DES EAUX DE VICHY
12 ans.
6 ans.
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» On a dû remarquer que sur quatre-vingts cas de goutte articulaire, traitée par les eaux de Vichy, on compte soixante-dix cas de succès plus ou moins prononcés ; que le plus grand nombre de ces malades, qui éprouvaient plus ou moins de difficulté à marcher, avaient au moins une ou deux attaques chaque année et ressentaient des souffrances presque continuelles, ont, sous l'influence des eaux de Vichy et des boissons alcalines, recouvré la faculté de marcher, n'ont pas eu d'accès de goutte depuis au moins deux ans (1" série), ou bien ont vu (2^ série) leurs accès devenir plus rares , plus courts et moins douloureux ; que chez tous , la santé générale s'est améliorée, qu'ils ont repris la force, l'embonpoint, la gaieté qu'ils avaient perdus depuis longtemps ; enfin que, malgré la disparition ou la diminution de leur goutte, ils n'ont éprouvé aucun accident consécutif. Les 10 malades qui composent la 3'' série ont eu quelques accidents que des médecins attribueront sans doute au traitement alcalin, tandis que d'autres les considéreront comme indépendants de cette médication bien dirigée.
» Il résulte donc que les probabilités de succès qu'offrent les eaux de Vichy et les boissons alcalines dans le traitement de la goutte articulaire, ont été fixées sur un nombre assez grand d'observations , surtout quand il s'agit d'une maladie très rare dans les hospices; qu'à la vérité, cet agent thérapeutique ne réussit pas toujours également bien , même dans des cas en apparence semblables ; qu'on ne doit pas en espérer des effets tellement constants qu'ils ne souffrent aucune exception , avantage que ne présentent même pas les remèdes dits spécifiques ; que
398 AFFECTION GOITTEUSE.
néanmoins les eaux de Vichy , non seulement peuvent être avanlageusement employées contre la goutte articulaire, mais même, qu'elles doivent être préférées , par la facilité de leur administration et leur peu d'inconvénient , aux autres remèdes antiarthritiques (1).
» Il est vraisemblable que toutes les eaux minérales qui renferment une certaine quantité de bicarbonate de soude, jouissent de la même propriété •' telles sont les eaux de Vais (Ardèche) , de Saint-" Nectaire (Puy-de-Dôme) (2), etc., etc.
» Jetons actuellement un coup d'œil sur l'action que les eaux thermales de Vichy exercent sur lamarche de la goutte articulaire aiguë ou chroniquescar il ne faut pas perdre de vue que les faits contenus dans ce rapport, n'ayant trait qu'à la goutte articulaire, nous devons nous borner à l'examen des effets thérapeutiques de ces eaux contre cette espèce de goutte. Personne n'ignore que la goutte
(1) » Les spécifiques anti-goutteux les plus préconisés, tels que' l'eau médicinale de Husson, les leintures de V\^ilson et de Reynoldy ■ le via de colchique, n'ont, d'après Scudaraore {ouvrage cité) , qu'une influence puiement palliative et temporaire , et quoiqu'ils fassent disparaître les symptômes, ils laissent dans toute sa force le germe de la maladie et provoquent chez les goutteux des douleurs irrégulières, une inflammation obscure, du découragement et un état de langueur. Cet auteur ajoute que , d'après son expérience , aucun cas de goutte n'a été aussi long et aussi intraitable que \oyÏ-'" qu'il a été combattu par ces remèdes empiriques. r
(2) » L'eau de Saint-iNeciaire, d'après l'analyse de notre collègue M. Boullay, contient par litre 2 gram. 025 de bi-carbonale de soude ; celle de Vais, analysée par M. Berthier, renferme par litre 7 grami 157 * de bi-carbonate de soude. Ce sel est presque pur dans les eaux dé Vais, qui , d'après leur composition , doivent avoir la même efficacité que la fontaine des Célestins à Vichy, l'.esle à savoir si l'observation médicale sanctionnera ce que la chimie nous fait pressentir.
