PRÉFACE. XXXV1J
cipes très dilférenls : les matières absorbées à l'étal à' assimilation, les matières exhalées à l'état de séparation. Telle est en réalité la vraie source primordiale de la grande distinction analomique entre les éléments et les produits organiques.
Les corps absorbés, quand ils ont été complètement assimilés, constituent seuls , en effet, les véritables matériaux de l'organisme proprement dit.
Les substances exhalées, les fluides surtout et beaucoup de solides, après leur entière séparation, sont devenus réellement étrangers à l'organisme, et beaucoup ne pourraient même y séjourner longtemps sans danger. Considérés à l'état solide, les vrais éléments anatomiques se trouvent toujours nécessairement en continuité de tissu avec l'ensemble de l'organisme, à l'état de mélange et d'intrieatiou avec d'autres éléments. S'il s'agit de parties constituantes, principes immédiats et éléments anatomiques des humeurs destinées à être assimilées et non à être rejelées, en général circulantes et quelquefois stagnantes, elles siègent constamment dans la profondeur même des tissus en général, dont elles sont également inséparables.
Quant aux simples produits, au contraire, ils ne sont jamais que déposés, pour un temps plus ou moins limité, sur toutes les surfaces tant internes qu'externes avec lesquelles ils sont conligus et adhérents sans contracter aucune véritable continuité ; ou bien, ils sont liquides, semi-liquides, etc., et sont contenus dans des réservoirs communiquant à l'extérieur, annexés aux organes qui les sécrètent.
Sous le point de vue dynamique, les différences ne sont pas moins caractéristiques. Les éléments des tissus
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[tï'dprefnéflt dits présentent une bien plus grande activité (lu double mouvement vital, d'accroissement el de déeroisscmeul p;i r iulus susceplion, que ceux des éléments des produits qui en sonl doués. En effet, la plupart des produits, avant uièine d'être finalement excrétés, sont déjà des substances presque mortes, insensibles, qui ne croissent que par addition lente, quelquefois même inorganique. Leurs altérations chimiques ultérieures, indépendantes de l'action vitale, sonl lié cessairemenl identiques avec celles que ces substances pourraient éprouver en dehors de l'organisme sous de semblables influences moléculaires.
En résumé, les parties constituantes sonl celles qui composent les lissus eux-jnêmes, tandis que les produits sonl étrangers à ces tissus, bien qu'émanés d'eux et susceptibles d'èlre repris par l'absorption (1).
Parmi les produits, les uns sont, comme la sueur, l'Urine, les fèces, etc., destinés à être plus ou moins immédiatement expulsés. Sans aucun usage dans l'économie organique, dès qu'ils sont formés, ils peuvent être considérés comme des corps étrangers dont le séjour trop prolongé peut même entraîner la mort. Plusieurs autres, tels que la salive, les sucs gastrique, biliaire, pancréatique, le sperme, l'ovule, les épilhéliums, le cristallin, les dents, les poils, les ongles, etc., sont des produits de perfectionnement. Les premiers sont liquides et servent, soit à la conservation et à la propagation de l'espèce , comme le sperme et l'ovule, soit à la conservation de l'individu, comme la salive,
(i) Comte, Cours de philosophie 'positive , Biologie . 1. Itl. p. 500. Paris, 1835, in-8 et De Blainville, lot. 8<lti p. 113.
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1rs sucs gastrique, pancréatique etc. Ceux-ci sont conserves, ils prennent part à la série d'actes qu'on désigne collectivement sous le nom de digestion. Ils exercent, comme les substances extérieures et en vertu de leur composition chimique, une action indispensable pour préparer chez les êtres un peu élevés, l'assimilation des matériaux organiques, et deviennent ainsi susceptibles de rentrer réellement en partie dans l'organisme.
La plupart des produits solides sont étroitement unis à devrais tissus dans la structure de certains appareils, auxquels ils fournissent des moyens essentiels de perfectionnements; tels sont les épithéliums, les poils, le cristallin, les dents, etc.
