‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 2 sur 77 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Les sept premiers paragraphes de cette préface renferment l'exposé : l°De la division de l'anatomie en cim| branches naturelles ; 2° du groupement des trois premières pour constituer l'anatomie générale et de la manière dont elles ont été envisagées depuis Bichat ; 3° du sujet dont chacune doit traiter, et comment elles se subdivisent. Les autres paragraphes contiennent l'énoncé des matières qui font le sujet des deux parties de ce livre; parlies que l'état actuel de la science rendait indispensables pour aborder l'étude de l'anatomie générale. Néanmoins les sections qui concernent le microscope et les injections ont été traitées spécialement de manière à en permettre l'application à toutes les autres branches de la science des corps organisés, et surtout de l'art médical. Il eût été difficile de les Iraiter d'unemanière satisfaisante sans les envisager ainsi sous tous leurs points de vue principaux.

§ I. Le corps de tous les êtres vivants, végétaux ou animaux, et de l'homme en particulier, se compose d'appareils; chacun d'eux est chargé de remplir une des grandes fonctions de l'économie (appareils locomoteur, respiratoire, digestif, de la circulation , de la génération , etc.).

Les appareils sont formés par des organes de différentes natures, jouant chacun leur rôle dans l'appareil qu'ils concourent à former , cl dans le but d'accomplir

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la fonction qu'il esl chargé d'exéculer ( muscle biceps, artère numérale ; feuilles, élamines , ovaires; testicules, etc.).

L'ensemble de toutes les parties, analogues entre elles quant à l'aspect extérieur, à la composition aualomique et aux fonctions , constitue ce qu'on appelle U!i système d'organes, ou simplement un système (systèmes musculaire, nerveux, osseux, cellulaire, fibreux végétal et animal; médullaire végétal et animal ; épt- (hélial végétal et animal ; vasculaire artériel, veineux , lymphatique, etc.). II entre, comme on le voit, dans chaque appareil des organes appartenant à plusieurs systèmes différents.

On donne le nom de tissu à la substance particulière qui compose les parties de chaque système. Ce nom vient de ce que beaucoup de tissus sont composés de filaments diversement réunis et entrecroisés comme 0m les lils des étoffes ou tissus. Il y a des organes qui sont composés par des substances compactes plus ou moins homogènes, comme les os et les cartilages, et non filamenteuses; on a néanmoins conservé le nom de tissus à ces substances. Il entre toujours plusieurs tissus dans la composition de chaque organe, niais il y en a toujours un qui prédomine ; les autres ne sont qu'accessoires et disparaissent mémo quelquefois coniplétement. Les muscles, par exemple, sont toujours formés de tissu musculaire, de tissu fibreux ( tendons ou aponévroses), de t/h&it cellulaire, etc. Or, il y a des animaux, comme les insectes, etc., chealesqucls ce dernier tissu disparaît ; et il y a des muscles de l'homme et autres vertébrés qui n'ont ni tendons ni aponévroses. L'élude anatoimiquede chaque système consiste à pour-

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HUWM sm ccssiveii eiiL, en le considérant dans son enttUlIfift chaque tissu partout où il se trouve, soit qu'il l'urine des organes distincts , comme la plupart d'entre liiix; soit qu'il n'en l'orme pas à proprement parler, comme les tissus cellulaires et adipeux.

Tous les tissus sont formât soit de lilamenls ou libres et de tubes, soit de corpuscules particuliers désignés sous le nom de cellules, parce que souvent ils présentent la disposition morphologique indiquée par ce mot ; soit enfin de substances homogènes parsemées de corpuscules particuliers, connue ceux des os ; de granulations diverses, et même de libres et de cellules , comme les cartilages, fibro-cartilages, etc. Ces fibres, tubes, cellules, granulations, corpuscules , ont reçu d'une manière générale le nom (Vêlements organiques ou anafomiqucs. Un leur a quelquefois donné le nom de tissus simples. Mais ce mol, employé par des ailleurs qui ne se faisaient pas une idée nette de ce que sont les éléments anatomiques cl les lissus . doit être rejeté. Car les éléments ne sont pas des tissus , ils peuvent et doivent être étudiés à part; el c'est en se réunissant en grand nombre avec d'antres, suit de même espèce, soit d'espèce difiérenle , qu'ils forment des tissus. Un ou deux éléments restant les mêmes peuvent, en prenant une texture, c'est-à-dire un arrangement réciproque différent, former plusieurs lissus distincts. Ainsi, les séreuses, le tissu du derme, le tissu du <Jarlos, sont formés des mêmes éléments anatomiques, mais présentant une texture, un arrangement réciproque différent. Il faut aussi tenir compte des différences dans les proportions n'es éléments, dans ces lissus distincts formés des mêmes éléments anatomiques.

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Ainsi , \° l'élude des appareils, 2° celle des organes, 3" des systèmes, 4" des tissus, 5" des éléments anatomiques ou organiques, telles sont les cinq branches bien distinctes , quoique forcément liées intimement l'une à l'autre, qui constituent Yanatomie, ou si l'on veut qui en forment les cinq divisions naturelles.

§ II. L'analomie descriptive des appareils est la première qui ait été faite; elle fut bientôt suivie de la description des organes, ou analomie descriptive proprement dite. Jusqu'à Bichat, ce furent les deux seules branches de l'analomie qui attirèrent l'attention des médecins, et la dernière surtout les occupa presque exclusivement pendant longtemps.

Imparfaitemenlébauchées, et surtout nullement rattachées aux deux parties précédentes, l'étude des systèmes et celle des tissus furent créées par Bichat , comme branches, comme parties constituantes de l'analomie. C'est même à lui qu'on doit la création du mol élément organique ou analomique, pour désigner les parties des corps organisés dont il ne croyait pas qu'on pût pousser l'analyse plus loin , autrement que par les procédés chimiques, mais qui pourtant étaient encore des tissus complexes.

L'imperfection, à l'époque où il vivait, desinslrumenls nécessaires à l'élude des éléments organiques qui constituent réellement nos tissus, lui fit rejeter trop exclusivement, mais non pas tout à fait sans motifs , les premiers essais en ce genre de Leeuvenhoeck, deMuys,de Fonlana et autres. Celte dernière branche de l'analomie ne fut réellement instituée comme telle qu'à l'époque (1816) où Treviranus montra que les prétendus tissus simples, ou éléments analomiqucs , étaient formes, les

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