‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 31 sur 77 · Il est remarquable de voir la singulière pi éven · texte numérisé non relu

Il est remarquable de voir la singulière pi éven

172 DliS moyens d'exi'lobaîion en an atome générale. lion ijui règne à l'égard de l'emploi des forls grossissements. Pourtant .s'il n'était amplement reconnu que les prétendues erreurs causées par le microscope n'existent que dans l'esprit de ceux qui ont mis en avant cette hypothèse, ce n'est pas un chapitre sur les erreurs dues à l'emploi des forls grossissements qu'il faudrait faire; mais bien sur celles qu'ont déterminées les descriptions incomplètes faites à l'aide d'objectifs faibles.

La prétendue impossibilité de distinguer les globules de pus des globules blancs du sang, des corpuscules du tubercule et une foule d'autres erreurs, tiennent à la même cause. Il est impossible encore sans cela de distinguer entre elles les différentes espèces de globules de pus, etc.

Il est bien vrai, dans de certaines limites toutefois, de dire que ce qu'on ne voit pas avec un objectif grossissant trois cents fois, on ne le voit pas avec de plus forts. Mais il est incontestable aussi, que plus nous pourrons rapprocher un objet du volume de ceux que nous avons journellement sous les yeux , plus nous en rendons l'élude facile. Aussi, avec d'aussi faibles grossissements, une multitude de délails relatifs aux noyaux, aux nucléoles, aux granulations moléculaires, à la netteté ou à l'irrégularité de* contours, etc., échappent cependant à l'observateur; même lorsqu'il s'agit d'élémenls déjà volumineux, comme ceux du cancer, des éléments lihro-plastiques, des cellules épithéliales, etc.; et pourtant chacun de ces délails tend à donner à chaque fibre, cellule ou noyau, un cachet spécial qui le fait distinguer des autres et le caractérise.

Il sera coiiséquemmenl bien plus difficile de dislinguer les corpuscules des glandes sans conduits excré-

nu microscope composé. 175

leurs, les épilliéliums de certaines glandes en grappes, des ganglions lymphatiques , les globules du sang, el d'autres encore qui ne sont pas plus gros que certains de ces nucléoles el granulations.

Avec ces faibles grossissements, tous les éléments se ressemblent, ce ne sont lous que des granulations. Corpuscules du tubercule, détritus qui accompagnent toujours les préparations, noyaux isolés, cellules épithéliales déformées, tout tend à prendre le même aspect, tout se confond sous forme de granulalions de divers volumes. Mais avec les pouvoirs amplifiants considérables on voit apparaître successivement les différences de forme, de volume, des différences dans l'absence ou la présence du noyau, dans celle des granulalions moléculaires contenues ;dans le volume el la leinte claire ou foncée, l'agglomération ou l'isolement de cellesci, elc; autant de caractères difliciles à faire saisir au lecteur, mais que l'observateur prend bien vile en considération.

Loin d'êlre étonné de voir certains palhologisles el micrographes dire qu'il n'y a pas d'éléments caractéristiques spéciaux pour le cancer, le tubercule, etc., ou bien que ces éléments ne peuvent se distinguer des ceilules épithéliajes ou antres, ce fait ne doit être considéré que comme une suite toute naturelle des notions incomplètes qui leur sont fournies par leurs instruments.

Il faut y joindre bien certainement aussi, comme causes, des notions incomplètes sur les limites entre lesquelles peuvent varier les éléments analomiques normaux, tels que les épilliéliums, les éléments fibro-

174 DES MOYENS n' EXPLORATION EN AN \TOMIE GÉNÉRALE.

plastiques , etc., sans perdre pourianl leurs caractères spécifiques.

4 72. Celle prévention, que se plaisent à répandre quelques opticiens et que répètent à l'envi beaucoup de personnes qui n'ont jamais employé le microscope, est pourtant la cause de beaucoup d'erreurs qui régnent encore.

