DE LA U10L0GI14 EN GKKKUAL
doit comprendre ces cinq branches de l'anatomie ; mais on peut séparer les trois premières , parce que les considérations qui s'y rattachent sont très générales, indépendantes de toute fonction spéciale et les dominant toutes , et enfin communes à tous les organes. Ce sont, d'autre part, celles qui s'enchaînent mutuellement de la manière la plus intime.
On a réuni, sous le nom d'anatomie descriptive, l'anatomie des appareils et celle des organes. Mais l'anatomie des appareils, au lieu d'être écourtée en tête de l'ostéologie, de la myologie , de l'angéiologie, etc., comme elle l'est dans nos traités, devrait être traitée à part, à leur suite , et d'une manière complète. Car l'étude des os, des muscles, etc., suppose déjà des notions suffisantes sur tous les systèmes , comme celle-ci suppose la connaissance des tissus, et comme celte dernière exige celle des éléments anatomiques. L'anatomie des appareils devrait donc avoir dans nos traités une place bien plus vaste, et faire ainsi la transition à la physiologie. La nécessité en est tellement sentie que l'étude de chaque fonction est précédée, dans nos traités de physiologie, d'un résumé analomique de chaque appareil qui n'est certainement pas à la place méthodique qu'il devrait occuper. Loin de faciliter l'étude des fonctions , il vient rompre l'homogénéité qui doit y régner, et interrompre à chaque instant le cours des idées et l'enchaînement des fonctions les unes aux autres.
f)E l/ANATO»UE.
Art. III. — Distinction analomique entre les végétaux et les animaux.
169. Toutes les considérations qui précèdent sont propres aux végétaux et aux animaux; mais dès l'instant où l'on est obligé d'aborder la description d'une partie quelconque d'un être vivant, dès que l'on commence la partie descriptive et d'application, il est indispensable de savoir à quoi s'en tenir sur la séparation entre les végétaux et les animaux. Celte distinction peut être établie aux points de vue statique et dynamique, comme la séparation entre les corps bruts et vivants; c'est par conséquent à l'anatomie à fournir celte solution , car la séparation slatique entraîne avec elle l'état dynamique correspondant.
Rien de vague et de diffus, rien de moins satisfaisant pour l'esprit, rien ne le laisse indécis et irrésolu, comme tout ce qui a été fait pour établir une distinction entre les végétaux et les animaux, sauf ce qifen a dit M. de Blainville. Mais les recherches modernes ont beaucoup changé à plusieurs égards, ce qu'on doit mentionner dans un parallèle distinctif de ce genre.
A. Au point de vue statique.
170. 1° Sous le rapport des corps élémentaires , il n'y a de différence entre les végétaux et les animaux que dans leur proportion relative. Le carbone est plus abondant chez les végétaux que chez les animaux; mais le fait n'est vrai qu'autant que l'on prend les matières fraîches, dont le poids, chez les animaux, est dû surtout à l'eau qui s'y trouve en quantité infiniment plus con-
sidérable que chez les végétaux. Mais il n'en est rien si l'on prend les matières sèches; on a ainsi :
Cellulose.
Fibrine.
Albumine.
Gélatine.
Carbone. .
Hydrogène.
Oxigène. .
2Zi,26
Azole . . .
po:oo
Il faut ajouter à ces trois derniers corps , 0,53 de phosphore et 0,36 de soufre.
A ce titre, c'est l;oxigène qui prédomine chez les végétaux et se trouve en quantité plus de moitié moindre chez les animaux. Mais c'est surtout la présence de l'azote qui est très abondant chez les animaux et bien plus rare chez les végétaux, qui établit la différence la plus tranchée. Les autres corps simples ne sont qu'accessoires à côté de ceux-ci, et varient à l'infini sans fournir rien de caractéristique dans les uns et les autres de ces corps.
