TROISIÈME PARTIE
# ACTION ANALGÉSIQUE =
F- Lorsque des douleurs stomacales se manifestent sous Re l'influence d’une sécrétion gastrique trop acide, il est évi- E- dent que l’administration d’un sel alcalin tel que le bicar- É AE bonate de soude en saturant les acides de l'estomac, déterminera l’apaisement des souffrances. Aussi cette action = analgésique du bicarbonate de soude sur l’estomac lorsque élément douleur est symptomatique d’un trouble de la = - sécrétion, fut reconnue dès que les troubles de la secrétion Pa = = chlorhydropeptique furent eux-mêmes nettement diffé- | D renciés. re | .
2 Certains cliniciens même s'appuyant sur cet effet cal- 8 mant du bicarbonate de soude en cas d'hyperchlorhydrie : se pensèrent en faire un moyen de diagnostic de cette affec- ns. tion sans avoir recours à l’étude du chimisme stomacal.
Mais cette idée doit être rejetée, car si le bicarbonate de soude calme les douleurs des hyperchlorhydriques, il calme aussi les douleurs d’autres malades qui peuvent ne point être des hyperchlorhydriques et qui même quelquefois sont des ‘hypochlorhydriques. M. Linossier * en effet vient de rapporter à la Société des sciences médicales de Lyon un certain nombre d'observations qui montrent que l’action analgésiante du bicarbonate de soude ne se produit pas uniquement en° cas d’hyperacidité] gastrique. Ces observations parmi lesquelles se trouvent plusieurs cas de néoplasmes et d’autres cas dans lesquels l’analyse du suc gastrique a démontré un chimisme soit normal, soit hypochlorhydrique, tendent à prouver que le bicarbonate de soude a un effet analgésique sur la plupart des crises douloureuses paraissant d’une façon fixe vers la fin de la période digestive, lorsque le médicament est administré à ce moment,
Voici le fait tel qu'il est prouvé par l'histoire de malades dont le chimisme stomacal a été fait avec soin et chez lesquels les effets du médicament ont été minutieusement suivis.
Maintenant comment l’expliquer ? Cette action analgésiante! est-elle due à la, saturation de} la faible quantité d’acide contenue encore dans le suc gastrique et capable d’irriter une muqueuse malade? Estelle due encore à évacuation de quelques résidus alimentaires, évacuation provoquée par le réveil de la contractilité stomacale sous l'influence du bicarbonate de soude ? Est-ce l'acide carbo-
! Linossier, Sociét? des sciences médicales de Lyon, 1895.
dl —
nique dégagé par ce sel qui détermine une action anesthésique sur la muqueuse gastrique? Peut-on encore attribuer cet effet à l'issue d’ure certaine quantité de gaz Stomacaux par le cardia ; issue déterminée par une trop grande distension de l’estomac sous l'influence de l’acide carbonique dégagé?
Voici autant d’hypothèses que l’on peut invoquer pour interpréter cet effet calmant du bicarbonate de soude sur les douleurs stomacales. M. Linossier pense que ces différentes actions du bicarbonate de soude sur l’estomac peuvent se combiner pour produire une action analgésique sur la muqueuse ou bien agir séparément. A la fin de la période digestive, en effet, les douleurs peuvent être dues soit à quelques parcelles alimentaires restant dans l’estomac et l’irritant, soit à l’acidité du chyme, soit à une trop grande quantité de gaz; aussi le bicarbonate de soude peut bien produire un effet calmant à la fois en détermi nant l’évacuation des derniers restes alimentaires, en saturant les acides, en anesthésiant la muqueuse par l’acide carbonique dégagé et en déterminant l’évacuation de gaz trop abondants ou bien par une seule de ces diverses propriétés.
Néanmoins sans chercher à trop approfondir une interprétation qui pourrait être prématurée, nous n’avons jusqu'ici à retenir que le fait de l’action analgésique qui est appuyé sur de justes preuves. Mais cette action anal gésique du bicarbonate de soude n’est pas non plus indéfiniment durable. Souvent pour l’obtenir, on est obligé d'augmenter progressivement les doses ; quelquefois même au bout d’un certain temps l’emploi de doses de plus en plus fortes ne suffit plus à arrêter des douleurs qui dis-
Re paraissaient les premiers temps sous l'influence de faibles quantités de cetalcalin.
Mais en cela le bicarbonate de soude ne fait que suivre le sort des autres analgésiques; car nous n’avons en thérapeutique aucun calmant dont les effets puissent durer indéfiniment.