AFFECTION GOUTTFAISE. 399
aiguë se caractérise par des effets douloureux, d'une durée variable, mais passagers, et ne laissant après eux que des traces peu sensibles. Avant la lecture des observations de M. Petit , nous étions loin de penser que les eaux de Vichy, qui sont stimulantes, pussent convenir dans cette forme de goutte où dominent les symptômes inflammatoires ; mais lès observations 3, 7, 9, 18, 20, 23, 2i, 27, 29, 61 et 64 démontrent que les attaques de goutte aiguë, qui viennent compliquer fréquemment à Vichy la goutte articulaire chronique , sont moins intenses et durent moins longtemps, quand les malades sont soumis à l'action des eaux et suffisamment alcalisés. La fièvre qui résulte de la violence de l'accès arthritique n'est pas même une contreindication — obs. 3,7 — .
» Lorsque les goutteux sont pris d'attaques , à Vichy, ce qui arrive souvent pendant la première saison qu'ils y passent , ils se chagrinent , se tourmentent de l'idée qu'ils vont être obligés de garder le lit pendant deux, trois ou quatre mois, plus ou moins, suivant la durée ordinaire de leurs accès, et ils sont tout surpris d'en être délivrés en quelques jours — obs. 29 — . Cette recrudescence de la goutte articulaire, sous l'influence des eaux de Vichy, prises particulièrement en bains — obs . 1 6 , 20 , 40 — , ne surprend pas le médecin qui sait qu'un des principaux effets des eaux minérales — lesquelles sont toutes plus ou moins excitantes — , est de réveiller les douleursassoupies ou d'exciter celles qui existentencore, pour les faire ensuite disparaître. Ce phénomène est frappant dans la cure du rhumatisme chronique par les eaux thermales ; les goutteux ne doivent donc
pas se laisser décourager et perdre le bénéfice d'une cure commencée en apparence sous de fâcheux auspices, d'autant plus que le paroxysme qui les saisit est de courte durée, et que les douleurs sont incomparablement moins vives que dans les autres attaques, lorsque, comme nous l'avons dit, ils sont alcalisés. Il n'est pas rare non plus de voir, durant le traitement minéral , la goutte se déclarer à la suite d'un trouble quelconque dans l'économie — — obs. 66 — , d'une chute — obs. 21 — , d'une affection aiguë, d'un rhume et surtout d'une inflammation à la gorge — obs. 50, 52 — .
» La goutte articulaire chronique est ordinairement consécutive à la goutte aiguë, quand les parties malades ont été plus ou moins longtemps fatiguées par les retours réitérés de cette affection. Elle est caractérisée par le gonflement œdémateux et persévérant des articulations, par la gêne des mouvements, avec douleur dans les efforts qui tendent à les exécuter; elle est tantôt indolente dans le repos, tantôt douloureuse avec des exacerbations correspondant surtout aux changements de temps. Examinons jusqu'où peut aller la puissance du traitement alcalin contre les désordres que la goutte chronique entrelient dans les articulations.
» Uœdhme, que l'on remarque aux pieds, aux jambes et quelquefois aux genoux de plusieurs goutteux, est toujours une suite de longues attaques et d'accès souvent répétés ; il diffère de l'œdème ordinaire en ce que, dans ce dernier, il n'y a point de douleur dans la partie œdématiée, tandis que l'œdème des goutteux est presque toujours accompagné d'une sensibilité plus ou moins grande des articulations
AFFECTION GOITTEUSF. 401
dans le voisinage desquelles on l'observe. Ce gonflement œdémateux se remarquait particulièrement chez les malades qui sont le sujet des observations 2, 3, 22, 23, 31, 49, 68, 76. Depuis l'emploi des eaux de Vichy, ce gonflement œdémateux a disparu avec la sensibilité des articulations.
La contracture, qui consiste dans une rigidité des muscles et des tendons sur lesquels a séjourné plus ou moins longtemps l'irritation goutteuse, peut céder aux eaux de Vichy, quand elle est récente et lorsqu'elle n'existe qu'à un faible degré. Le malade — obs. 3 — qui avait depuis quelque temps les doigts d'une de ses mains déviés et forlement inclinés sur le bord cubital, a vu ses doigts se redresser après la première saison qu'il a passée à Vichy. Ces eaux ont remis en action la main droite d'un autre goutteux — obs. 40 —, et le malade peut écrire. Mais toutes les fois que la contracture des muscles et des tendons est très ancienne — obs. 19, 67 — , les eaux de Vichy sont impuissantes pour faire disparaître ce genre d'altération.
