‹ Du mode d'action des eaux minérales de Vichy et de leurs applications thérapeutiquesChapitre 14 sur 38 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

CHLOROSE ou PALES COULEURS.

Il est peu d'affections contre lesquelles les eaux de Vichy aient un effet salutaire plus assuré que contre la chlorose, maladie si fréquente à l'époque de la puberté chez les jeunes filles d'une certaine constitution. Que cette maladie tienne à un certain état des organes de la génération ou à toute autre cause ; qu'elle soit liée à un mauvais état des voies digestives ou à d'autres affections qui peuvent la compliquer, toutes questions que je ne crois pas nécessaire d'examiner ici, le fait est que ces eaux, soit par la seule influence sur le sang des chlorotiques de la petite quantité de fer qu'elles contiennent, soit par l'excitation imprimée à la vitalité de tout leur système vasculaire par l'action combinée de

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tous les éléments qui les minéralisent, la modifient de la manière la plus heureuse.

On ne s'aperçoit pas toujours immédiatement de leurs bons effets ; du moins la pâleur persiste encore quelquefois assez longtemps : cependant bientôt, en général, l'appétit se développe, les digestions se font mieux, et les malades ne tardent pas à s'apercevoir qu'elles sont plus fortes et qu'elles peuvent marcher plus longtemps et plus vite, sans être aussi essoufflées qu'auparavant. Elles reprennent aussi plus de gaieté, et si la pâleur du visage subsiste encore, lorsqu'elles quittent Vichy, après un mois ou cinq semaines de séjour^ l'amélioration de leur état n'en est pas moins déjà très sensible par la diminution ou la cessation plus ou moins complète de tous les autres symptômes. Mais ce n'est le plus souvent que quelques semaines, et même quelques mois après la cure faite à Vichy, que, l'amélioration continuant à faire des progrès, les malades peuvent juger par la plus grande animation de leur teint, par la cessation des palpitations et de l'oppression pendant la marche, et par le rétablissement plus complet de leurs forces, de tout le bienfait des eaux.

Pour mieux faire comprendre les résultats que l'on peut obtenir dans ce cas, il me suffira de donner ici une des observations que j'ai recueillies.

— Une jeune demoiselle du Nivernais, d'une constitution lymphatique, me fut amenée par sa mère, le 19 janvier 1834, dans l'état chlorotique le plus prononcé. Un an auparavant, et six mois après l'établissement de la menstruation, ses règles s'étaient supprimées, et, à dater de ce moment, tous les symptômes delà chlorose s'étaient manifestés. Lorsqu'elle arriva à Vichy, les règles avaient reparu

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