‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 3 sur 77 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

uns de cylindres ou libres , les au 1res de globules , les autres enfin de matière homogène ou amorphe. Développée rapidement par de nombreux travaux, ce n'est que dans ces derniers temps qu'elle a mérité de prendre place à côté des autres parties de l'anatomie, grâce aux perfectionnements du microscope.

Bichat a traité des deux premières parties de l'anatomie sous le nom ftanatomie descriptive, delà troisième et la quatrième sous le nom ^anatomie générale. C'est qu'en effet les tissus et les systèmes se trouvent répandus dans tout le corps, et étant partout à peu près les mêmes, étudiés dans un point quelconque du corps, ils donnent nécessairement lieu à des considérations qui sont générales, qui s'appliquent à ce tissu ou cesystème considérés dans l'économie toutenlière.

Il en est de même, à plus forte raison, pour les éléments analomiques. Aussi, tant que l'on continuera à partager l'étude de l'anatomie en deux parties distinctes , les trois sujets intimement liés l'un à l'autre qui constitueront toujours l'anatomie générale sont : l°l'élude des éléments anatomiques, 2° celle des tissus, 5° enfin celle des systèmes. Il faut reconnaître néanmoins que celte séparation , entre l'anatomie générale et les deux autres parties formant l'anatomie descriptive, peut-être encore nécessaire, vu l'état d'imperfection où se trouvent quelques unes de leurs subdivisions , est essentiellement vicieuse en ce qu'elle tend souvent à faire croire que l'une d'elles est moins indispensable que l'autre.

Bichat le premier a envisage ranatomie dans son ensemble en traitant successivement des appareils, des orgatiies , defc systèmes, et des tissus. C'est à lui qui

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l'on doil la première étude systématique «le ces deux dfifiiîèrçs parties de l'analoinic.

Dons l'étude de cette science, il a toujours su se tenir au point de vue philosophique, avec une énergique supériorité d'intelligence , en employant successivement l'observation, l'expérimentation et la comparaison pour arrivera son but; et cela avec bien plus de rigueur scientifique, malgré son point de départ purement médical, que ne l'avaient fait ses prédécesseurs et surtout les savants qui lui ont succédé.

La comparaison en biologie est un mode intellectuel d'exploration qui doit être employé successivement sous les cinq chefs suivants : 1° comparaison des différentes parties d'un même individu entre elles ; 2° comparaison suivant les sexes; 5° comparaison des différentes variétés ou des races d'une même espèce entre elles; A" comparaison de chaque partie successivement aux différentes périodes de leur développement, c'est-à-dire suivant les âges ou an point de vue de la série embryogénique, et o° comparaison de chaque partie avec 1rs mêmes choses dans la série de tous les êtres organisés. Si l'on excepte ce dernier point de vue, que Bïchat a trop négligé, on verra que c'est à lui qu'on doil l'introduction méthodique, en anatornie, de ces points fondamentaux d'exploration qu'il a poussée aussi loin qu'il élail possible, à son époque, et nécessaire à son sujet. Toujours aussi il les a fait suivre de la comparaison au point de vue pathologique, qui, après l'état normal, doit être reprise ensuite successivement sous les cinq chefs précédents, toutf s los fois que chacun d'eux le peniwl.

Bidiat aussi le premier, outre ses travaux sur h>> points fondamentaux de la physiologie, a donné le plan

PREFACt. XJ

de celte science le plus parfait, sous tous les rapports, qui ail été M]. Il n'a jamais eu besoin que de recevoir les additions et modifications , peu importantes au fond, nécessitées par les progrès successifs des sciences. Il faut remarquer que ces divisions de l'analomie et de la physiologie une l'ois méthodiquement instituées par rappoilà l'homme seul, s'appliquent aussi bien à tous les animaux chez lesquels il n'est besoin que de les simplifier successivement au fureta mesure que les appareils, les organes, les systèmes, les tissus, etc., se simplifient et même disparaissent. Des animaux aux végétaux il n'y a de plus enfin qu'une simplification encore plus grande, sans modification essentielle du plan tracé par Bichat.