171. 2° Sousle rapport des principes immédiats, ce sont les composés ternaires qui dominent chez les végétaux, et les composés quaternaires chez les animaux. Les uns et les autres existent dans les deux règnes; mais les principes au moins quaternaires, comme la caséine, la fibrine, l'albumine, etc., sont en quantité très petite dans les végétaux, et en quantité considérable dans les animaux. Ce sont, au contraire, les principes ternaires, coujme ja cellulose, etc., qui abondent dans les végétaux , même dans les plantes les plus simples et microscopiques, comme les Navicula, Closterium, Baccillaria, Frustulia, et beaucoup d'autres (1).
(i) Sçhmidt, Zur vergleichenden Physiologie der virbellosen
PE LANATOMIK. 'Wl
La présence de la cellulose chez certains animaux Tuniciers peijt avoir quelque importance pour ceux qui cherchent des distinctions absolues en quoi que ce soit, et elle en aurait une réellement si l'on faisait jamais l'analyse d'un être pris en masse pour savoir s'il diffère des autres : encore les principes azotés, dans ce cas, prédomineraient chez ces animaux ; mais il n'en a aucune en réalité pour la pratique, puisque cette cellulose ne se trouve pas dans les tissus de l'animal proprement dit, dans ses muscles, ses viscères, etc. Elle existe seulement dans ses enveloppes extérieures, c'est à-dire dans une partie du corps comparable à la coquille des mollusques testacés. Si par conséquent on avait à établir une distinction entre ce produit qui forme leur enveloppe et quelque autre tissu végétal et animal, c'est à l'analyse anatomique cju'il faudrait recourir, quoique les substances des matières azotées et minérales unies à la cellulose soient, dans ces animaux, deux fois plus considérables que celles observées dans l'épidémie des plantes (Payen) (1).
Les autres principes immédiats sont très variables et ne fournissent aucune donnée importante. Ceux qui sont extraits des produits végétaux et animaux sont dans le même cas. De plus , ils ne doivent pas nous arrêter parce qu'ils ne peuvent être comparés que chez un certain nombre d'êtres, et principalement chez ceux dont l'organisation et la composition sont si différentes, qu'il
Thiere, 1845. Nœgeli, Zeitschrift fur wissenschafttiche Botanik. Heft. II, p. 44.
(1) Rapport sur le mémoire de MM. Lœwig et Kœlticker, concernant la structure et la composition de l'enveloppe des Tuniciers. {Ann. des sciences ml-, (. V, p. 288, 1846.)
n'y a pas <le don le sur leur distinction. Du reste, plusieurs de ces produits, considérés en eux-mêmes , et surtout dans leurs principes immédiats, sont analogues : tels sont huiles, les résines, les essences, les baumes, chez les végétaux ; les graisses, les huiles grasses chez les animaux; mais leur comparaison appartient à la chimie, et ne présente aucune utilité en biologie sous le point de vue qui nous occupe.
172. 5° Sous le rapport des éléments anatomiques , les différences sont plus frappantes que sous les autres points de vue ; elles sont aussi plus importantes, parce que dans la pratique ce sont elles qui sont le plus directement utiles. Ce sont les plus caractéristiques, et une fois constatées, les précédentes ne sont que secondaires.
Chez les végétaux, quels qu'ils soient, les éléments anatomiques sont des cellules plus ou moins allongées ou polygonales, et de forme caractéristique quand on les compare à celles des animaux; ou bien ce sont des tubes cloisonnés d'espace en espace, parce qu'ils sont formés de cellules allongées placées bout à bout. Dans ces celluies on peut toujours reconnaître une paroi formée de cellulose bien distincte, et pendant qu'elles sont encore vivantes et même longtemps après leur mort, la paroi de cellulose est tapissée en dedans par une mince utricule de nature azotée, découverte par Hugo Mohl. C'est par conséquent dans la cavité de celle-ci que se trouvent le liquide et les granulations diverses qu'elle renferme. C'est à cette utricule qu'apparlientle noyau quand il persiste et non à la paroi de cellulose; elle disparaît dans les cellules des parties dures et ligneuses. La plupart des faits d'embryogénie et de développement des
PE LANATOMfE. 1 ' '»
cellules tendent à faire admettre , avec Hugo Mc-hl, que c'est la partie la plus importante des cellules végétales au point de vue des phénomènes organiques vitaux, et que la paroi de cellulose n'est, à proprement parler, qu'un produit secondaire destiné surtout à la protection de l'utricule primordiale azotée (1).
