer à l'aide du microscope les artères des veines, même remplies d'une seule couleur; mais dans nombre de circonstances on peut se tromper, et l'étude faite ainsi est très difficile.

Il faut, il est vrai , quelquefois étudier les artères injectées seules et les veines aussi, mais à la condition précisément que la matière n'aura pas passé des unes dans les autres. Aussi, les injections dans lesquelles

on a louU'cmpli parles mêmes vaisseaux n'uni rien de caractéristique, ni d'inslruclif, parce qu'on ne voil que des surfaces chargées de réseaux , sans distinguer ce qui est artère de ce qui est veine.

57. La principale difficulté des injections est de remplir également les deux ordres de vaisseaux dans les limites de leur capacité , jusqu'à ce que les deux matières se louchent dans les réseaux capillaires. Celle difficulté est d'aulanl plus grande, que l'habitude seule conduit à savoir quand il faut s'arrêler de pousser dans un vaisseau pour injecter l'autre , sans qu'on puisse rien dire qui serve de guide. Aussi faut-il toujours s'attendre à manquer deux ou trois injections avant d'en réussir une; plus ou moins suivant les organes et l'habitude qu'on a déjà. Toujours aussi, à cô.té de parties bien réussies, on en trouve qui ne le sont pas, soit à cause de rupture, soit à cause de la transsudalion du suif à travers les parois capillaires, ce qui empâte le tissu, soit par les causes déjà indiquées plus haut ou d'autres dont on ne se rend pas compte.

Très souvent l'aspect extérieur des surfaces ou leur examen à la loupe font croire que l'injection est bien réussie, mais le microscope montre qu'il n'y a que les principaux capillaires de pleins et que les réseaux ne le sont pas ou îe sont très imparfaitement. Mais ces injections mal réussies peuvent toujours être uliliséés en ce qu'elles permettent d'étudier la disposition des principaux troncs capillaires, comparativement aux réseaux qui, lorsqu'ils sont pleins, masquent les précédents.

Les bonnes injections sont la partie la plus difficile de l'art analogique, surtout au point de vue de l'analomic générale; mais il ne faut pas aller jusqu'à se

figurer, comme le fonlqùelques personnes, même parmi celles qui font de belles injections, que chacun ne peul en faire aillant. Le principal en cela, comme pour le microscope et beaucoup d'autres points d'analomie, est de mettre le temps nécessaire à l'accomplissement de toutes les conditions qu'exige la réussite du travail.

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