On reconnaîtra facilement que ce perfectionnement fondamental est nécessairement l'un des résultats immédiats d'une application large et rationnelle de la méthode comparative, au grand principe de philosophie analomique établi par Bichat. Lorsqu'on vient à suivre chacun de ces produits dans l'ensemble de la hiérarchie animale, on voit, de la manière la plus sensible, que ces parties douées seulement d'une lente vie de nutrition, qui de plus chez l'ho.i me et les animaux voisins paraissent inséparables de l'appareil fondamental, ne constituent réellement ailleurs que de simples moyens de perfectionnement. On peut, comme pour les humeurs et quelques solides des milieux de l'œil, de l'oreille, etc., constater que leur introduction graduelle s'opère toujours à des termes assignables de la série biologique ascendante.
Mais c'est surtout en poussant l'élude des parties constituantes des corps, au point de vue pathologique.
que l'élude des parlies constituantes des produits devient importante, afin de distinguer la production nouvelle d'éléments semblables à ceux existant déjà dans la production d'éléments qui en diffèrent. Les premières de ces productions ont reçu de M. Lebert (1) le nom d' homœomorphes , et les secondes celles iïhétéromorphes.
Parmi les productions homœomorpbes, les unes sont une formation exagérée d'éléments des tissus proprement dits , et dont on peut par divers moyens quelquefois enrayer la formation ou amener la dissolution. Les autres sont dues à une formation exagérée des éléments des produits proprement dits, et à cause de leur lente vitalité, de leur nutrition très obscure, déterminent un autre ordre de phénomènes que les premiers, altèrent l'exercice des fonctions d'une autre manière. Tels sont, dans le premier cas, les hypertrophies de toutes sortes, musculaires, cellulaires, glanduleuses, etc., et dans le second, les productions épidermiques , cornéeset d'autres encore. Celte division ne s'applique pas seulement aux solides, mais encore, d'une part, aux humeurs assimilables, et de l'autre aux liquides sécrétés dont la production , exagérée ou diminuée , entraîne à sa suite des ordres différents de symptômes. Ils peuvent être altérés par diminution, augmentation , ou modifications diverses éprouvées par leurs parlies constituantes, soit principes immédiats , soil éléments anatomiques proprement dits.
Enfin l'élude des éléments héléromorphes , c'esl-àdire des produits réellement nouveaux, sans analogues
(1) Physiologie pathologique, Paris, 1»Z|5, t. Il, p. 2.
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dans l'économie, doil achever de faire sentir le besoin profond d'une exacte connaissance de toutes les classes de produits. Ce n'est qu'ainsi qu'on parviendra à reconnaître si tels et tels symptômes sont dus à des changements subis par un tissu ou un organe, ou résultent du dépôt de produits nouveaux dans leur épaisseur. Bien souvent ces éléments héléromorphes déposés entre ceux des tissus, ont fait croire à une transformation de ces derniers, tandis qu'il est facile de retrouver les éléments normaux ou hétéromorphes, dans ce mélange; du moins tant que le nouveau produit n'a pas donné lieu à son atrophie (1). Non seulement la production d'éléments héléromorphes,vériiables corps étrangers, peut donner lieu à différents ordres de symptômes, suivant l'organe et le tissu où ils se déposent ; mais des principes immédiats hétéromorphes peuvent se former ou être introduits dans les humeurs. De là divers ordres de symptômes généraux ou locaux, suivant que ces produits nouveaux seront déposés dans les humeurs circulantes assimilables, ou dans les produits liquides recrémenlitiels, comme la salive , le suc gastrique , etc., ou enfin dans les liquides destinés à être excrétés.
En résumé , nous voyons qu'il y a à établir, dans l'élude des parties constituantes des êtres organisés, une division qui consiste à étudier à part celles des tissus proprement dits, et celles des parties produites par ces tissus mêmes; division qu'on peut représenter par le tableau suivant :
(1) De Bluinville, Physiologie comparée, 1829, t. I, p. 121.
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