La comparaison est un moyen d'exploration , c'est une partie de la méthode. C'est un moyen par lequel nous cherchons à connaître par l'élude des organes des êtres les plus simples la structure des mêmes parties chez ceux qui oui une organisation plus compliquée. Il ne faut par conséquent pas considérer l'analomie comparée comme une science à part, distincte de toute autre espèce d'anatomie qu'on se croirait en droit d'instituer. Aussi l'institution de l'analomie comparée telle qu'elle a été faite, e*esl-à -dire n'envisageant que les organes sans avoir égard aux éléments analomiques, tissus et systèmes, ni même aux appareils considérés à part, et sans avoir pour but, d'une part, la connaissance de la physiologie et, d'autre part, la connaissance plus exacte de l'homme, est loin d'être un progrès aussi important qu'on est généralement porté à le croire. Elle e, en effet, tendu à disperser sans "idic ni méthode les efforts des anatomistes, el fait

S'IJ riUCKACK.

jusqu'à ces temps derniers méconnaître presque oompléteuient la coordination si philosophique de l'analomie et de la physiologie établie par Bichal, et l'importance des branches de ces sciences qu'il a fondées.

Si maintenant, nous plaçant à un point de vue élevé, nous prenons suffisamment en considération que les changements relatifs à la méthode sont, d'une part, les plus difGciles à introduire, et sont, d'autre part, ceux qu'on néglige ou qu'on abandonne le plus facilement ; si enfin nous considérons que nul, comme Bichal, n'a envisagé d'une manière aussi complète et aussi méthodique les branches de la biologie, nous reconnaîtrons sans peine qu'à ces divers litres, et à bien d'autres encore moins généraux , il doit tenir le premier rang parmi les savants modernes.

§111. Voyons maintenant quel compte a été tenu des progrès que Bichal avait fait faire à l'anatomie, au point de vue de la doctrine et de la méthode, par les anal omis tes qui lui ont succédé , tant parmi ceux qui se sont bornés à l'élude de l'homme, que parmi ceux qui ont étendu leurs recherches à tous les animaux.

Parmi ces derniers, ni Meckel ni Cuvier n'ont envisagé l'ensemble des parties de l'anatomie telles queBichat venait de les coordonner. Méconnaissant l'importance de ce progrès, ils n'ont étudié autre chose que les organes et les appareils à la fois, et même assez confusément, tandis que toujours Bichal fail précéder l'étude des organes de celle de l'appareil que ceux-ci constituent. Quant aux systèmes et aux tissus, leur élude est complètement négligée ; du moins si çà et là on trouve quelques considérations sur eux, on reconnaît par le peu d'iniporlanec ét le peu d'étendue qui

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leur esl donné , et par l'absence de relations établies entre ces branches et les autres parties de l'anatomie, que les auteurs précédents n'ont pas senti que c'étaient là autant de parties d'un tout, qui, à l'exempte de ce que faisait Bichal , auraient dû recevoir des développements proportionnés à leur importance. La connaissance des éléments analomiques n'étant guère plus avancée à leur époque qu'à celle de Bichal, il n'y a rien d'étonnant qu'ils aient comme lui omis d'en faire l'histoire; mais on ne saurait s'expliquer comment ils ont pu méconnaître la valeur philosophique des travaux du véritable créateur de l'analomie comme science.

Le même reproche, sur le peu d'importance donné à l'histoire des appareils, peut être fait aux auteurs modernes d'analomie descriptive. La description, minutieuse jusqu'à l'excès, de chaque organe attire toute leur attention; mais parmi les appareils, celui de la digestion esl à peu près le seul qui soit décrit proportionnellement à son importance. Et pourtant qui pourrait mettre en doute l'importance d'une description méthodique des appareils? N'est-ce pas de toutes les branches de l'analomie celle qui esl le plus immédiatement en rapport avec la physiologie, anatome animata? Comment aborder l'étude de la physiologie, si, après avoir étudié successivement les éléments analomiques, les tissus qu'ils forment, les systèmes el les organes, on n'a pas présente à l'esprit la disposition exacte de chaque appareil formé par la réunion d'organes de diverses natures ?