Chez les animaux, au contraire, les éléments analomiques ne sont pas ordinairement des cellules; ce sont des fihres, des tubes non cloisonnés, etc., et entièrement formés de matières azotées. Lorsqu'ils sont sous forme de cellules, très souvent on ne peut distinguer nettement la paroi ou contenant, du contenu; car cet élément anatomique est une masse homogène de matière azotée, ayant un noyau, des granulations à l'intérieur et tous les autres caractères généraux de forme, de volume, etc. , des cellules ; mais ce n'est pas toujours une cellule proprement dite dans le sens propre de ce mot. Enfin, dans les cas où la paroi est distincte du contenu, cette paroi est toujours de nature azotée; elle présente au contact de l'iode les réactions des substances qui renferment cet élément, tandis que la paroi de cellulose, chez les végétaux, ne montre jamais ces caractères (2).
Les différences dont nous venons de parler s'appliquent aussi bien aux animaux ou végétaux microscopiques, formés en quelque sorte par une seule cellule, qu'aux éléments anatomiques proprement dits des êtres plus compliqués.
(1) H. Mohl , Observât, sur la struct. de la cell. végétale. (Ann. des se. nat.,Bot., 1845, t. III, p. 71.)
(2) Lœwig et Kœllicker, Mém. sur la struct. et la composition de l'enveloppe des Tuniciers. (Ann. des se. nal., I8/16, t. V, p. 193.)
474 DE LA BIOLOGIE EN CfcNÉRAL.
173. Quant aux spores des cryptogames, elles se distinguent de l'ovule des animaux par le fait de leur cnvelbppe qui esl formée de cellulose, tandis que la membrane vitelline des derniers esl azotée. Reste encore à savoir si l'enveloppe des zoospores, munies des cils vibratiles, est formée de cellulose ou azotée. Dans ce dernier cas, il pourrait se faire qu'il ne fût pas possible de les distinguer de certains ovules animaux. Mais il faut remarquer que les ovules ou germes sont des produits de l'organisme, el que lors même que le cas précédent se présenterait, ce qui est peu probable el à peu près prouvé en sens contraire, il ne contredirait en rien le fait général, qui est vrai pour les êtres parfaits.
174. Les cellules embryonnaires de tous les végétaux font seules exception , et encore dans les premiers temps seulement de leur formation. Le vit e!l us de l'ovule végétal est, en effet, formé dé granulations renfermant des substances azotées, et elles sont réunies en masse par une substance homogène de nature azotée. Or, par le fait du fractionnement, cette masse se divise en petites sphères, comme le vitellusdes animaux ; elles restent en contact les unes des autres, mais ce ne sou! pas encore des cellules.
L'action de la teinture d'iode montre qu'elles sont uniformément imprégnées des matières albumineùses. Ce n'est que peu à peu qu'elles s'entourent d'une paroi de cellulose, véritable cellule qui les enveloppe, et à l'intérieur de laquelle la sphère de fractionnement se montre avec les caractères de l'utricule primordiale. Comme on le voit, il ne s'agit pas encore ici de l'être parfait , mais du germe, produit de l'organisme végétal, qui se distingue de celui des animaux par la nature de
son enveloppe vitellihe. Mais dès t'inslanl où le con tenu de celle enveloppe a pris les caractères de l'embryon, les éléments anatomiques qui le composent diffèrent dans les deux règnes organiques.
175; Ce même fait se présente dans l'ovule mâle, dont les cellules embryonnaires, en se modifiant, constituent les spermatozoïdes ou les grains de pollen. Chez ceux-ci se forme une enveloppe de cellulose qui ne permet pas de les confondre avec les produits animaux. Mais les spermatozoïdes mobiles des algues sont formés d'une substance entièrement imprégnée d'azote, et s'ils n'étaient colorés en vert, oh rie potirrait peutêtre pas les distinguer des spermatozoïdes des animaux ou même de certains animaux microscopiques : cette confusion a même été faite quelquefois. Cependant il faut remarquer qu'il ne s'agit ici que de cellules embryonnaires spéciales, et non d'êtres parfaits ; que de plus, nous ne les envisageons encore qu'au point de vue statique.
