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qu’on le remarque bien, il y a loin de la ronciliation à la pacification et l'une n’est pas du tout l’autre, Les affirmations, comme les négations ue l'Eglise, ne sont pas conciliantes, n’ouvrent pas la porte à la libre circulation de toutes les doctrines. Elles sont, au contraire, des murs et des remparts, et, comme dit un auteur fort bien pensant: elles ne composent pas, elles tranchent,
Si l'Eglise, qui à la véri. £ toute entière et qui seule l’a, ne veut point de la conciliation à propos de principes, pourquoi nous, ses enfants et ses enfants dévoués, si nous nous en rapportons à nos protestations de chaque jour, nous obstinerions-nous à vouloir en faire ? Laïssons done là cette besogne condamnée: prenons la vérité t ‘c qu'elle est, telle que nous la donne Pierre vivant dans ses. «ours ebtnc nousattachons qu’à elie, après avoir répudié tou. vains et dangereux systèmes imaginés pour la marier avec l'erreur.
L'égoisme nait de l'orgueil, et, comme l’orgueil, il engendre le inodérantisme. Combien de catholiques sont ou deviennent modérantistes parce qu'ils sont égoïstes ! Te nombre en est très grand, et l’on trouve des égoïstes fieffés 14 où l’on ne devrait naturellement rencontrer que des hommes désireux de s’immoler. Avant tout, il veulent ménager leurs intérêts propres. C’est triste à dire, mais c'est surtout dégoûtant d’avoir à le constater. Et cependant on peut le constater tous les jours si l’on veut. Que l'on demande à la plupart de ceux qui se piquent de zèle pour Ja cause du bien, de payer un peu de leurs personnes en faveur de cette cause, ct l’on verra si je dis vrai.
À l'époque actuelle, les cœurs se sont tellement rapetissés, tellement racornis au contact perpétuel des choses d’icr-bas, qu'on mot en première ligne les simples intérêts personnels. On leur
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donne la préférence sur tous les autres, même sur ceux de la vérité, qui sont cependant les intérêts de l'ordre le plus élevé, des intérêts qui ne souffrent point en conséquence d'être mis en comparaison avec n'importe quel intérêt temporel, fut-il le plus important qu'on put imaginer,
La plupart des catholiques d'aujourd'hui sont dégénérés à ce point, ils ont à ce point perdu l'esprit de sacrifice qu'inspire le véritable esprit de fci, qu'on ne saurait reconnaître en eux les descendants des héros du inoyen-âre. Aussi, s'emploient-ils de leur mieux à décrier cette époque, la plus belle sans contredit qu'aient enrégistrée les annales de l'histoire, et à la représenter, de concert avec les impies qu'anime la haîne de l'Eglise, comme un temps d'ignorance, de folles superstitions, de grossière barba rie. (eux qui ont remplacé le Queærite primun regnum Dei et J'ustitiam ejus, qui a été comme le centre autour duquel a noble-
de notre siècle, ne peuvent guère parler autremert du moyenâge. [ls veulent à tout prix faire disparaître sous la fanue, qu'ils se plaisent à sillonner, tout ce qui, projetant trop de lumière sur leurs basses et honteuses aspirations, les voue à un éternel mépris,
L'esprit du moyen-âge a été un esprit essentiellement chrétien ; par cela même il a été l'esprit de sacrifice élevé à une très-haute puissance. Voiià pourquoi les hommes d'aujourd'hui, et en ['rticulier les catholiques qui se laissent dominer par de sordides intérêts, l'ont souverainement en horreur. Il n'y a rien de commun entre la lumière et les ténèbres, et Jésus-Christ ne peut former société avec Bélial.
Toute lutte en faveur du bien et de la vérité exige nécessairement des sacrifices et parfois de grands. Personne ne l'ignore, et les hommes, voués au culte de leurs intérêts privés, le savent mieux que les autres, Aussi, abhorrent-ils céiéralement ce venre de luttes, où quelques-uns de leurs si chers intérêts peuvent être gravement compromis, anéantis même.
