XXXIV PRÉFACE
nairemëiïl pour les ttbrcs de tltmu cellulaire, de lissu élastique, musculaire, ele.
L'importance de celte histoire analomique des principes immédiats ne saurait être mise en doute : c'est par elle que s'établit la transition entre la chimie et la biologie. Elle exige la connaissance des propriétés physiques de l'eau, des sels, de l'albumine, etc.; mais elle étudie ces corps sous un point de vue nouveau, le point de vue analomique, que le. chimiste ne prend pas en considération. Sans elle il est impossible d'arriver à une connaissance parfaite de la composition des humeurs de l'économie, ni même de beaucoup de tissus. C'est par conséquent le premier chapitre général de l'anatomie, dont les subdivisions, traitant de chaque principe séparément, seront très courtes pour quelques uns d'entre eux; mais ne peuvent pas être négligées. C'est une partie préliminaire, en quelque sorte, de l'anatomie générale, qui par conséquent ne doit pas recevoir une extension trop grande, mais c'est un préliminaire absolument indispensable.
Pour arriver à traiter celle partie de l'anatomie d'une manière complète, lout en restreignant son étendue à de justes limites, M. Verdeil et moi avons entrepris d'en faire l'histoire séparée qui n'a jamais été ainsi envisagée. Aussi avons-nous été obligés de prendre successivement dans tous les travaux publiés en chimie sur les tissus, les humeurs, tout ce qui a été dit à propos de chaque gaz, de l'eau, de chaque sel, de l'albumine, fibrine, etc., afin de faire l'histoire de chacun d'eux en particulier, poursuivi dans toutes les parties du corps. Ce travail, ainsi fait, ramène à leur véritable point de vue un grand nombre de questions anatomi-
(jties, dont le sens a souvent été détourné de la manière la plus singulière, et surtout la plus inutile, par suite du point de départ purement chimique de ceux qui les ont abordées. 11 monlre quelle multitude de travaux stériles a l'ait publier ce vicieux point de départ et que d'efforts ont été ainsi perdus, dans des roules qu'on pourrait parcourir indéfiniment sans arriver à rien d'utile, si ce n'est accessoirement à des résultais étrangers au but poursuivi. Aussi la partie bibliographique, de discussion et historique de ce travail , très intéressante en elle-même, serait-elle de beaucoup plus longue que la partie scientifique proprement dite, c'est-à-dire renfermant ce qui doit rester de ces innombrables mémoires, si ordinairement elle ne nous conduisait à recommencer expérimentalement l'histoire de chacun de ces principes immédiats. Le plus souvent, en effet, au lieu de la trouver faite, on la trouve, en lin de compte, à refaire plus ou moins complètement.
§V.ll a été question précédemment des éléments organiques, et en particulier des principes immédiats qui, après avoir fait partie des êtres organisés, sont rejetés ou tendent à être rejetés.
[| y a là le germe d'une des subdivisions les plus importantes qu'on puisse établir dans l'histoire des parties constituantes des corps vivants. Elle consiste à distinguer les parties constituantes des tissus proprement dits, des produits de l'organisme; parties constituantes envisagées aussi tant comme éléments analoiniques proprement dits que comme principes immédiats ; ainsi , dans les parties constituantes et les tissus, los uns sont produisants, (es autres sont produits.
Celle distinction capitale est le plus profond des
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perfectionnements qui aient été apportés à l'analomie générale depuis Bichal. C'est à M. de Blainville que la science en est redevable. Etablie par lui, à propos des tissus proprement dits, qui à cette époque étaient encore considérés comme étant les éléments anatumiques des corps organisés, elle s'applique aussi nettement aux uns qu'aux autres, à partir des principes immédiats (1). Ce perfectionnement est aussi remarquable en fait, comme application, que sous le point de vue logique. Nous lui verrons prendre une importance croissante et nécessiter des développements de plus en plus grands lorsque nous arriverons à l'élude des tissus et des humeurs. N'ayant ici à nous occuper encore que des principes immédiats et des éléments anatomiques dont sont constitués les tissus, les faits généraux qui suivent sont suffisants pour ce sujet. Ils s'appliquent aussi bien aux tissus qu'à leurs parties constituantes; mais l'inverse n'ayant pas lieu, il faudrait, pour les exposer plus longuement, empiéter sur l'histoire générale des tissus et des humeurs.
La vie, ainsi qu'on l'a vu , réduite à sa notion la plus simple et la plus générale, est essentiellement caractérisée par le double mouvement continu d'absorption et d'exhalation, dû à l'action réciproque de l'organisme et du milieu ambiant, et propre à maintenir entre certaines limites de variations, pendant un temps déterminé, l'intégrité de l'organisation. Par conséquent, envisagé, à un instant quelconque de sa durée, tout corps vivant doit nécessairement présenter dans sa structure et dans sa composition deux ordres de prin-
(1) De Blainville , Cours de physiologie générale et comparée. Paris, 1829, in-8, 1. I, p. 119, et t. III, p. 1 et suiv.