Dans la majorité des cas, l'examen statique des êtres suffit pour distinguer les végétaux des ahimaUx; mais il ne suffit pas dans lé cas spécial qui nous occupe. On comprend facilement qu'il peut en être ainsi dans quelques unes de ces circonstances, et que les caractères, de forme, de couleur, etc., ne puissent suffire pour déterminer si un spermatozoïde appartient à une algue ou à un animal ; mais encore une fois, un spermatozoïde n'est ni un animal, ni un Végétal, mais un produit spécial qu'il est toujours possible de distinguer de tout être parfait.
176. Ce n'est qu'en étudiant les êtres quels qu'ils soient, sous les deux points de vue dynamique et stati-
170 DE LA BIOLOGIE EN GEiNEHAL.
que, qu'on peut parvenir à les distinguer. Or, en procédant de la sorle, il n'est pas d'être auquel on ne puisse reconnaître un ensemble de caractères qui sont les attributs des végétaux pour les uns, des animaux pour les autres. En un mot, en procédant ainsi, il est constamment possible d'arriver à distinguer les animaux des végétaux par des caractères trancbés, qui doivent faire tomber les doutes que soulèvent encore quelques auteurs.
Ce n'est que par un vice de méthode que l'on peut être conduit à admettre des êtres ambigus, présentant à la fois les caractères des végétaux et des animaux. C'est pour ne pas avoir eu de notion exacte de l'idée de vie et, d'autre part, de celle de l'organisation végétale et animale ; c'est pour avoir confondu ces deux idées ensemble, que quelques auteurs, reconnaissant des phénomènes vitaux chez certaines plantes, ont été conduits à dire qu'elles présentaient les caractères mixtes de l'animal et du végétal.
Ce sont surtout les phénomènes de molilité mal interprétés qui ont induit en erreur. N'étant d'abord accordés qu'aux êtres pourvus de nerfs et de muscles, et n'étant pas bien connus dans les spermatozoïdes et les cellules à cilsvibraliles, qui ne sont que des éléments anatomiques vivants, doués de propriétés particulières, et non des animaux , on considérait alors ces phénomènes comme un caractère propre à l'animal. Sachant actuellement que les cellules épilhéliales à cils vibraliles vivent et se meuvent pendant des heures en dehors de l'animal dont elles faisaient partie, sans pour cela qu'on soit autorisé à dire qu'elles constituent un animal, puisqu'elles ne se reproduisent pas, on ne doit pas
DE L'ANATOMIK. 1"
ôlre élonné de trouver que des produits végétaux» comme les zoospores et les spermatozoïdes des algues, présentent les mêmes phénomènes. Mais celle propriété ne suffit pas pour en faire des animaux, puisqu'ils n'en présentent pas l'organisation, ni même le mode de reproduction et de développement.
Les êtres qu'on a voulu confondre ainsi ne sont donc que des produits, soit végétaux, soit animaux. Ils peuvent toujours êlre séparés par le mode de leur évolution, quand ce sont des ovules à cils vibralils. Quelquefois, s'il s'agit de cellules épithéliales vibratiles ou de zoospermes, ils ne peuvent pourtant pas être déterminés comme de nature végélale ou animale. Mais, ne se développant pas ou ne pouvant se reproduire, ils seront toujours reconnus comme n'étant pas des êtres parfaits. Du reste, dans la grande majorité des cas, sinon toujours, leurs caractères physiques et chimiques permettent d'en déterminer exactement la nature.