)) Le?, douleurs qui sont propres aux engorgements articulaires, soit qu'elles dépendent des efforts que l'on fait pour exécuter ou compléter la flexion des articulations engorgées, soit qu'elles tourmentent le malade, même pendant le repos, se remarquaient chez un grand nombre de goutteux la première année qu'ils sont venus à Vichy; nous citerons entre autres les observations 2, 3 , 5, 20, 22, 25, 26, 27, 68. Chez tous ces goutteux, et nous pourrions citer tous ceux qui ont suivi le traitement, la sensibilité des articulations a cessé graduellement ; chez un assez grand nom]>re, elle a disparu même tout à
fait — obs. 2, 5, 26, 27, etc. — .En général, il est rare qu'au bout d'une ou deux années d'un traitement bien suivi, les goutteux conservent de la sensibilité aux articulations, à moins qu'il n'y ait une grande roideur et un commencement d'ankylose, ce qui gêne la marche et entretient longtemps la sensibilité.
» Les ankyioses incomplètes se forment lorsque les douleurs et la tuméfaction des ligaments ont tenu l'articulation dans unelongueimmobilité; les articulations étaient plus ou moins roides et inflexibles chez les sujets des obs. 3, 22, 28, 30, 41, 43, 49, 53, 54, 56. Ainsi le malade— obs. 3 — avait les articulations des pieds si peu flexibles, qu'il ne pouvait descendre un escalier qu'à reculons , et aujourd'hui la souplesse de ces parties lui permet de les descendre comme s'il n'avait jamais été goutteux. Celui de l'observation 22 n'avait plus que très peu de mobilité dans les pieds, et il ne fléchissait les genoux qu'avec une grande difficulté, et maintenant il a une assez grande flexibilité dans toutes ces parties. Le n° 28 avait beaucoup de peine à marcher, et aujourd'hui il se promène sans avoir besoin de canne. Le n" 49, qui avait les doigts presque inflexibles , les fléchit actuellement très bien ; le n" 53, qui ne pouvait marcher qu'à l'aide d'une béquille et soutenu par son domestique, voyage maintenant et vaque à ses affaires. Chez les ti°^ 54 et 56 , les genoux s'étendent plus qu'avant le traitement; le n° 54 avait môme les rotules presque immobiles; elles ont repris une mobilité assez étendue. Mais chez le n"^ 38 l'articulation du gros orteil gauche est soudée; chez le n° 39 les articulations des pieds et des mains sont restées roides et presque ankylosées.
»Les nodosités-— no(\us,iuhytume\nfi tophacées — -
sont, comme l'on sait, des concrétions que la goutte dépose souvent autour des articulations et quelquefois sous la peau dans différentes régions du corps, particulièrement autour des mains, des pieds et le long des membres. Chez le sujet de l'obs. 3, deux tumeurs de ce genre , placées l'une à la malléole externe du pied droite l'autre sur une main, ont disparu pendant la première cure à Vichy. Quelques unes des concrétions arthritiques que portaient les malades des observations 22, 53, 54, 76, ont sensiblement diminué ou même ont disparu ; mais dans l'observation 58 , quelques concrétions de la plante du pied persistent , d'autres s'ouvrent ; quelques unes même se sont développées depuis et malgré le traitement alcalin.
» ïl résulte des remarques précédentes que les eaux de Vichy n'ont qu'un pouvoir très limité pour faire disparaître les altérations que la goutte chronique occasionne sur les articulations , et qu'à cet égard elles diffèrent peu des autres sources thermales; mais elles possèdent une propriété plus précieuse , puisqu'elles peuvent prévenir ces désordres articulaires, en atténuant la sévérité et la fréquence des accès goutteux, et même en obviant à leur retour.