Celle lacune serait comblée depuis longtemps, si les analomistes avaient, davantage présent à l'esprit que

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l'analomio est Huditie dans le bul d'arriver à la connaissance de la physiologie ; celle-ci pour apprendre à eoauuitre les allôral ions îles fonctions on pathologie, et que l'élude de celte dernière est fuite pour apprendre à guérir ces altérations. Aussi ne trouvant pas dans les Irailés d'aualomie de notions sulïisantes .sur les appareils , sui' le mode de groupement des organes divers qui les constituent, les physiologistes sont-ils forces d'empiéter sur l'anatomie et de faire précéder, dans leurs traités , l'élude de chaque fonction d'un expos»' anatomique sur l'a p pn reï 1 chargé de l'accomplir.

Quant aux auteurs qui de l'anatomie générale ont fait l'objet de leurs recherches spéciales, ils ont encore méconnu davantage la marche si rationnelle el si vraie suivie par Bichal. Ainsi, Meckel et Béclard négligent d'établir de quelle manière l'anatomie générale se lie à l'anatomie des organes et à celle des appareils, ou anatomie descriptive proprement dile ; puis l'un fait, sous le nom de système», à la l'ois l'histoire des systèmes et des tissus sans distinction , et l'aulre Irai te le même sujet en se borna ni à intituler ses chapitres par le nom des tissus. Aussi l'influence de leurs ouvrages a l-elle élé plutôt rétrograde que progressive, el depuis lors l'élude de l'anatomie générale, du moins en Fi ance, a élé singulièrement négligée, au point qu'il est actuellement regardé à peu près comme indifférent de l'étu dier ou de ne pas l'étudier. Actuellement savoir l'auatonne consiste par-dessus tout à connaître les insertions des muscles, la direelion de leurs libres, l'élégance de l'épanouissement d'un tendon, le nombre des ramifications d'un nerf ou d'une artère, leurs inflexions, etc., et cela pour tous, sans distinction', qu'il soit ou non

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iTcomitl (jir'H y ;i tttWMfi au point île vue physiologique ou chirurgical. D'où l'aridité de celle espèce d'atfatotuie qui,faile ainsi sans direction physiologique, allirail déjà les reproches judicieux el énergiques de Bichat. « Il Tant l'avouer, la nature esl repoussante » lorsqu'on la inoulre revêtue de ces formules minu- » lieuses, où chaque organe ne se présenle à vous que » géoméli iquemenl entouré d'angles, «le laces et de » bords, etc.; dû nulle saillie, nul enfoncement, nulle » libre presque, n'échappent à la description ; où tel esl » le nombre des divisions et subdivisions, qu'il est plus » long souvent de les énoncer quç de décrire les objets ». qu'elles doivent classer. Semblables à ces peintures » où l'on ne dislingue rien à force d'y trop voir, de » telles méthodes deviennent confuses à force d'être » exactes : elles tuent le, génie sans soulager la mé- » moire.

» Qu'importent d'ailleurs ces détails descriptifs exa- » gérés ? La physiologie n'en lire aucun secours, puis- » qu'elfe ne s'occupe que des rapporls généraux. Les » fonclionsil'un muscle sont-elles inoins connues, quoi- » que ses filets artériels el veineux ne soient pas scru- » puleusemenl comptés? Cè mode de description est » évideinmenl étranger aux progrès de la médecine. » On pourrait croire qu'il avance ceux de h chirurgie: » triais examinez chaque opération, vous verrez l'in- » srrumenl respecter les troncs, intéresser indifférem- » ment les rameaux ; vous verrez les principales saillies » des os guider la main qui réduit une fracture, mais » leurs légères surfaces, leurs inégalités ne lui fournir » aucune indication. Desaull avait reconnu celte vérilé; » s'il eût continué renseignement , il aurait bris»'' lui-

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» même l'édilice qu'il avail si péniblement élevé

» 11 faut .semer sur un sujel aride quelques consi- )) (léralions physiologiques qui en diminuent le dégoûl. » Sabalier, qui a bien senti celle vérité, "a fondé en » partie sur elle l'intérêt, d'ailleurs si justement mérité, » de son ouvrage. Il faut de plus joindre à l'analomie » de l'adulle l'analomie comparée des divers âges. Je » l'ai fait pour tous les appareils ; c'est une partie pres- » que nouvelle (1). »

Bichal aurait pu dire: C'est une partie toute nouvelle; et ce n'est pas un de ses moindres litres que l'institution de l'analomie comparée des sexes el des âges : c'était le complément de la méthode comparative dans l'élude anatomique et physiologique de toutes les espèces considérées successivement introduite par Aristote, Hunier et surtout Vicq-d'Azyr.

