C. Définition des végétaux et des animaux
104. Cet examen comparatif des deux classes de corps organisés nous conduit à reconnaître' que :
1° Les végétaux sont des êtres organisés, formés de cellules proprement dites, ou de fibres et tubes eelluteux
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cloisonnés, ayant la cellulose, substance très oxitjénée, pour principe immédiat fondamental de leurs éléments anatomiques définitifs , lesquels se forment par simple métamorphose des cellules embryonnaires du germe.
u2° Les animaux sont des corps organisés ayant la propriété de se contracter volontairement, formés soit de substances homogènes et granuleuses seulement, soit en même temps de fibres pleines, ou de tubes non cloisonnés et de cellules; ayant l'albumine et ses congénères, substances très azotées , pour principes immédiats de leurs éléments anatomiques définitifs, lesquels se forment far substitution de toutes pièces aux cellules embryonnaires du germe.
185. Celle délîniLion des végétaux et des animaux ne renferme que ce qui est rigoureusement commun à l'ensemble des êtres de chaque règne organique. Elle ne lient pas compte, pour les végétaux, de l'état ramifié et souvent complexe de chaque individu, c'est-à-dire de parties dont chacune représente en petit l'individu total. C'est, qu'en effet, les êtres auxquels elle s'applique le [dus exactement sont les plus simples de tous. Mais, à mesure que l'organisation se complique davantage, rien de fondamental n'est changé à cet état de plus grande simplicité ; ce sont seulement des parties nouvelles, accessoires en quelque sorte , qui viennent s'ajouter à celles dont l'existence est constante.
186. Les végétaux microscopiques les plus simples ne sont formés en général que par une seule cellule, ni) seul élément analomique, qui ne diffère des éléments des êtres complexes que par la forme ou le volume et la propriété de se reproduire directement et de vivre iso-lé de tout antre ; tels sont les protococcus. Beaucoup
1HU DE LA MOLOGJIÎ KN GÉNÉRAL.
de végétaux ne présentent d'abord d'autre complication que d'être formés de deux ou de plusieurs cellules placées bout à bout; plus tard , enfin , plusieurs se placent l'une à côté de l'autre, et au fur et à mesure de cette complication , les éléments anatomiques varient de forme et d'organisation, et en même temps les fonctions se spécialisent davantage. Des organes nouveaux apparaissent; des individus nouveaux se montrent sous forme d'autant de rameaux , pouvant en général être détachés, vivre , et se produire loin du tronc commun.
-187. Si, dans la définition des animaux, il n'est pas fait mention du tube digestif, c'est qu'il n'existe pas chez tous les animaux : tels sont les Spongiaires, les Vibrioniens, les Monadiens, etc., les plus simples de tous (1). C'est parce qu'on ne connaissait pas d'une manière encore assez exacte la structure et les propriétés des éléments anatomiques, que l'on a cru jusqu'à présent à la nécessité d'un tube digestif pour distinguer les animaux des végétaux, et pour se rendre compte de la possibilité de leur nutrition. Mais, à cet égard, Tétonnemenl cessera si l'on se rappelle que les faisceaux primitifs des muscles, les corpuscules ganglionnaires atteignent des dimensions deOmm,05 à 0mm,10, et ne sont en contact avec les vaisseaux que par quelques parties de leur surface sans cesser de se nourrir ; que la corde dorsale, les cartilages, etc., ne reçoivent pas de vaisseaux et se nourrissent ; et surtout enfin que les ovules de beaucoup d'animaux, que les larves d'Astéries, Oursins, etc., nagent dans l'eau à l'aide de cils vibra-
(1) Dujardin, Histoire naturelle des in fusoires , Paris, 1841, in-8 , et Mèm. sur la sarcode ( Ann, des sciences nul., 184...).
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tils et s'y nourrissenl, puisqu'ils s'y accroissent avant d'être êcloses et sans avoir encore trace de tube digeslif.
Or déjà, à cette époque, il est impossible de méconnaître, tant par leur structure, leur forme, leur contraclilité, etc., que ce sont des animaux, ce que démontre la suite de leur évolution. Par conséquent une définition qui ne s'appliquerait pas aux nombreux genres d'infusoires des trois ou quatre ordres de cette classe et aux larves dépourvues d'intestin, serait nécessairement fautive.
Comme la définition des végétaux, celle des animaux répond en quelque sorte à la définition qu'on pourrait donner de leurs éléments anatomiques , si ce n'est que ceux-ci manquent de la propriété de se reproduire par germes ou ovules. C'est que chez les animaux aussi les êtres les plus simples se rapprochent quelquefois de la forme des cellules embryonnaires ou des éléments définitifs cellulaires; mais les différences sont bien plus grandes que celles qui distinguent les Protococcus des cellules d'une plante quelconque. Ils se séparent des cellules végétales en ce qu'il n'y a pas de distinction nette entre l'enveloppe de l'infusoire et la masse de son corps.
Les cellules animales embryonnaires ou définitives, quoique ayant les caractères généraux des cellules, ont, il est vrai, très souvent les mêmes caractères ; mais les cils des infusoires, la contraction totale ou partielle volontaire de leur corps, la disposition des granulations qu'ils renferment, et d'autres caractères encore, manquent dans les éléments organiques animaux qui ont la forme de cellule. Ces faits montrent que des modi-
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fications importanlcs, et bien plus considérables que les changements qui oui lieu dans les cellules végétales en voie de développement, se sont passées dans révolulion de ces êlres.