\ 11 A0 Sous le rapport de V arrangement réciproque des éléments anatomiques ou texture, les différences sont aussi grandes que les précédentes, mais elles en dérivent et sont moins caractéristiques. Ainsi chez les animaux, quand les éléments analomiques sont sous forme de cellules, leur texture se rapproche de celle des végétaux, quelquefois assez pour qu'il soit nécessaire de recourir aux différences qui distinguent les cellules animales des cellules végétales. Mais, comme nous le verrons, il n'y a guère que les produits animaux (épidémie, poils, etc.) qui soient dans ce cas; c'est-à-dire qui soient formés par des cellules plus ou moins métamorphosées, comme le sont tous les tissus végétaux.
Les tissus animaux proprement dits étant formés de
IIe PARTIE. 12
fibres, qui ne sont pas creuses el cloisonnées , comme les fibres végétales, ne ressemblent en rien aux tissus végétaux, ni par leurs caractères extérieurs, ni par leur texture. Au lieu d'être rectilignes et parallèles comme dans les plantes, elles sont enchevêtrées, ou, quand elles sont parallèles, des éléments analomiques d'une ou de plusieurs autres espèces les parcourent el les croisent en tous sens. Jamais non plus dans les végétaux on ne trouve, comme chez les animaux, des tissus ayant pour base des substances homogènes et parsemées de corpuscules divers, leur donnant un cachet spécial.
Chez les animaux pourvus de vaisseaux, ceux-ci ne sont pas d'un volume égal dans toute leur étendue , ils ne sont pas cloisonnés d'espace en espace, ni formés de cellules disposées bout à bout comme dans les plantes. De plus, comme le fait remarquer M. de Blainville.il n'y a pas de vaisseaux dans les extrémités absorbantes des radicules végétales, il n'y a que des cellules; tandis que chez les animaux pourvus d'un système vasculaire les parties absorbantes sont presque exclusivement formées de capillaires. Mais il faut observer que les êtres qui sont dans ce cas se distinguent déjà assez nettement parleur forme, leur composition et leurs éléments anatomiques, pour qu'il ne soit pas nécessaire de recourir à celle particularité d'organisation, autrement qu'au point de vue théorique.
Quant aux êtres de petit volume, ceux qui se ressemblent le plus entre eux, les seuls pour lesquels la forme, l'aspect extérieur ne soient pas suffisants pour établir une distinction presque immédiate dans la majorilé des cas, les seuls qui exigent encore souvent l'application des caractères qui précèdent, c'est par la comparaison
de l'anatomik. 179
de leurs éléments anatomiques qu'on parvient à les distinguer. Leur texture est, en elîet, très simple et quelquefois assez analogue, niais chez les végétaux microscopiques représentés par une seule, cellule ou plusieurs réunies bout à bout, la paroi de cellulose limitant une cavité distincte pleine de liquide les caractérise. Chez les animaux, au contraire, le petit animal représente une niasse à peu près homogène et parsemée de corpuscules qui sont autant d'organes; mais la périphérie comme le centre du corps sont de nature azotée, ainsi que le montre facilement l'action delà teinture d'iode et d'autres réactifs.
178. 5° Sous le rapport de la forme, les différences tirées exclusivement de ce caractère sont insuffisantes, dans un grand nombre de cas, chez les êtres les plus simples des deux règnes organiques ; il faut alors recourir à celles que présentent les éléments organiques et leur texture. Tels sont par exemple les végétaux de la famille des diatomées , qui sont symétriques , etc. Mais la forme symétrique et ramassée des animaux, autour d'un axe ou de chaque côté d'un plan, tranche nettement à côté de la forme allongée et ramifiée des végétaux, qui détruit toute symétrie de l'être pris en masse; de telle sorte qu'on ne trouve de symétrie que dans quelques organes, ceux de la génération par exemple, et encore dans les plantes colylédonées seulement et quelques mousses.
Les zoophytes qui sont groupés en nombre plus ou moins considérable sur une partie commune el ramifiée, présentent, il est vrai, les caractères fondamentaux que nous signalons, comme propres à la majorité des plantes et manquant chez les animaux. Ces cas excep-
ifiO DE LA BIOLOGIE EJS GÉNÉRAL.
lionnels, quoique peu nombreux, détruisent néanmoins l'absolue généralité des différences précédentes tirées de la forme, et forcent de recourir aux différences tirées des éléments organiques de la composition et de la texture , qui sont les plus caractéristiques , et ne laissent aucun doute à l'esprit.