Telles sont celles qui régnent à l'égard du tubercule surtout, dont l'élude ne. peut bien être faite qu'avec un grossissement de 6 à 700 diamètres, quoiqu'on voie ses corpuscules déjà avec beaucoup de netteté avec un objectif grossissant 500 fois. Parmi les micrograplies et les palhologistes qui repoussent l'emploi des forts grossissements, on pourra en reconnaître beaucoup qui ne les ont jamais ou presque jamais employés, par la seule raison qu'ils demandent l'usage de lamelles très minces, faciles à rompre, et qu'ils sont plus difficiles à manier à cause de la brièveté de leur foyer. Mais ce sont là de faibles inconvénients ; et il ne faut pas très longtemps pour s'babiluer aux mouvements peu étendus el précis que réclame l'emploi de ces instruments.

L'objection sur laquelle ils s'appuient le plus esl re- [allve à la perle de lumière el au peu de netteté des contours qu'on attribue aux forts objectifs. Il est bien certain que, lorsqu'on s'est, babilué à la teinte éclatante delà lumière des faibles jeux de lentille, el qu'on porte brusquement les yeux sur un jeu plus fort , on Irouvera une grande différence. Mais ce n'est pas à un examen aussi superficiel et à celle première impression qu'il faut s'arrêler ; car peu à peu l'œil s'Habitue à celle teinte moins éblouissante , les contours deviennent plus nets,

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la diffraction sur les bonis de l'objet beaucoup moindre, et surtout l'on finit par reconnaître que celle teinte plus faible donne aux jeux de lentilles plus de pénétration que la lumière trop vive.

En disant qu'un jeu de lentille est plus pénétrant qu'un autre, on vent dire qu'il permet de mieux distinguer à l'intérieur d'une cellule les délails des granulations ou du noyau qu'elle renferme.

Aussi, dans l'emploi des jeux faibles, lorsqu'on observe des corps très transparents, on prend l'habitude de n'employer qu'une lumière très modérée, parce qu'autrement on ne voit qu'une surface (celle de l'objet) dans un champ vivement éclairé, sans distinguer aussi bien ses détails intérieurs. Il y a, du reste, à cet égard, des variétés individuelles , suivant la sensibilité des yeux de chacun, et suivant aussi la disposition dans laquelle on se trouve au moment de l'observation.

Il ne faut pas croire non plus qu'avec les jeux n°* 6, 7 et même 8 du microscope de Nachet,, elles oculaires \ et 2, la lumière soit aussi faible qu'on semble quelquefois le dire ; l'oculaire n° 5, seul, fait disparaître, avec les objectifs n°s 7 et 8, la netteté des bords de l'objet et la pénétration de l'objectif.

175. Ainsi, loin de repousser l'emploi des objectifs puissants, ce sont eux qui doivent terminer l'élude de ton! objel, sauf quelques uns indiqués plus haut , pour l'étude desquels ils sont inutiles. Ce sont eux qui facilitent le plus l'élude de l'analomie générale, en con duisant très vite à pouvoir distinguer les éléments analomiques les uns des antres, par la facilité avec laquelle ils montrent chacun de leurs délails, chacun de leurs caractères spécifiques et leurs variétés.

Il est facile, de s'assurer par expérience qu'ils ne conduiséint à aucune erreur; car eu examinant chaque objet successivenienl avec des objectifs de plus en plus forls, ce qu'il est ordinairement nécessaire de l'aire dans beaucoup de cas , on reconnaîl que ce sont bien toujours les mêmes choses qu'on voit. Seulement à chaque jeu de lentille plus puissant, de nouveaux délails apparaissent, les autres deviennent plus faciles à observer et demandent moins d'attention, moins de fatigue pour être constatés.

