‹ Du Mode d'Action du Bicarbonate de Soude sur l'EstomacChapitre 12 sur 16 · PR QE · texte numérisé non relu

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Du reste, on peut très souvent se rendre compte en clinique de ces deux périodes quand on entreprend de traiter un hyperchlorhydrique par le bicarbonate de soude. Le plus souvent la dose qui suffisait au début du traitement à calmer les douleurs devient insuffisante au bout de quelques jours, l’hyperchlorhydrie s’étant momentanément accentuée, ce n’est qu'après une médication prolongée qu’on peut diminuer la quantité du médicament où même la supprimer, l'effet sédatif étant produit.

Mais comment se fait-il qu’un même médicament excitant toujours la sécrétion chlorhydrique arrive après un temps plus ou moius long de son emploi à produire une dépression ?

Pour l'explication de ce fait paradoxal on en est réduit aux hypothèses et parmi celles-ci il en est une très ingénieuse défendue par MM. Linossier et Lemoine au dernier congrès de médecine subordonnant l’action dépressive du bicarbonate de soude à l’alcalinisation du sang par ce médicament. |

D’abord on peut admettre qu’une excitation modérée mais continuelle de la muqueuse amène une suractivité persistante, ce qui expliquerait les bienfaits des petites doses de bicarbonate de soude chez les hypochlorhydriques. Mais que cette excitation soit trop violente et souvent répétée comme dans le traitement de l’hyperchlorhydrie et on arrive à l'épuisement de la muqueuse.

Du reste, en thérapeutique nous voyons bien d’autres exemples de médicaments produisant d’abord une action excitatrice, puis une action dépressive lorsqu'ils ont été employés pendant un certain temps et à doses assez fortes. La morphine, par exemple, après avoir provoqué au mo-

Ed ment dés premières injections une excitation de l'intelligence et des sens, arrive lorsque les doses sont souvent répétées et augmentées, à produire une dépression si ce n’est sur l’intelligence, tout au moins sur les sens.

On peut encore admettre (et cela paraît être le mécanisme principal) que l'excitation est le résultat de l’action immédiate du bicarbonate de soude sur les glandes gastriques et la dépression le résultat de l’alcalinisation du sang.

Cette hypothèse nous permet parfaitement de comprendre les effets différents du bicarbonate de soude.

De petites doses sont en effet insuffisantes à influencer le milieu intérieur et alors l’action locale excitante existe seule.

Avec de fortes doses, au contraire, et souvent renouvelées, la muqueuse est épuisée par des excitations trop vives et répétées, l’alcalinité du milieu intérieur s’accentuant l’action générale sédative devient prédominante et la sécrétion gastrique suit le sort des autres sécrétions telles que l'urine, lasueur qui, normalement acides, finis sent par devenir alcalines sous l'influence de l’administration prolongée du bicarbonate de soude.

À cette hypothèse donnée par MM. Linossier et Lemoine pour expliquer l’action éloignée du bicarbonate de soude, Dujardin-Beaumetz en ajoute une autre dans un article déjà cité de la Revue internationale de médecine et chirurgie pratiques, D’après lui :

« L’hyperchlorhydrie est dans l'immense majorité des cas le fait d’une irritation ou d’une congestion de la muqueuse gastrique. Les eaux alcalines alors agissent ici comme pansement de là muqueuse enflammée ; ayant une

bicarbonate de soude peut parfaitement s’ajouter à ses

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