B. Au point de vue dynamique.
179. 1° Sous le rapport du mode de formation ou naissance et du développement , les végétaux et les animaux sont semblables dans les premières périodes. Ainsi les ovules des mâles et femelles naissent par formation spontanée d'une cellule spéciale , au milieu des cellules qui remplissent la vésicule de Graaff ou les tubes ovariens chez les animaux , et au milieu des cellules qui jouent le même rôle dans les plantes. Puis cette cellule se modifie peu à peu, perd ses caractères de cellule proprement dite, ou d'élément anatomique primitif, son contenu devient granuleux, la vésicule germinative y devient plus ou moins apparente; à cette période l'œuf est mûr et chez les mâles a lieu spontanément le phénomènedu fractionnement , d'où résultent les cellules embryonnaires du germe du mâle, qui se modifient peu à peu pour former les grains de pollen chez les phanérogames , les spermatozoïdes chez les cryptogames et les° animaux. Ceux-ci, par leur contact avec l'ovule femelle , déterminent le même phénomène de fractionnement du vitellus ; les sphères de fractionnement s'entourent d'une enveloppe et forment ainsi les cellules embryonnaires femelles, éléments analomiques primitifs ou embryonnaires.
Le phénomène est au fond le même dans les deux rè-
«Des or'
DE LANATOMlli.
B o u. gaéliques. Dans l'un et l'autre règne aussi, les ceHulès qui se forment chez les êtres complètement développés, et celles qui sur l'embryon se forment après le fractionnement duvitellus, naissentspontanément , se font de toutes pièces, par génération spontanée, ayant dès leur apparition tous les caractères fondamentaux caractéristiques qu'elles posséderont toujours, sauf le volume, qui est ordinairement plus petit et grandit peu à peu.
Mais c'est à partir de ce moment que se montrent les différences qui les séparent. Ils sont restés analogues pendant toute la durée de la naissance proprement dite, fonction commune aux végétaux et aux animaux , mais ils commencent à se différencier dès l'instant de la formation des éléments organiques définitifs. En effet, ceux-ci se forment chez les végétaux par simple changement de forme des cellules; par métamorphose de celles-ci en closlres du tissu fibreux , en trachées , vaisseaux ponctués, etc.. Chez les animaux, au contraire, après avoir vécu quelque temps sous forme de cellules, ces éléments organiques embryonnaires se dissolvent peu à peu , et peu à peu aussi les éléments analomiques définitifs, fibres musculaires, de tissu cellulaire, tubes nerveux, etc. , se substituent à elles, en se formant spontanément de toutes pièces dans le blastème qui résulte de leur dissolution. Ainsi chez les végétaux il y a métamorphose directe des cellules embryonnaires en éléments analomiques définitifs; chez les animaux il y a substitution des éléments aux cellules embryonnaires qui se dissolvent.
Toutefois dans le règne animal, les produits (épiderme, ongles, plumes, etc.) qui ont une vitalité moins
l»E LA BIOLOGIE UN UÉNURAL.
active que les autres éléments organiques, tissus véritablement d'organisation inférieure, qui ne reçoivent ni nerfs ni vaisseaux, se forment aussi par métamorphose directe des cellules, et en cela se rapprochent de ce qui se passe chez les plantes: mais les tissus vraiment animaux et actifs ne sont jamais dans ce cas.
4 80. 2° Sous le rapport du mode de composition d'où résulte l'accroissement ou l'augmentation, il n'v a pas de différence fondamentale entre les végétaux et les animaux Les uns et les autres absorbent à l'élal liquide ou gazeux les substances qui doivent servir à la nutrition.