Aussi, depuis longtemps, en voyant combien peu étaient fondées les objections faites aux puissants objectifs et le peu de difficulté qu'ont éprouvé à s'en servir habituellement les personnes, déjà en assez grand nombre , auxquelles j'en ai conseillé l'emploi dès le commencement de leurs éludes , j'ai été porté à penser que beaucoup de ces objections ont été faites théoriquement , et sans essai préalable assez long pour mériter le nom d'expériences. Depuis longtemps aussi, dans beaucoup de cas, je commence les observations à l'aide des jeux qui sont les mêmes avec lequels beaucoup d'auteurs terminent les leurs, et je dessine les objets à l'aide d'objectifs plus forts, probablement, que ceux qu'ils ont jamais employés. Les dessins que je fais ou fais faire sont toujours dessinés de la grandeur où ils sont vus, mais jamais plus grands.

174. Il faut remarquer que dans tout ce qui précède j'ai donné les grossissements réels, pris d'après la méthode indiquée plus haut. Ils sont par conséquent de 200 à 500 fois au moins plus faibles que ceux donnés par les opticiens; puisque avec un n° H de Naehel , le plus fort des objectifs que j'aie vu (pouvant encore

nu Mir.nnsr.orp composé. 177

s'employer avec dos lamelles de verre couvrant l'objet), le grossissement esl de 800 diamètres, dette mesure est prise, comme on se le rappelle, avec l'oculaire le plus Tort qu'on puisse employer encore utilement (sauf poulies objectifs faibles), c'est- à-dire celui dont le verre supérieur grossit dix fois.

Art. IX. — Emploi des réactifs chimiques.

175. Nulle observation ne peut être considérée comme complète, tant qu'on n'a pas observé l'action des réactifs chimiques sur les corps qui font le sujet de la recherche entreprise. Il faut, par conséquent, en avoir un certain nombre sur la table de travail, contenus dans de petits flacons bouchés à l'émeri.

Ceux qu'il faut considérer comme indispensables sont la potasse, la soude , l'ammoniaque , les acides sulfurique, nitrique, chlorbydrique et acétique, l'élher, l'alcool, l'essence de térébenthine, la solution aqueuse et alcoolique d'iode. L'insolubilité ou la solubilité dans lel réactif indiquent une différence de composition chimique dans les fibres ou les cellules, qu'il est très important de constater. En outre, celte réaction sert souvent à les distinguer au point de vue pratique; elle montre en même temps que ce sont des corps de nature très différente.

170. Le liquide doit être pris à l'aide d'une baguette de verre qu'on plonge dans le flacon qui le renferme; on dépose ensuite la goutte qui reste suspendue à son extrémité au bord de la plaque qui recouvre la préparation , et on laisse pénétrer le réactif par capillarité. Quand on n'a pas à ménager la disposition de la préparation, on peut faciliter sa pénétration, rnsoulevant

17tî DUS MOYENS D BKPLORATilON ICN A NATOM I H GÉNÉRALE.

un peu le bord «le la plaque. Il Tant avoir*soin qur l<; liquide m vienne* pas loucher l'objectif et surtout pé* nétrer entre les tours de vis de ses dill'érentes pièces , principalement quand on eiupjoie des acides.

1 77. Le premier réactif qu'on doit employer, c'est l'eau qui agit surtout sur les globules qui nagent dans un sérum , comme ceux du sang, du pus, etc., el les gonfle, les rend turgescents. L'action de l'acide 'acétique est très importante à connaître, en ce que ce réactif dissout les globules de sang, ceux du pus moins leurs noyaux, les fibres des tissus musculaire , cellulaire, el laisse intacts les noyaux qui s'y trouvent mêlés , ainsi que les fibres darloïques.

La potasse, la soude, l'ammoniaque, dissolvent plusieurs éléments qui résistent à l'action de l'acide acétique, tels que divers épitliéliums. Éles dissolvent aussi les corps gras, sur lesquels il faut faire agir l'élher qui les dissout également. On est guidé dans le choix de ces réactifs par les bords foncés, le centre brillant et la teinte jaunâtre des gouttelettes que forment ordinairement les substances graisseuses.

