Lorsqu'on figure les éléments anatomiques
(1) Physiologie pathologique. Paris, 1845, L> vol. in-8, et atlas de 22 planches gravées. i
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ceux des produits morbides surtout, on désirerait voir figurer à côlé d'eux la tumeur d'où ils sont extraits. Mais il ne peut en être ainsi que dans un traité d'analomie pathologique descriptive, destiné à montrer de quelle manière et dans quelles limites les organes peuvent être altérés , et en même temps l'aspect des tissus dans chacun d'eux. Il ne s'agit, en anatomie générale pathologique, que de l'élude des éléments analomiques morbides et de la texture du tissu qu'ils forment. En dehors de cela , l'aspect de ceux-ci est tellement variable , suivant l'organe où il se développe et beaucoup d'autres circonstances , qu'il serait superflu de tenter de le faire.
En anatomie pathologique descriptive, au contraire, après avoir décrit et figuré la déformation des organes, l'aspect du tissu qui les altère, il faut en décrire et figurer les éléments analomiques , en insistant sur les variétés qu'ils présentent dans le cas spécial dont il s'agit. Ces divers éléments et leurs variétés doivent , dans ce cas, être pris dans chacun des divers points présentant un aspect particulier, et dans la description, il faut établir la relation qui existe entre cet aspect du tissu et les éléments ou les variétés de disposition des éléments qui le constituent.
Mais, pour arriver là, il faut déjà que ces éléments soient connus d'une manière à la fois générale et détaillée. Celte description rentre dans les attributs de l'analomie générale ; car il ne faut pas qu'à propos de chaque tumeur on soit obligé d'entrer dans des détails descriptifs généraux interminables. 11 manque par conséquent à l'histoire complète des éléments analomiques une fois faite dans un traité général tout ce qu'il ap-
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parlient au praticien d'observer, tel que les circonstances ou les organes dans lesquels ils se produisent de préférence, la tendance qu'ils ont à envahir les tissus voisins, celle qu'ils ont à se reproduire après l'ablation, etc. Mais comme ce sont les éléments analomiques qui déterminent la nature du tissu , leur connaissance préalable est essentielle.
Art. XU. — Coudilions optiques à remplir pour l'emploi du microscope en anatomie générale.
485. Les unes sont relatives au microscope, les autres concernent les précautions à prendre à l'égard de l'œil, afin de ne pas être inquiété par divers phénomènes physiologiques constants qui quelquefois ont été considérés comme morbides.
A. Choix du microscope.
'186. Tels qu'ils sont construits actuellement par la plupart des opticiens, les microscopes répondent à peu près à toutes les exigences possibles.
On a vu déjà, a propos de la partie mécanique de l'instrument, les conditions nécessaires pour qu'il convienne à un examen facile, aussi peu fatigant que possible et permette l'emploi des réactifs; pourvu qu'elles soient remplies, peu importe le constructeur.
Il n'est pas rare d'entendre dire à quelques opticiens qu'ils n'ont confiance, en fait d'observations microscopiques, qu'en ceux qui remplissent telles ou telles conditions optiques, comme celles de ne recevoir sur le miroir que la lumière qui a traversé une vitre polie dont les deux faces sont parallèles, ou qui a été diapbragmée de telle ou telle manière, ou faites avec tel ou tel gros-
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sissoiiicni, etc. Ils exagèrent en wla un seul dos ordres de eondilions à remplir, conditions nécessaires, indispensables, mais que les inslrnnieiils fournis parla plupart des opticiens remplissent habituellement.
Il ne faut par conséquent pas trop se laisser impressionner par les louanges exagérées ou la supériorité que chacun est disposé à attribuer à son microscope sur les autres, ou à ceux sortis des mains de tel ou tel fabricant. L'important est de remplir les conditions de grossissement indiquées plus haut qui sont indispensables pour l'élude de l'anatomie générale, que ces grossissements soient réels, et obtenus à l'aide des objectifs et des oculaires moyens, mais non pas les plus forts oculaires.
Il y a cependant quelquefois des différences entre les mômes objectifs faits par divers opticiens, sous le rapport de la lumière, de la netteté des contours, etc. Si l'on soupçonne quelque chose à cet égard, il est difficile de s'en assurer soi-même, à moins d'avoir une grande habitude du microscope. Les test-objets, que l'on pourrail employer pour s'assurer de leur bonté, ne peuvent servir qu'autant qu'on les a déjà bien étudiés avec divers objectifs, en un mol, qu'on les connaît bien et qu'on les examine comparativement avec d'autres objectifs analogues (quant au pouvoir amplifiant) à celui dont on veut vérifier la valeur.
B. Précautions à prendre relatives à l'appareil de la
vision .
487. a. Influence de la myopie et de la presbytie sur l'examen des objets en général et en particulier sur leur volume.
Lorsqu'un objet a été mis au point convenable pour
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être vu Bellement une personne qui ;i luie vue ordinaire, il n'esl pas au point pour tout le inonde. Les myopes sont obligés de rapprocher l'objectif de l'objet; l'image se l'orme alors plus loin derrière l'objectif et plus près du verre de l'œil. Les presbytes sont obligés de faire exécuter un mouvement en sens inverse. C'est de la sorte, comme nous l'avons déjà vu, qu'on amène les objets au point de la vision distincte qui est variable suivant les individus.