Cependant les végétaux se distinguent en ce que celte absorption se fait, toujours à l'extérieur chez les plantes quelles qu'elles soient. Plus elles s'éloignent du degré de la plus grande simplicité propre à quelques unes d'elles, plusse compliquent, les organes chargés de cette fonction. C'est toute la surface extérieure du corps dans les plantes cellulaires; mais dans les plantes vasculaires le chevelu des racines et les feuilles rendent celle fonction beaucoup plus énergique chez les plantes qui en possèdent. En même temps apparaissent les ramifications du végétal qui concourent avec les organes précédents à établir entre le végétal el l'animal des différences frappantes.
Chez les animaux, l'absorption se fait aussi par toute la surface du corps; mais si chez quelques uns elle est bornée, comme chez les végétaux, à la surface extérieure, chez la plupart une cavité est creusée dans l'épaisseur du corps, el l'enveloppe extérieure se prolonge dans ce conduit, qui constitue le canal digestif. Celle disposition particulière de l'enveloppe générale donne
DE DiANA-TOMII*.
à Tabsorplion une activité beaucoup plus grande que dans les planter Ainsi, dans le végétal comme dans l'animal, il y a deux surfaces absorbantes; mais dans le premier elles sont bout à bout, et se réunissent au collet ou nœud vital, tandis que dans l'animal l'une est renlrée dans la masse que limite l'autre à l'extérieur.
Mais ces différences n'établissent pas une distinction fondamentale entre les deux règnes; car elles ne se rencontrent qne chez les êtres dont la forme, le volume, la texture, etc., sont déjà très distinctes, Elles ne se montrent pas chez ceux que leur simplicité d'organisation rapproche le plus , telles sont les éponges, certains infusoires, comparés à un grand nombre de végétaux microscopiques; pour ceux-là, il faut nécessairement recourir aux caractères tirés des éléments organiques , du développement, etc.
L'absence de conduit intestinal enlraîne avec elle la nécessité d'un milieu liquide, qui présente les substances nutritives en dissolution, sans digestion préalable, et permet à l'animal de s'y mouvoir ou de s'y fixer suivant sa volonté; chez les plantes, il faut en outre le plus souvent un milieu gazeux. La présence d'un tube digestif permet aux animaux d'introduire des substances solides sur lesquelles il exerce une action liquéfaetive préalable, et il n'y a pas nécessité pour lui d'adhérer au sol, tandis qu'au contraire il peut le plus souvent se mouvoir en tout ou en partie, pour aller au-devant de la masse alimentaire.
Ce sont là autant de caractères distinclifs nouveaux, qui ne doivent pas nous arrêter, puisqu'ils ne sont qu'une conséquence des précédents. Il eu est à! plus
184 DE LA BIOLOGIE EN (iEMÉltAL.
forle raison de même de la circulation , l'onction entièrement accessoire, liée indispensablement à une cavité digestive et manquant même très souvent là où existe un tube intestinal. Quant à la manière dont se fait la nutrition proprement dite, ou l'assimilation, elle se fait de la même manière dans les deux règnes. L'accroissement se fait aussi dans l'un et dans l'autre, et en longueur et en épaisseur.
181. 5° Sous le rapport de de décomposition , d'où résulte le décroissement ou la destruction , nous n'avons qu'à répéter ce qui a été dit relativement à la nutrition. L'exhalation générale est aussi nécessaire aux uns qu'aux autres: elle se fait de la même manière; elle est également en rapport avec les circonstances extérieures , en même temps qu'avec l'absorption.
La différence tirée de l'acide carbonique absorbé par les plantes qui rejettent ensuite de l'oxigène, et des animaux qui agissent en sens inverse, est généralement vraie pour les êtres d'une organisation compliquée et très différente ; mais chez les êtres les plus simples il n'en est pas de même : ils se ressemblent en tous points à cet égard. Tels sont les Euglenaviridis, quirespirent comme les plantes vertes et la plupart des champignons microscopiques qui absorbent l'oxigène et rejettent de l'acide carbonique, comme la plupart des animaux.
Enfin, quant au mouvement de décomposition intime, dont l'alternative continuelle avec le mouvement de composition caractérise la vie , il est le même dans les deux classes de corps organisés.