» Les goutteux ont une tolérance remarquable pour les eaux de Vichy ; M. Petit les prescrit ordinairement depuis six jusqu'à vingt verres ; mais , malgré sa défense expresse, les malades en prennent souvent une quantité beaucoup plus considérable. De là résultent quelquefois des accidents qu'on impute aux eaux et au médecin qui les dirige, tandis qu'ils sont dus uniquement à l'indocilité des malades. Ainsi le sujet de l'obs. 3 a bu en vingt- quatre heures, à l'insu de M. Petit , pendant un accès de
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goutte avec fièvre, (lualrc-vingl-qiiatre verres d'eau minérale , qui représentent 84 grammes de bi-carbonate de soude; celui du n" 26 en but chaque jour, pendant toute une saison, cinquante verres; celui du n° 58 en prenait quarante verres, lorsqu'il ne lui en était ordonné que dix à douze; celui du n° 14 buvait chaque jour aussi ti^ente verres au lieu de dix, et témoigne dans sa lettre à l'Académie qu'il n'en éprouvait qu'un redoublement d'appétit. En voyant boire impunément une si grande quantité d'eau de Vichy, quelques médecins prétendent que cette eau minérale n'agit pas autrement dans la goutte que les quarante- linit verres d'eau tiède de 5 à 6 onces chaque , vantés par Cadet de Vaux (1) comme le meilleur antigoulteux, et que le traitement par l'eau pure, préconisé par un paysan d'Allemagne (2) ; mais , sans vouloir contester les avantages de l'eau commune, employée avec modération, il est évident, comme l'a d'ailleurs prouvé l'expérience, que quarante-huit verres d'eau tiède, ingérés le
(1) De la goulle et du rhumatisme; Paris, 18'2/|, in-12.
(2) Cel Esciilape ruslique , nommé Priesnilz , qui voit accourir chez lui, à Graefenberg, en Silésie , des malades de toute condition, a eu l'idée de ressusciter la méthode tout à fait abandonnée, dont le docteur Floyer se servit en Angleterre vers la fin du xvi" siècle, et que les docteurs Sigismond et Jean-Sigismond Halin , père et fils, l'un et l'autre imitateurs de Floyer, remirent en vogue en Silésie pondant les années 1732, 1738 et 17/|3 , comme le prouvent les traités suivants: Psyehroluosia velus renovala; Psycltroluosia , el unlerrichl von Kraft und Wirliung des frischen Wassers, etc. Breslau uiid Leipzig, 17/i3.
Plusieurs ouvrages ont éié publiés depuis quelques années sur Phydriatric, notamment les suivants : Manuel dliydrosudopathie , ou Trailemenl des maladies par l'eau froide , la sueur, l'exercice el le régime, suivant la méthode de V. Priesnilz, employée dans l' établi s. <iemcnt de (îracfenherfj , par le docteur l'.igfl. l'ari:--, 18'i(t, in 1S. — Exposition des méthode!^ liydrialriqnes
AFFECTtON GOUTTEUSE. 405
matin à jeun, provoquent des nausées, des vomissements , et débilitent singulièrement l'estomac. MM. Mérat et de Lens citent (1) deux faits oi^i cette méthode curative a produit des accidents graves. Quant à l'eau froide pour toute boisson , personne n'ignore que c'est un bon préservatif de la goutte, en fortifiant l'estomac et en délayant le sang trop épais, comme le dit Boerhaave; mais elle ne détruit pas le principe générateur de la goutte (l'acide urique), et, sous ce rapport, elle ne peut être nullement comparée à l'eau de Vichy, riche en sels et surtout en bi-carbonate de soude.
i) Sans nier l'utilité de l'eau de Vichy factice, nous devons faire observer que les malades supportent beaucoup mieux l'eau minérale naturelle ; il est constant, d'après les observations de M. Petit, que les goutteux peuvent avec grand avantage porter la dose des eaux naturelles jusqu'à 20 à 25 verres, tandis que l'expérience prouve qu'à des doses semblables, le bi-carbonate de soude en dissolution dans l'eau commune est pris avec répugnance par
PiHesnilz , dans les diverses espèces de maladies; considérées en elles-mêmes et comparées avec celles de la médecine allopathique, par les docieiirs H. Hcidenhaiii et H. Elirenl)ert;. Paris, 18^2, in- 18. — HydroUiérapeulique, ou VArt de prévenir et de guérir les maladies sans le secours des médicaments , par l'eau, la sueur, le bon air, V exercice, le régime et le genre de vie, par Ch. Miinde. Paris, 18/j2, in-12.