L'acide ehlorhydrique sert à se débarrasser des matières calcaires ou autres sels dont sont incrustées certaines fausses membranes et divers tissus animaux et ' végétaux, ou qu'ils renferment sous forme de crisl,uix. il sert à faire distinguer différents sels en dégageant l'acide carbonique des carbonates el dissolvant les autres sans dégagement de gaz. 11 a aussi nue action particulière sur les globules de sang dont il rend les bords foncés et nets; il a une aclion analogue sur beaucoup d'autres éléments. Enfin il dissout la fibrine après l'avoir oonflée, et sert ainsi beaucoup dans l'élude des fausses membranes de toutes sortes.

mi Micitoscoi'R coMi'osii. '179 L'acide riilrique détruit toutes liés substances azotées cl les^mnil ; mais élendm l'action est moins énergique e1 peut être suivie. Ou peut de la sorte l'employer chas les mêmes circonstances que l'acide chlorhydrique et dans quelques autres encore; sauf les cas où il s'agit de dissoudre la fibrine.

L'acide sulfurique serl surloulà traiter les éléments analomiqués végétaux dont il modifie la cellulose, de manière qu'elle devienne ensuile bleue au conlac'l de la leinture d'iode.

Celle dernière subslance esl un réactif Irès important, non seulement dans l'élude des tissus végétaux, mais encore animaux. Chez les végétaux, elle° bleuit les matières amylacées; et dans les embryons, la paroi de cellulose des cellules nouvellement formées. Elle

jaunit, au contraire, les matières azotées et les fait distinguer aussitôt des précédentes. La leinture alcoolique

jaunit l'ulricule primitive des cellules végélales la

contracte, de sorte qu'elle se sépare de la paroi de

cellulose.

Ce même réactif jaunit les cils vibratils des spermatozoïdes des algues et des animaux, des cellules d'épill.eM.um vibraie et en facilite beaucoup l'observation en les rendant semblables à de petits bâtonnets jaunâtres ou brunâtres. De même; lorsque des éléments anato- '".ques animaux ont des bords très pâles, qui semblent « outeux, en les traitant par ce liquide on les rend plus laciles à étudier.

178. L'action des réactifs chimiques est toujours Irès 'ente sous le microscope, parce que chaque élément absorba à la fois tout ce qu'il peut de la goutte de l,fl""'equi s'introduit pelil à petit par capillarité il

IftO DES MOYENS n'EXPLOR ATION EN ANATOMIE GÉNÉRALE.

faul longtemps pour que chactlii en oit pris assez pour se dissoudre. La lenteur de eetle action devient un moyen d'en faciliter l'élude, en permettant d'en suivre les différentes phases; en effet, elles diffèrent ordinairement pour chaque élément analomiqiie. 11 faut, par conséquent, avoir soin de l'observer pendant plusieurs minutes, et d'examiner de nouveau la préparation après une demi-heure d'action du réactif, plus ou moins, suivant les circonstances.

Il est important quelquefois d'étudier l'action successive de plusieurs réactifs, comme, par exemple, poulie pus et les globules blancs du sang , celle de l'eau en premier lieu, puis de l'acide acétique, ou d'autres agents encore.

Après un certain temps d'essais, ou finit par reconnaître quels sont les réactifs les plus importants à employer avec telle ou telle nature de tissu , c'est-à-dire ceux qui peuvent servir à établir entre ceux-là et d'autres une. distinction facile. Ceux, au contraire, dont l'action est nulle sur la plupart des éléments anatomiques, n'ont pas besoin d'être essayés, si ce n'est dans des cas spéciaux.

ART> x. — Utilité de la connaissance du diamètre des objets microscopiques, et tle sa valeur comme pouvant servir à les distinguer entre eux.

479. La connaissance précise du diamètre des objets microscopiques des éléments anatomiques même , est loin d'avoir la valeur que quelques auteurs lui ont attribuée à cause des variations de volume qu'ils présentent, soit chez les mêmes animaux , suivant les conditions physiologiques, ou suivant les diverses espèces uni-

DU MlUUOhCOrË COMPOSÉ, 181

maies. Il est cependant incontestable qu'il ne l'a u l jamais oublier île l'indiquer avec le plus de soin possible. Il ne faut pas aller avec quelques physiologistes jusqu'à ne pas en tenir compte.