Sitôt donc que la lutte est sérieusement et vivement engagée
entre la vérité et l'erreur. ils deviennent soucieux, inquicts, en
proie à mille angoisses. A les voir, qui ne les connaîtrait point,
serait tout d'abord ineliné à penser que, consultant leurs aptitudes particulières, ils se demandent quelle armure leur convient mieux pour coinbattre avec avantaze contre l'ennemi, Mais un coup d'œii ua peu plus attentif découvre qu'ils sont évidemment préoccupés de toute autre chose : ils interrogent l'avenir et se demandent, eu égard à certaines circonstances, ce qui leur adviendra dans le cas où ils prendront les armes,
« Que pensera-t-on de nous, se demandent-ils, si nous prenons part à la lutte engagée, à côté des défenseurs de la bonne cause ? Ne nous accusera-t-on point de manquer de sagesse et de prudence ? S'il arrivait qu'on nous eut en moind'e estime qu'auparavant, ce Serait bien ficheux ; nos intérêts en souffriraient beaucoup. [l'est incontestable que nous avons besoin de l'estime dont on daigne nous honorer, pour nous maintenir dans notre position d’abord, et ensuite pour opérer le bien. Comment faire du bien si nous cessions d’être ce que nous sommes, si nous descendions les degrés de l'échelle au lieu de les gravir. Non, nous ne pouvons risquer de perdre l'estime dont nous jouissons, par conséquent nous exposer à être mal vus, mal notés.
« Et puis, si nous allions, en prenant part à cette lutte, mécontenter tels et tels personnages avec qui nous avons aujourd’hui des relations faciles et très profitables, qui peuvent assurer le suceès de nos entreprises ou au moins les favoriser beaucoup, qui sont même en mesure de nous faire promptement et sûrement parvenir, ne mériterions-nous pas d'être taxés d’une inecncevable folie ? N'oublions pas en outre que nous sommes loin d’être indépendants, Nous avons des supérieurs qui peuvent nous faire
une situation presque intolérable si la luttte, à laquelle on nous convie, leur déplait. L'important, c'est de nous ménager, Une fois sacrifiés que ferons-nous, que pourrons-nous pour la bonne ause 2»
Telles sont quelques-unes des questions que se posent les hom mes qui mettent leurs intérêts personnels avant tous les autres, et qui ne consultent que ces intérêts lorsqu'on leur propose de de prendre part à la lutte contre le mal ou contre l'erreur, Au
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lieu de s'oublier eux-mêmes, pour ne considérer que le devoir à remplir, ils supputent tout ce que la bataille peut leur rapporter de profits, et leur causer de pertes, et ils tâchent d'arriver à connaître de quel côté ,enchera la balance, Ts sont loin, bien loin, comme on voit, du Queærite primum regnum. Dei, Ts voudraient cependant donner le change sur leurs sentiments, et faire croire qu'ils n'oublient point de chercher tout d'abord le royaume de Dieu. Tls disent done que, s'ils ménagent leurs intérêts propres, c’est afin d'être en état d'opérer le bien, Comme si on était plus sûr d'opérer le bien en consultant ses mesquines passions, qu'en consultant l'Evangile ! Au dire du grand apôtre, c'est à nous de planter et d'arroser, mais c'est Dieu seul qui donne l'accroissement. Il ajoute qu'après avoir fait tout ce que nous avons pu, nous devons croire que nous sommes des serviteurs inutiles. Puisqu'il en est ainsi, pourquoi nous ménager comme si nous étior: absolument nécessaires ? Nul n'est nécessaire ici-bas. Nous pouvons être sacrifiés, disparaître, sans que la sainte cause du bien en souffre. Mais tant que nous conservons la faculté d'agir, nous devons nous immoler, s'ille faut, pour servir cette cause, car si nous pouvons disparaître sans inconvénients, il n’en est pas ainsi de la vérité: elle est tellement nécessaire que J'ésus-Chist nous dit de n’en point laisser perdre un seul iota.
Si, tout calcul fait, nos intéressés prévoient qu’une attitude militante loin de leur rapporter un profit clair, dérangera quelque peu leurs petites affaires de ménage, ils renoncent absolument à tenir cette attitude. Fussent-ils certains d'assurer le triomphe de la vérité dans un avenir plus ou moins prochain, en unissant leurs efforts à ceux des hommes dévoués qui combattent vaillamment pour elle, ils y renonceraient encore, car obteuir le seul triomphe d’une vérité ou d’un principe, sans recueillir en même temps quelque avantage temporel, ne leur semble pus une raison suffisante de se livrer à un rude et pénible labeur.
Pour se justifier et mettre même leur égoïsme au rang des vertus,
ils invequent comme tous les modérantistes, des principes très-vrais
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mais dont ils font une très-fausse application, [ls disent, par exemple, qu’il ne faut ni troubler la paix, ni blesser la charité ; qu'il est défendu de travailler à produire un bien réel, mais peu important en lui-même et dans ses résultats, en causant un mal immense; qu'on n'est pas obligé de se sacrifier pour soutenir des hommes qui se sont inconsidérément jetés dans une impasse, et qui peuvent après tout s’en tirer en renonçant à certaines idées et à certaines allures exagérées : enfin, ils appliquent aux inconvénients qu’entraine nécessairement la défense de la vérité ce que la théoiogie morale dit de gravi incommodo, relativement à l’observance de la loi humaine, soit ecclésiastique, soit civile,
Voilà comment, par un tour de logique, fort peu régulier, il est vrai, mais de nature à impressionner vivement ceux qui u’ont pas l'habitude de refléchir, les égoïstes savent se mettre à l'abri de la critique, et même s’autoriser à jeter la pierre aux vaillants dont la noblesse et l'élévation des sentiments se dressent sans cesse devant eux comme un reproche et un remords.