L'iiydrialrie, employée avec intelligence et comme moyen de provoquer de temps en temps des transpirations, peut être utile chez les goutteux, particulièrement cliez ceux qui ne peuvent se livrer à aucun exercice, et dont, par conséquent, les fonctions de la peau se font mal ; mais, comme le fait remarquer M. Pâtissier, dans une noie jointe à son liapporl , il suffit souvent qu'elle soit recommandée par un médecin habile et désinlcressé, pour que le charme, la confiance, la soumission et la persévérance des malades s'évanouissent.
(1) Dictionnaire de maiièrc médicale, t. III, p. 8.
quelques malades, qui d'ailleurs ne peuvent en supporter une aussi grande quantité. Ainsi, le malade de la 45« observation, qui buvait chaque jour à Yichy 5 à 6 bouteilles de l'eau des Célestins sans le moindre malaise, ne peut prendre qu'un verre d'eau alcaline par jour et se plaint de maux de tête, s'il dépasse cette dose. La prolongation des boissons alcalines a produit aussi des maux de tête aux malades des observations 16, 20.
«Plusieurs goutteux ont été en proie à des accès de goutte à la suite de bains préparés avec de l'eau thermalepure — obs.40 — , ou mêmeavecun mélange par tiers d'eau douce — obs. 16, 20 — .Ce paroxysme goutteux provient-il des principes constituants de l'eau, de sa température ou de l'immersion seule dans l'eau ? car on sait que les goutteux prétendent que les bains leur sont en général nuisibles. Quoi qu'il en soit, les malades des 37« et 38^ observations se sont mieux trouvés de l'eau de Vichy en bains qu'en boisson, parce qu'ils avaient l'estomac très irritable.
» Nous avons dit que le régime végétal était salutaire pour atténuer la goutte; un pareil régime a délivré de cette affection pendant quatre ans le malade de la 80« observation; mais celui-ci ayant été obligé, par diverses circonstances, de l'observer moins rigoureusement, la goutte se renouvela et résista cette fois au régime végétal pur. Ce qui est digne de remarque, c'est que, sous et malgré l'influence de ce régime, la gravelle du même malade a acquis un notable accroissement. Quoique les sujets des observations 20, 22 et 69 n'aient obtenu aucun amendement dans leurs douleurs goutteuses par le régime végétal, nous n'en sommes pas moins con-
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vaincus que la sobriété , sinon le régime végétal pur, est un puissant moyen de combattre la goutte et de seconder le traitement alcalin — obs. 76 - . Les observations 24 , 25 et 26 prouvent que les écarts dans le régime provoquent promptement l'invasion de la goutte.
» Quant aux accidents qui peuvent résulter de l'emploi des eaux de Vichy, on remarque, en analysant les quatre-vingts observations de M. Petit, des crampes d'estomac par abus des eaux —obs. 3 — ; le retour d'une gastralgie — obs. 39 — ; de la diarrhée pendant la cure — obs. 73 — , après la cure — obs. 74 — ; un flux de sang par les selles ^ — obs. 75 — ; une irritation intestinale par abus des eaux — obs. 71 — ; l'ictère — obs. 65 — ; une irritation à la gorge — obs. 72 — ; un affaiblissement de la voix et une débilité générale — obs. 78 — ; des douleurs de tête nerveuses — obs. 4, 77 — ; le sang se porte à la tête — obs. 76 — ; des maux de tête passagers par la prolongation des boissons alcalines — obs. 16,
» Quant àl'attaqued'apoplexie — obs. 79 — , et à la pneumonie — obs. 80 — , votre commission est convaincue que ces maladies sont en effet le résultat de la rétrocession de la goutte sur le cerveau et la poitrine; mais que ces accidents que Ton voit fréquemment dans la pratique, sont tout à fait indépendants de l'usage des eaux de Vichy, puisque , chez ces deux malades , le traitement alcalin n'avait pas fait disparaître la goutte a laquelle ils étaient en proie, quelques jours avant leur décès. Nous ajouterons que le sujet de l'observation 79 avait des dispositions apoplectiques avant d'avoir recours aux eaux de Vichy. Ayant discuté, à l'article de chacune des pb-
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servations 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79 el 80, la valeur qu'on peut accorder aux accidents survenus, nous n'insisterons pas sur ce point; nous ajouterons seulement que , de quelque manière qu'on envisage ces accidents, ils démontrent que les eaux de Yichy sont un remède actif, qu'il faut administrer avec modération et discernement.