Il est bien certain qu'on ne peut pas fonder sur le volume seul des objets microscopiques un caractère distinctif absolu; mais il est incontestable aussi qu'on s'babitue assez vile par l'usage du microscope à reconnaîlre, par la seule inspection, si un corps est plus volumineux ou plus petit que tel autre qu'on a déjà vu ou qu'on a sous les yeux. Celte habitude mène involontairement à distinguer souvenlles uns des autres, pâlies seules différences de volume, divers éléments analomiques.

Comme dans les livres il est indispensable de tenir compte de ces différences de volume, et qu'on les in dique constamment, on facilite toujours l'intelligence des descriptions, en fixant l'attention par des chiffres. Lorsqu'on est privé de ce guide, il en résulle beaucoup de confusion non seulement pour le lecteur, mais même pour ceux qui sont appelés à vérifier les observations: parce que s'il est beaucoup d'éléments analogiques de même volume qui diffèrent par leur forme, leur noyau, leurs granulations, etc., il y eu a beaucoup aussi qui se' ressemblent assez par ces mêmes caractères fondamentaux, exprimés simplement par écrit, et qui se distinguent immédiatement par leur volume.

Par conséquent , sans vouloir viser à une précision mathématique , que ne comportent déjà plus les éludes chimique», il n'en faut pas moins préférer le procédé qui présente des chances d'erreurs moindres, une plus grande facilité à être employé. C'est en même temps le

1112 l)l£S MOYENS D'iiXl'LOHATlUN KM A .N A I 0 M 1 10 GÏîNÉUALB.

plus ration uel , en ce quïil est basé sur la connaissance du grossissement réel du microscope, el exige le i»ê.ne instrument qui sert à le déterminer, comme on l'a vu précédemment.

Art. XL. — Du dessin des tissus et des éléments analomiijues

en particulier.

1 80. 11 est difticile de parvenir à se l'aire une idée nette des éléments analomiques, de leur ressemblance el de leurs différences, de leurs caractères distinclifs, etc.. si l'on ne prend l'habitude de les dessiner successivement dès que l'on commence à savoir se servir du microscope. Lors même qu'on ne sait pas dessiner on parvient, au bout d'un certain temps, à les rendre assez exactement pour pouvoir les comparer entre eux, soit qu'on ait cherché à achever le dessin, soit qu'on se contente de faire une esquisse des parties caractéristiques. Après avoir dessiné les éléments analomiques, il faut, autant que possible, représenter à leur lotir les parties de la préparation qui montrent la texture, l'intricalion des éléments.

Ces dessins sonl toujours longs et demandent beaucoup de soin; mais, sans avoir figuré avec loul le fini possible un ou plusieurs des éléments, on peut se contenter de faire l'esquisse des principales formes qu'on tient à conserver. Le dessin ne doit jamais être fait, quand l'objectif est maintenu immobile, absolument tel que nous voyons l'élément analomique. La raison de cela est que ne voyant ainsi qu'une coupe de l'objet, toujours trop épais pour être observé en entier, et d'autant plus qu'on se sert d'un objectif plus fort, il y a toujours quelques unes de ses parties qui sont vues d'une j.u-

1)1' MJiCRSSGWH DOMTOSli. liiT)

nièrc tliiTusc ou avec des contours irises oj doubles, etc., pendant que les aulres sont vues nettement.

Il faut, par conséquent, chercher à dessiner l'objet lel qu'il est, et non pas tel qu'il peut nous paraître par suite d'effets d'optique divers, parce que ce sont des inconvénients attachés à l'instrument qui en dépendent, mais étrangers à l'objet. C'est pourquoi il faut se servir incessamment de ta vis micrométrique qui éloigne, ou approche l'objectif du corps qu'on examine, et mettre ainsi successivement au point toutes les parties qu'on veut représenter. C'est pourquoi aussi il faut avoir soin de chercher à voir rouler quelques uns des corps qu'on examine, pour se faire une idée nette de leur masse, < I quelquefois les figurer dans leurs diverses positions.