Ces conseils de Bichat sont loin d'êlre suivis , el bien moins encore ceux qu'il donne relativement à l'analomie générale. Savoir l'analomie , c'est savoir l'analomie descriptive; quant à l'analomie générale, peu importe : ou bien on entasse citation sur citation d'opinions sur chaque tissu, rien en fait de connaissances réelles. « Mais ces noms ne nous rappellent que l'historique de » la science : rien de la science elle-même ne nous est » retracé par eux (2). » El pourtant la physiologie générale est-elle possible sans la connaissance exacte des éléments analomiques , des tissus des systèmes? El sans physiologie générale, quelle partie de la physiologie spéciale peut-on faire d'une manière approfondie ?

(1) lïichat, Analomicdem'iptive , discours préliminaire. 2) Bichat, l»<: cit.

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Après Meckel el Béclard, Gerber a le premier étudié systématiquement les éléments analorniques el les tissus, mais sans établir de distinction nette entre l'un et l'autre. Puis Henle , dans son Anatomie générale, ne traite, à proprement parler, que des éléments analorniques, en empiétant toutefois, à propos de cbacun d'eux, sur l'histoire du tissu dont ils sont l'élément principal.

Les reproches précédents ne s'appliquent pas à M. de Blainville. Le premier, el avant les auteurs précédents, il a introduit l'élude systématique des éléments analorniques, comme formant une des parties constituantes de l'analomie. Mais à l'époque où il écrivait (1), les éléments analorniques proprement dits commençaient à peine à être connus; aussi décrit-il comme tels les lissus, el donne-l-ille nom de parenchyme à ce qui doit constituer les lissus proprement dits. Par conséquent les divisions qu'il a établies sont justes au fond ; il n'y a de fautif que le sujet qui leur était donné comme attribut. Nous verrons plus loin que nous sommes en outre redevables à M. de Blainville des plus grands progrès qu'on ait fait faire à l'analomie générale depuis Bichal ; savoir, la séparation des produits d'avec les tissus qui les produisent , comme formant un groupe distinct el parallèle; et d'autre part, l'élude, en anatomie générale, du sang, de la lymphe, des gaz, des liquides sécrétés, etc. , au même titre qu'on étudie les parties solides ou tissus (2).

Ainsi, en résumé: 1° L'élude des éléments anatomi-

(1) De Blainville , Cours de physiologie générale el comparée. Paris, 18'29.

(2) De Blainville, loc. cit., I. I.

XViij IMtlÏFAC.F.

quçs , auxquels on doii rattacher pliysiologiqueiiietii l'idée de propriété élémentaire de la matière organique.

2° L'élude des tissus, auxquels se lie l'idée de texture, ou arrangement réciproque des éléments ; qui entraîne avec elle l'idée plus complexe de la réunion ou combinaison des propriétés des éléments divers qui composent ces tissus.

3° L'élude des systèmes, qui enlraînenl l'idée de distribution générale des tissus dans l'économie; distribution variable pour cbaque tissu, et de plus dans chaque espèce, suivant la complication des fonctions de l'être envisagé.

4° L'élude des organes, entraînant l'idée de la disposition spéciale d'un ou plusieurs tissus sous telle ou telle forme, dans le but d'une action limitée et déterminée.

5° Enfin celle des appareils, auxquels on doil rattacher l'idée d'arrangement d'organes divers cl des produits qui les accompagnent , les uns par rapport aux aulres, dans le but de l'accomplissement d'une fonction déterminée.

Tel est l'ordre des conceptions analomiques qu'il faut toujours avoir présenta l'esprit, pour se faire une idée nelle el exacte de l'organisation et des fonctions de chaque être. Tels sont les cinq points de vue sous lesquels doivent être de toute nécessité envisagés successivement tous les végétaux et animaux , d'abord individuellement ou collectivement, suivant toutes les phases du développement, depuis leur naissance jusqu'à la mort, ce qui constitue la série embryogénique ; el ensuite collectivement depuis les êtres les plus simples jusqu'aux plus compliqués de la grande hiérarchie or-

l'UÉFACIi.

gimîque. lie dernier et immense parallèle ralionuel, inslilUfl entre Ions les termes de l;i série organique, offrant une longue suile de cas variés et pourlant analogues, donne à la méthode comparative son plus admirable développemenl. L'un et l'autre de ces modes de comparaison , envisagés sagement , en dehors d'une précision à la fois trop minulieuse et puérile, se prêtent un mutuel appui, se complètent l'un et l'autre; ils ne peuvent être suppléés par rien et ne peuvent être négligés sans que toute conception physiologique s'en ressente profondément.

