‹ Du mode d'action des eaux minéro-thermales de PlombièresChapitre 10 sur 21 · LES VENTOUSES SCARIFIÉES ET SÈCHES · texte numérisé non relu

LES VENTOUSES SCARIFIÉES ET SÈCHES

Les ventouses sont un des remèdes les plus anciennement connus et l’un de ceux qui étaient au moyen-âge le plus employés aux eaux thermales. Il paraît qua Plombières, au siècle dernier encore, on regardait leur application comme le complément nécessaire du traitement de nos eaux, et que tous les baigneurs s’y faisaient ventouser, au moins une fois, pendant leur séjour. C’était abuser d’un excellent moyen, et cet abus avait fini par le mettre dans un discrédit tel, qua mon arrivée à Plombières on ne connaissait plus les ventouses que de nom. J’ai contribué beaucoup à les remettre en honneur, et je dois avouer ici que je leur dois un grand nombre de guérisons remarquables. Dans les inflammations chroniques, alors que de fréquentes applications de sangsues ne peuvent être supportées par les malades, on peut prescrire sans crainte les ventouses scarifiées dont on modère à volonté l’écoulement, et qui ont sur les sangsues le grand avantage de ne point affaiblir autant les malades et de produire une dérivation souvent très-puissante. Les ventouses sèches, quoique moins ae-

tives, ont cependant, dans certains cas, une grande énergie.

Mrae V..., de Plombières, avait, depuis longtemps, la santé la plus délabrée. Enceinte, elle avait eu pendant tout le cours de sa grossesse, une ascite et une anasarque. Trois jours après ses couches, elle se leva et marcha sans chaussure sur un pavé humide et froid, et elle eut à l’instant même une hémiplégie complète.

L’état de son pouls, tous ses précédens ne me permettaient pas de recourir à la saignée générale. Je lui couvris les cuisses et les jambes de ventouses sèches, et en une demi-heure, la compression cérébrale et les accidens qu’elle avait produits, avaient entièrement cessé.

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