Aussi, on peut dire d'une manière générale que l'aspect «lu dessin, sa perfection dans tels ou tels détails caractéristiques par leur ensemble, qui ont été exécutés, omis ou exagérés, et ainsi que la reproduction d'effets purement optiques, indispcnsablement attachés au microscope, sont toujours proportionnés à la perfection.de l'observation. On peut reconnaître s'ils ont été faits par un observateur qui connaît déjà bien les objets qu'il dessine, et s'en fait une idée exacte. Cela n'arrive qu'autant que déjà on connaît un grand nombre d'éléments organiques qu'on peut comparer; et, d'autre part , qu'on connaît ou qu'on ne connaît pas ce qui est dû à l'instrument employé, ce qui, en un mot, est un effet optique de diffraction ou d'aberration de sphéricité, <»u appartient réellement au corps étudié.

M dessins dans lesquels on trouve figurés ainsi les '■li'-l-s d'optique rappellent involontairement ceux d'à-

1U4 DES MOYENS u'eXI'LOHATION EN ANATOM1E GENÉltALE.

iialomie descriptive proprement dile , dans lesquels, à propos de chaque muscle, seraient représentés les lambeaux de lissu cellulaire qui échappent quelquefois au préparateur ou les incisions qui pénètrent dans l'organe préparé. Il faut par conséquent, par une étude attentive et par la comparaison des objets qu'on observe avec les figures qui en ont été faites, chercher à se faire une idée exacle de ce qui dans l'image appartient au corps étudié ou est un effet accessoire de l'instrument.

131. Il faut toujours, autant que possible, faire le dessin de la grandeur de l'image obtenue avec l'objectif employé, afin de maintenir les mêmes proportions dans tous ceux qu'on sera obligé à chaque instant de comparer ensemble. On peut bien, dans certaines circonstances, faire le dessin aussi grand qu'on veut, suivant les besoins, comme, par exemple, lorsqu'il s'agit d'objets très petits et très compliqués, comme le sont divers infusoires; mais comme chaque observateur choisit une certaine grandeur qui lui convient, il en résulte une grande hétérogénéité entre les divers travaux. Si elle n'a pas toujours de graves inconvénients en zoologie, elle en aurait beaucoup en analoinic générale.

Quelle que soit la grandeur adoptée pour les dessins, el lors même qu'on aurait fait l'esquisse à la chambre claire, qui grandit toujours, ainsi que nous l'avons vu, ce n'est pas combien de fois le dessin est plus grand que l'objet qu'il faut indiquer, mais bien le pouvoir ampliliant du microscope avec l'objectif et l'oculaire dont on se sert. Car, en elîet, quelles que soientlesdimensions de ce dessin.il ne renfermera jamais que les détails vus avec tels ou tels grossissements; or, ce qu'il importe

de savoir, c'est le grossissement qu'il est nécessaire d'employer pour constater ces mômes détails.

1 82. La distribution dans une même ligure des différents éléments analomiques qu'on veut y faire entrer a une certaine importance.

Si c'est un élément analomique spécial qu'on étudie, ce sont ses différentes formes, ses variétés, qui doivent seule la composer, sauf, dans les cas où, comme pour le cancer, des granulations moléculaires particulières l'accompagneront toujours.

S'il s'agit d'un tissu pathologique composé de divers éléments, on peut figurer ces divers corpuscules réunis dans la même figure en conservant autant que possible leurs proportions numériques, et en donnant de chacun les principales variétés. Ce mode de figurer les objets microscopiques est souvent très utile pour rendre approximativement l'aspect de la préparation, quand il s'agit d'un produit qui n'est pas très compliqué; mais, même dans ce cas, il faut quelquefois donner isolément dans une ou plusieurs figures à part les variétés principales de l'élément fondamental et caractéristique.