§ IV. Les trois premières de ces cinq branches de l'anatomie constituent l'anatomie générale , savoir : 1° l'histoire des éléments anatomiques , 2° celle des tissus ou histologie, el 5° celle des systèmes. Voyons comment chacune de ces branches doit, de nos jours, être envisagée dans un traité (l'anatomie générale. La première d'entre elles, la moins étudiée jusqu'à présent, doit surtout attirer notre attention.

Tout ce qui entre dans la constitution des corps organisés, tout ce qui concourt à les former el à les rendre aptes à remplir les fonctions que nous observons en eux, est du ressort de l'anatomie.

Or, que trouvons -nous dans le corps des êtres organisés, des animaux qui doivent nous occuper ici plus particulièrement ?

Ce sont , d'une pari , des gaz, comme l'oxigène, l'azote, l'acide carbonique , etc., qui ordinairement sont à l'étal de dissolution dans les liquides de l'économie.

D'autre part, ce sont des liquides de natures très diverses. Les uns, les plus nombreux, sont aqueux, c'està-dire séreux, muqueux; les autres sont graisseux ou

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huileux. Les premiers sont formés par de l'eau qui tient des sels très nombreux en dissolution, principalement des sels à base terreuse alcaline, tels que des sulfates, chlorhydrates, laclates de soude.de potasse, de magnésie, etc.; quelquefois ce sont des sels acides, ou même des acides libres que cette eau tient en dissolution.

Outre les sels, d'autres substances bien plus complexes (quant au nombre des substances combinées pour les former), sont en même temps qu'eux dissoutes dans l'eau. Ce sont: l'albumine, la fibrine, la caséine, et d'autres corps de composition chimique très analogues ou même isomères, et n'en différant que par leurs propriétés , mais toujours très complexes ; par suite, toutes sont très peu stables, cédant aux moindres forces qui tendent à les décomposer, telles qu'un corps qui s'empare d'un de leurs éléments ou qui se combine avec elle. L'expérience montre que la présence des sels dans l'eau facilite la dissolution de ces substances complexes, et que réciproquement leur présence dans les liquides de l'économie influe sur la quantité et les propriétés des sels qui peuvent être dissous.

Les liquides huileux ou graisseux sont peu abondants. Les huiles pures surtout sont rares et contiennent toujours un peu d'eau avec quelques sels dissous dans celle-ci : telle est l'huile qui suinte des orifices des glandes sébacées de l'homme dans quelques circonstances, et de quelques animaux ; celle qu'on extrait des cellules du tissu adipeux, comme des cellules des végétaux à huile.

Presque toujours les matières grasses sont en dissolution dans l'eau, combinées soit à des sels, soit à des

oxides alcalins, cl forment des savons: telles sonl les matières grasses phosphorées du sang. Ou bien, elles sonl à l'état de gouttelettes liquides et tenues en suspension dans un sérum, comme dans le lait, le chyle, le cérumen, et beaucoup d'autres liquides animaux. Elles sont même quelquefois cristallisées, comme la cboleslérine dans la bile et ailleurs.

Nous sommes amené ainsi à l'élude du troisième et dernier état des parties constituantes des corps organisés, ce sonl les solides. Ils se présentent sous un grand nombre de formes.

La plus simple est celle des granulations moléculaires, sorte de poussière organique qui est en suspension dans tous les liquides de l'économie, sans exception , en quantité plus ou moins considérable. Ces granulations sont de natures diverses : les unes sonl des corpuscules graisseux, d'autres fibrineux ou de nature azotée, mais mal déterminée ; enfin, quelquefois ce sonl des poussières minérales , cristallisées ou non , comme certains carbonates, des lira tes, de l'acide urique, etc.

Les autres solides ont des formes particulières, dont les plus simples sont celles de globules ou de cellules plus ou moins régulièrement arrondis. Les uns sonl librement en suspension dans les liquides de l'économie, dont ils sont des parties constituantes ; d'autres globules sont réunis ensemble, groupés en masses, et forment des tissus et non des liquides.

