‹ Du mode d'action des eaux minéro-thermales de PlombièresChapitre 6 sur 21 · DES DOUCHES · texte numérisé non relu

DES DOUCHES

Les douches ont, à Plombières, une trop grande part dans le traitement des maladies pour que je n’en parle pas ici avec quelque détail.

Nous avons à Plombières plusieurs espèces de douches : la douche descendante ordinaire, la douche intestinale, la douche vaginale et la douche écossaise. Les trois premières ont une action pareille; elles agissent sur les surfaces avec lesquelles elles sont en contact, en les stimulant d’autant plus énergiquement qu’ elles ont une plus grande force d’impulsion, que leur température est plus élevée et leur diamètre plus considérable. Cette action seule a déjà une grande puissance: tantôt elle peut produire une utile dérivation , tantôt une modification heureuse

dans la sensibilité des surfaces sur lesquelles elle s’exerce; mais là ne se bornent point les effets de ces douches: si on les dirige, de manière à ce que les secousses quelles impriment, retentissent surtout , dans les organes hypertrophiés , par suite dune inflammation chronique, alors, redonnant aux veines et aux lymphatiques l’action qu’ils avaient perdu, l’absorption reprend une énergie nouvelle et souvent suffisante pour ramener en peu de jours l’organe hypertrophié à ses dimensions premières. Comme dans l’emploi du bain chaud, il faut, dans ce cas, étudier avec soin la sensibilité des malades, et craindre, en ne la ménageant pas assez, de développer des affections aiguës beaucoup plus graves souvent que les affections chroniques que l’on voulait guérir.

De la douche écossaise .

La douche écossaise, ou douche alternativement froide et chaude, agit bien moins par sa force d’impulsion que par ses changemens brusques et fréquens de température, lorsqu’en vingt ou trente secondes, elle passe de 20 degrés Réaumur, par exemple, à 28 ou 3o, et vice versa . Au moment où l’eau froide cesse de couler, la peau tend à réagir contre l’impression qu’elle a produite ; l’eau chaude vient augmenter cette réaction de tout son effet ; et quand revient l’eau

froide, elle trouve déjà une peau plus vivante, si je puis dire ainsi , et plus disposée à réagir contre elle. Ces actions et ces réactions ont donc pour effet d’appeler à la peau et plus de sang et plus d’influx nerveux. Si, pendant leur durée, on a soin de faire prendre aux malades un bain de jambes de 3o ou 5a degrés, on s’oppose à toute surexcitation cérébrale; et en activant les fonctions de la peau, en augmentant ainsi la vitalité de cette vaste enveloppe, on guérit une foule d’accidens nerveux et d’inflammations chroniques. Lorsque cette douche sera plus connue, elle sera fréquemment employée, je le crois, dans la pratique ordinaire.

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