Enfin , lorsqu'il est nécessaire de figurer l*enchevêtremenl, la texture des éléments , elle doit être représentée dans une ligure séparée.

Par conséquent, il faut, comme on le voit, dans l'impossibilité où l'on est de figurer tout ce qui se présente sous les yeux dans chaque préparation , faire un choix des principales variétés. Il est rare, du reste, qu'on puisse les trouver dans une seule préparation. Ce n'est, au contraire, qu'après en avoir examiné un grand nombre qu'on finit par reconnaître celles de ces variétés qui

loti DÈS MOYliPiS IMOXl'MJlt.VTIoN KN AiHATOMlË GBNBUAIiE.

se reproduisent le plus suivent , et. qu'on éprouve le besoin, si l'un peut ainsi J i ic , de les dessiner.

103. Il ne iaul pas hésiter à suivre celle marche cl à choisir les lypes de chaque forme principale et secondaire, sans se laisser arrêter par la ridicule objection que le dessin est embelli. Il ne s'agit pas, en effet, dans un dessin, de faire le portrait de la préparation , laquelle varie nécessairement à chaque fois qu'on la renouvelle. Ce qu'il s'agit de faire, c'est de présenter les choses de manière que le lecteur puisse retrouver, dans les cas analogues, les lypes fondamentaux qui le frapperont immédiatement, quelles que soient les différences d'aspect de la préparation.

Il y a exception, bien entendu, pour les cas où il faut figurer des terminaisons de culs-de-sac glandulaires, ou quelques autres tissus, que l'on lient à voir accompagnés de leurs éléments accessoires, quand ils leur donnent un cachet spécial.

des remarques sont faites pour guider les commençants, qui pourraient se laisser ébranler par l'objection mentionnée plus haut, que leur feront certainement les personnes qui voient pour !a première fois un microscope, sans avoir encore une expérience des travaux et des dessins analomiques. Il est , en effet, facile de reconnaître que, le plus souvent, les figures dans lesquelles on a la prétention de représenter tout ce qu'on a vu dans une préparation sont moins exactes que les autres. Elles sont, môme inexactes, en ce sens qu'elles ne renferment et ne peuvenl renfermer qu'une partie des formes que montrent les éléments de chaque tissu, cl comme conséquence, on y remarque fréquemment le cachet d'une observation superlicielle. Par ces mêmes

nu MicBuasQttl'E i:t)Mrusî;. Ii!7 raisons, ce sn n l aussi les ligures les moins instructives, les plus difficiles à comprendre, parce qu'on ne peut y débrouille]' ce qui est important de ce qui n'est qu'accessoire.

Le dessin étant l'ait pour aider l'intelligence du lecteur, tout doit concourir à ce but. Quant à l'observateur, il apprendra bien vite à distinguer, au milieu des parties accessoires ou accidentelles que renferment toujours toutes les préparations, les éléments analomiques types et caractéristiques que renferment les ligures ; lesquelles doivent de toute nécessité être dégagées de ce qui est inutile.

Ce qui, en partie, m'a engagé à insister sur ce point, et ce qu'on n'apprendra pas sans sourire, c'est que cette mélbode, spontanément suivie par M. Lebert, dans l'atlas de son livre (1), ce qui donne à cet allas une grande supériorité sur les iconographies antérieures analogues, a été à l'étranger une cause de reproebes. Cette distribution des figures, la perfection des dessins et de fa gravure, supérieure à ce qu'on possédait en ce genre, et probablement aussi l'emploi des forts grossissements qui ont permis d'ajouter beaucoup de détails restés jusqu'alors ignorés, ont fait dire que ces dessins étaient embellis. Il suffit de comparer à ce qu'on voit à l'aide des puissants pouvoirs amplifiants, d'une part les plancbes de M. Lebert, et d'autre part, celles des auteurs qui ont figuré des objets analogues , pour voir ceux qui se rapprochent le plus de la nature, et juger la valeur de ces singuliers reproebes.

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