)3 Enfin , il est une dernière considération sur laquelle M. Petit insiste Ijeaucoup , que nous jugeons également d'une haute importance, que les goutteux ne doivent jamais oublier, c'est que la goutte étant une maladie constilutionnelle, souvent héréditaire , dont le principe se reproduit continuellement dans l'organisme, il est indispensable, pour la combattre avec succès, que ces malades fassent un usage liabiluel, constant ou presque constant de boissons alcalines, et que s'ils négligent — obs. 55 — ce moyen à la fois curatif et préservatif, si en même temps ils n'observent aucun régime , ils s'exposent certainement à voir leurs attaques se renouveler. 11 n'est pas douteux pour nous que si les substances alcalines qui ont réussi dans le traitement de la goutte à Van-Swielen, Colborne , Falconner et Ingenhousz , ont été abandonnées par les médecins de notre siècle , c'est que n'étant pas employées avec persévérance, elles n'ont eu et n'ont pu avoir qu'un succès éphémère. Ne craignons donc pas de le répéter, et c'est le résumé de toutes nos observations, si les goutteux veulent atténuer et prévenir leurs accès, ils doivent, môme lorsqu'ils ne souffrent pas, rester sobres, éviter l'usage trop exclusif de la viande et de tous les aliments très azotés, de toutes les substances stimulantes, et s'abstenir particulièrement de vin pur, de liqueurs, et en général
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de toutes les boissons alcooliques, et enfin, faire un usage habituel , ou en se permettant tout au plus quelques courtes interruptions, d'eau de Vichy naturelle , ou d'eau ordinaire rendue plus ou moins alcaline , au moyen de bi-carbonalc de soude. On a pu se convaincre, en lisant les faits que nous avons cités , qu'un grand nombre de goutteux sont loin d'avoir été dociles à cette recommandation.
» Tout ce qui précède a dû vous faire comprendre, messieurs, que, dans l'impossibilité de réunir dans un hôpital la classe d'hommes le plus ordinairement atteints de la goutte et d'expérimenter sur eux les eaux de Vichy, nous avons été forcés de nous borner au rôle d'historiens, c'est-à-dire à vous exposer les faits cliniques communiqués par M. Petit , à les vérifier et à constater les résultats consécutifs du traitement alcalin. Laissant à une égale distance les préventions de l'enthousiasme et celles de l'incrédulité, nous avons compté y pesé ces faits avec l'attention qu'ils méritent, et n'ayant épousé aucun parti, nous ne craignons pas de déclarer hautement que l'impartialité et l'amour du vrai ont toujours dicté nos jugements. La gravité de la question que vous nous avez chargés d'éclaircir nous fera sans doute pardonner l'étendue de ce rapport, dont la majeure partie est composée d'observations particulières que nous ne pouvions abréger plus que nous ne l'avons fait, sans les mutiler et leur faire perdre tout intérêt. Quant aux conclusions qui nous restent à formuler, elles auraient eu sans doute plus de valeur auprès de vous , si elles avaient été déduites de faits contradictoires qui auraient eu l'avantage de rendre la vérité plus manifeste, parce que, comme
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l'on sait, du choc des opinions jaillit la lumière; mais il nous a été impossible de vous satisfaire à cet égard , parce que M. le médecin titulaire de Vichy n'a pas transmis à l'Académie les observations pratiques qui le portent à considérer les eaux de Vichy comme nuisibles dans le traitement de la goutte articulaire.