On sait aussi qu'une fois l'objet au point, tous les individus ne le voient pas de la même grosseur. Les uns le voient plus grand que d'autres, ou vice-versa, ce dont on peut s'assurer en faisant dessiner à plusieurs reprises le même objet par plusieurs personnes, en ayant soin de recommander à chacune de donner à la figure les dimensions de l'image qu'elle voit dans le microscope. Lorsqu'on veut répéter l'expérience sur un grand nombre de personnes ou un grand nombre de fois, il suffit de prendre un objet allongé comme un cheveu et d'en indiquer la largeur.
188. Il paraît y avoir, à cet égard, de petites différences, encore inexplicables, cuire les individus ayant une même distance de vision dislincle. Chaque observateur peut remarquer, en outre, qu'il voit les objets un peu plus grands ou un peu plus petits, suivant les conditions pbysiologiques où il se trouve. Ainsi, lorsque la circulation est activée par une cause quelconque, que les yeux sont congestionnés, les images semblent un peu plus grandes que lorsqu'on les étudie depuis quelque temps, de manière à adapter l'œil à celte vision à courte dislance et à laisser la circulation se ralentir. Ceci lient probablemenl à ce qu'alors les iœasfes
qui se peignent sur la rétiiîe sont entourées d'une auréole colorée, comme si le microscope élail imparfaitement acliromalique, ou comme s'il y avait beaucoup de diffraction sur les bords de l'objet. Mais peu à peu ce phénomène diminue, ainsi que nous le verrons plus bas, à moins que la cause de la congestion ne soit permanente.
4 80. Les causes qui influent le plus sur la grandeur avec laquelle sont vus les objets examinés au microscope sont la myopie et la presbytie. Les myopes voient, en effet, avec cet instrument les images toujours un peu plus Fig. 23. hgrandes que les presbytes. En effet, [[comme, en nous servant du microscope, 'c'est l'image réelle de l'objet grossi par l'objectif que nous regardons avec la loupe que représente le verre de l'œil de l'oculaire, le fait que nous avons signalé à propos de la loupe se reproduit. Les myopes, en rapprochant l'objectif de l'objet, rapprochent l'image de la loupe qui sert à l'examiner; c'est comme si (fig. 25), au lieu d'examiner un objet en a b\ on le plaçait en ab. Dès lors les rayons pénètrent dans l'œil en divergeant davantage et vont former, dans le second cas, sur la réline une image plus grande que dans le premier; car il sous-lend un angle optique a o b > aob, d'où la figure rs peinte sur la réline est plus grande que mn.
L'effet inverse est produit dans l'œil des presbytes qui sont obligés d'éloigner l'objectif de
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l'objet. La dislance à laquelle est reporte l'image peinte sur la rétine n'étant pas celle de la vision dislinete, et élanlla même chez les myopes et les presbytes, ainsi que nous l'avons vu précédemment, n'a aucune influence sur ce phénomène.
Aussi les myopes figurent-ils toujours les objets qu'ils examinent au microscope un peu plus grands que ne le font les presbytes, avec la même combinaison d'objectifs et d'oculaires. On trouve par conséquent entre les myopes et les presbytes exagérés des nuances à l'infini, suivant les individus, qui font qu'il est rare de trouver deux observateurs qui s'accordent complètement sur la grandeur précise d'un objet qu'ils étudient en même temps.
190. Un autre fait important, et que remarqueront surtout les presbytes, c'est que peu à peu l'œil s'adapte à la vision des objets microscopiques vus à une faible distance, et lorsqn'après quelque temps on veut observer des objets un peu éloignés, on ne les voit pas bien dans les premiers moments. C'est à cela qu'on doit attribuer le fait que d'abord les objets vus au microscope n'ont pas des contours aussi nets qu'après quelques instants d'étude ; peu à peu des détails restés inaperçus apparaissent. Ceci tient également à ce que la rétine s'habitue à la lumière de l'instrument, parce que tantôt elle était trop vivement impressionnée d'abord, tantôt au contraire elle ne l'était pas assez. Aussi il faut toujours un certain temps d'examen avant d'arriver à distinguer nettement tous les objets qu'on a sous les yeux et être à même d'observer avec soin. C'est une des raisons qui font que dans de certaines limites, plus
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on examine au microscope, plus on demande de temps pour faire une observation quelconque.
On sera surtout frappé des remarques précédentes en examinant les objets le soir à la lumière de la lampe. Pendant le premier quart d'heure environ, les objets paraissent avoir des contours diffus et entourés d'une auréole irisée, qu'on est de suite porté à attribuer à l'in strument. Nous avons déjà vu que, dans ce cas, elle est réellement plus grande qu'à la lumière du jour, et que le plus fin diaphragme la fait diminuer ; mais après quelques minutes, au fur et à mesure que l'œil s'habitue à cette lumière, on voit les phénomènes d'irisation et de diffraction qui paraissent devoir rendre l'observation impossible, disparaître de plus en plus.
491. Il est important pour voir nettement les objets, sans fatigue et pendant longtemps, qu'aucune lumière étrangère, surtout si elle est plus vive que celle qui traverse le microscope, ne vienne en même temps qu'elle, frapper la rétine. Sans cela, ébranlée diversement, celte membrane ne perçoit pas les contours délicats et pâles qu'il s'agit de constater, et on éprouve en même temps une, fatigue très gênante. Aussi faut-il avoir soin de se garantir de toute lumière étrangère en plaçant la main devant l'œil lorsqu'on se borne à un examen passager; mais pour les observations ordinaires, il faut ramener au devant de l'œil la visière d'une casquette assez longue pour le bien garantir, ou en adopter une appropriée à cet usage. Toutes ces précautions, dont on croit toujours pouvoir se passer quand on commence, finissent bientôt par être reconnues comme très utiles, sinon indispensables.