‹ Du microscope et des injections dans leur applications à l'anatomie et à la pathologie, suivi d'une classification des sciences fondamentales, de celle de la biologie et de l'anatomie en particulier [electronic resource]Chapitre 37 sur 77 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

sdr l'emploi, en anatomie générale, des moyens physico-chimiques autres que les injections et les microscopes.

Art. i. — Emploi des moyens physiques.

A. Des caractères fournis en anatomie générale par le

sens de fouie.

213. L'emploi de ce sens est assez limité en anatomie générale; il est complètement inutile pour l'élude des éléments anatomiques ; mais il est quelquefois employé pour distinguer les tissus, comme les tissus osseux, cornés, cartilagineux, etc.

On a cherché très souvent à tirer parti du bruit spécial que produisent certains tissus sous la lame de l'instrument avec lequel on les coupe ou on les racle, et on lui a donné le nom de cri du scalpel; mais ce caractère est très mauvais, car des tissus très différents entre eux peuvent produire de la sorte un bruit analogue. Ainsi les pseudo-membranes très dures, comme cartilagineuses , qu'on trouve quelquefois dans les plèvres, crient sous le scalpel comme les cartilages, et pourtant elles n'en contiennent aucun des éléments.

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Ulles sont seulement lihieuses, et leurs libres sont empalées dans une snjbstatïôe amorphe homogène 1res dense Beaucoup de lu meurs librenses. Iihru-p!a.-,liques, des hypertrophies ou alrophies de la mamelle, des tinueurs squirrheuses, etc., peuvent aussi donner lieu à un bruit semblable, malgré la diversité de leur composition élémentaire.

Ce caractère ne devra donc pas èlre employé comme signe dis tin cl if entre plusieurs (issus, mais seulement dans les descriptions pour indiquer approximativement la dureté d'un tissu normal ou morbide, ce qui peut guider le lecteur, puisqu'il n'y a qu'un nombre assez limité. d'organes ou de produits qui soient dans ce cas, assez denses pour produire un bruit au contact du scalpel.

Les moyens imaginés pour perfectionner ce sens, comme le plessimèlre et le stéthoscope, ne peuvent être employés utilement qu'en physiologie et en pathologie.

B. Des caractères fournis en anatomie générale par le

sens du toucher.

214. Après le sens de la vue, c'est le sens du loucher qui est le plus utile, et il est presque constamment en action concurremment avec celui-ci. Il n'enseigne rien relativement aux éléments anatomiques, mais il nous apprend à distinguer les tissus par leur consistance. Il nous fait connaître leur extensibilité, leur résistance à la distension ou à la rupture, leur élasticité, leur fragilité, leur, mollesse, leur ténacité, etc., et les différents degrés de ces propriétés.

Pour les humeurs et les produits liquides ou demi-

EMPLOI DES MOYENS PHYSIQUES. AAl

liquides, il serl à les faire distinguer suivant qu'ils sont plus ou moins gluants, visqueux, tenaces, huileux, savonneux, friables ou pâteux, gras au toucher, etc.

Aidé du sens de la vue, il nous montre si un solide est sec ou humide, imbibé de sérosité, de matières huileuses, ou de tout autre suc susceptible d'être exprimé par la pression et qu'il faut étudier à son tour. C'est là nu caractère très important, qu'on ne doit jamais négliger, qui guide déjà pour la distinction de divers parenchymes glanduleux avant d'arriver à en étudier la texture, et peut même faire constater des différences que l'étude de cette dernière ne montre pas d'une manière très prononcée. Telle est la distinction qu'on peut établir ainsi entre le parenchyme des glandes parotides, sous-maxillaires et le pancréas, ainsi que l'a montré très judicieusement M. Cl. Bernard, soit en exprimant leur tissu, soit mieux encore en le broyant dans de l'eau qui prend des propriétés différentes, suivant la nature du liquide sécrété par ces organes.

La simple expression du suc de certaines tumeurs peut déjà mettre sur la voie de diirérences importantes à l'égard de beaucoup de produits morbides. C'est ainsi que le suc cancéreux, tel qu'il a été décrit par M. Cruveilhier, est caractéristique des tumeurs cancéreuses, et ne se trouve avec ces caractères dans aucune tumeur d'une autre nature. Celles-ci en contiennent souvent, mais qui sont plus ou moins séreux ou visqueux, et toujours différents du véritable suc cancéreux.

C. Des caractères fournis en anatomie générale par l'emploi du calorique.

24 5. C'est, encore pour l'étude des tissus seulement

222 DES MOYENS b EXPLORATION EH ANATOMIE GENERALE.

que le calorique est important à mettre en usage. Dans l'étude du tissu osseux, il sert à détruire les matières organiques et laisse les phosphates conservant la forme de l'organe. Il sert aussi à détruire complètement les matières organiques des autres tissus et des tumeurs, pour obtenir à part les sels qu'ils renferment.

Souvent la combustion simple, sans addition d'acide nitrique, est incomplète, et il reste une masse charbonneuse qui préseute des caractères différents, suivant les diverses sortes de tissus, et dont on doit tenir compte.

Le calorique peut servir à dessécher simplement les divers tissus, et permet de les comparer sous cet état. La coclion a, dans un grand nombre de circo nstauces, fourni à Bichat des caractères distineiifs importants entre les tissus, par les différentes manières dont elle les modifie.

Enfin , par la chaleur on peut, soit coaguler les matières albumineuses que contiennent les liquides, ou reconnaître si un liquide qui n'en contient pas ordinairement, comme l'urine, s'en est chargé palhologiquement.

Art. II. — De l'emploi des moyens chimiques en anatomie générale.

Un grand nombre des recherches d'anatomie générale sont fondées en entier sur les procédés d'analyse chimique, et jusqu'à présent même elles n'ont été faites à peu près que par des chimistes.

De ce que. pour faire l'analyse du sang, de la lymphe, de la bile, de l'urine, etc., etc., en un mol, l'étude statique des liquides, on est obligé d'en faire l'analyse chimique, on a cru que nécessairement c'était là une

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