Les solides de formes moins simples sont des fibres, des tubes, des lamelles, des masses homogènes, dures ou molles, parsemées ou non de granulations moléculaires, ou de globules et cellules ou de fibres. Ces corps

xxij l'KKiAci;.

sont réunis eu grande qtïahtiré, soit seulement entre eux, soit avec «l'an ( t os espèces différentes pour formelles tissus.

l'eus les solides dont nous venons de parler, ou à peu près tous, ont un volume tellement petit qu'ils sont invisibles à l'œil nu; tous exigent l'emploi du microscope pour être étudiés, et ce n'est que réunis en quantité innombrable qu'ils forment des masses que nous puissions voir.

Ce sont les tissus, ils ont des caractères particuliers que nous étudierons plus lard, ils dérivent de ceux des parties qui les constituent et les reproduisent sous certains points de vue; mais ils en possèdent d'autres qui leur sont propres. El surtout ces masses de parties constituantes présentent une nouvelle complication, c'est leur arrangement réciproque, qui donne lieu à un ordre nouveau de considérations correspondant à cette complication; ce sont les considérations de texture. Il est inutile de répéter que de nouvelles considérations différentes des précédentes, se produisent à propos des systèmes , des organes et des appareils.

Chacune des parties constituantes solides dont il vient d'être question, fibre, cellule, etc.. prise à part, a elle-même une constitution qui lui est propre. Ainsi, on peut par la chaleur en faire évaporer une certaine quantité d'eau et dès lors le volume se réduit considérablement, la partie solide se trouve être peu de chose en poids. Souvent en même temps on reconnaît que des gaz se trouvaient retenus par le solide, probablement dissous dans le liquide dont il est imbibé.

On peut par le lavage démontrer, en outre, que le •liquide, dont chaque partie constituante d'un limi

l'HÉFACK. XXU.I

était imbibée, ft'élail pas de l'eau pure, mais tenait en dissolution plusieurs sels, et quelquefois d'autres subslances, ordinairement les mêmes qu'on trouve dans les bumeurs. Quant à la partie solide, elle est formée de diverses substances, mêlées ou combinées, qui sont aussi, comme dans les liquides, soit de l'albumine, de la fibrine, ou des substances isomères.

En résumé, nous voyons que les parties constituantes des corps organisés, et des mammifères en particulier, peuvent être représentées d'une manière générale par le tableau suivant :

l'IlBFACE.

Or, qui pourrait contester que l'étude d'une seule de ces parties constituantes ne soit du ressort de l'auatomie, aussi bien que les tissus qu'elles forment? Qui pourrait contester que les humeurs ne doivent être étudiées en anatomie aussi bien que les tissus? Est-ce que les uns et les antres ne font pas partie des corps vivants, et au même titre l'une que l'autre?

Si l'on voulait essayer de construire de toutes pièces un être organisé, avec les matériaux dont l'histoire se Irouve faite dans nos traités, on arriverait à avoir un corps qui ne renfermerait que des solides, c'est-à-dire, du côlé de l'agent, la moitié à peine des conditions nécessaires à la vie. Et si l'on se reporte à ce qui a été dit dans la deuxième partie de ce livre, relativement aux milieux, dont aucun traité, sauf celui de M. de Blainville, ne parle, il serait impossible de savoir où placer ce corps une fois constitué, pour le faire agir.

Il faut excepter cependant les traités récents d'analomie générale qui contiennent l'histoire de la lymphe, du sang et celle du pus. Mais la salive, la bile , le suc pancréatique, le lait, les mucus et beaucoup d'autres liquides normaux et pathologiques, où trouveront - ils leur place ? Sont-ils moins indispensables pour l'accomplissement des fonctions que la glande elle-même ou tout autre organe pour en voir faire l'histoire seulement dans les dictionnaires, quand toutefois on n'omet pas d'en parler, ou dans les traités de physiologie, à propos des fonctions de l'organe qui les sécrète? Est-ce que, au contraire, on n'a pas autant besoin de connaître ces liquides que les organes qui les fabriquent, pour arriver à connaître le mécanisme de leur formation? L'élude des éléments analomiques proprement dits,

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