Le comble de la honte et de l’ignominie, c'est que ces mêmes hommes, après avoir entièrement renoncé à prendre part à une lutte infiniment honorable, mais surtout grandement méritoire devant Dieu, se demandent encore, toujours après avoir consulté leurs intérêts personnels, s'ils doivent ou non, appuyer de leur approbation les athlètes qui se sont courageusement lancés sur le champ de bataille pour soutenir les droits de la vérité. Si, dans le plus obscur lointain, ils voient ou croient voir poindre le moindre incident de nature à contrarier leurs calculs intéressés, ils n'hésitent pas à adopter, comme conclusion pratique, la résolution de n’approuver en rien les défenseurs de la vérité.
Si ne pas les appuyer ne suffit point pour empêcher de se dissiper la vaine fumée qu'ils poursuivent sous le nom de gloire ou pour conserver intacte la vile poussière qu'ils étreignent avec des transports fiévreux, ils iront jusqu’à les blâmer, jusqu’à les accuser même de semer partout le trouble et de provoquer partout de funestes bouleversements. En leur jetant ce blûme et ces accusations à la figure, ils s’avoueront au fond de leur conscience qu'ils blessent la justice et la charité; mais qu'importent
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la justice et la charité, si leurs intérêts propres sont sauvegar-
dés ! L’egoïsme les domine si bien qu'il étouffe chez eux la voix de la conscience,
Se laisser aller à toutes les bassesses, se rendre coupables de toutes les trahisons, immoler sa conscience en un mot, voilà ce qu'il faut pour réaliser ce qu'on appelle parvenir ici-bas. J'invite les égoistes, tout préoccupés de leurs seuls intérêts, À réfléchir sur cotte vérité, et, pour qu'ils le fassent avec le plus grand fruit possible, je terminerai en leur citant'les paroles d'un écrivain distingué et d’un prédicateur célèbre, qu'ils ne sauraient accuser de manquer de modération,
«Ah! dit Lacordaire, quand un prêtre veut être tranquille «et jouir de ee monde, son chemin est tout tracé : qu'il cède, qu'il «se retire devant la souveraineté humaine : qu'à chaque exisen-
ce il agisse en prêtre païen, au lieu d'agir en prêtre chrétien : les honneurs, la piété publique, le renom de tolérance, la faveur de lopinion, l’entoureront à l'envi, et même il ne lui faudra pas beaucoup d'habileté pour voiler sa faiblesse et sauver les apparences de la dignité pontificale et catholique. Mais qu'un pauvre prêtre tienne à sa conscience plus qu'à sa vie, qu'il en défende l'entrée aux efforts de la souveraineté humaine, c'est là que commence le martyre douleureux de combattre ceux qu'on estime et qu'on aïe, et de boire au calice d'une haine d’autant plus imméritée qu'on travaille et qu'on souffre pour ceux- À mêmes qui vous poursuivent, »
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Les intérêts politiques, comme les intérêts personnels, comptent parmi les causes du modérantisme, Bien compris, ilsne devraient porter préjudice ni à la vérité ni à l'ordre, mais bien plutôt les servir. Malheureusement on les comprend mal et très-mal L'ignorance contribue pour une large part à en obscurcir la saine notion ; les mauvais instincts font le reste.
La politique, dans son acception véritable, est l'art de gouverner les Etats, puis de diriger les relations qu'ils doivent avoir entre eux, de manière à les maintenir dans. l'ordre et à leur procurer une somme suffisante de bien-être matéric}, afin que, par ces moyens, tous les individus en général et chaque individu en particulier puissent plus facilement observer les préceptes et les conseils évangéliques, de même que les lois disciplinaires de l'Eglise, et travailler ainsi avec plus d'eflicacité à atteindre leur fin surnaturelle et dernière, le salut éternel. D'où il suit que les vrais intérêts politiques sont nécessairement subordonnés aux intérêts religieux et qu'ils leur servent comme de point d'appui.
Aujourd'hui cependant ce qu’on appelle tatérêts politiques est loin de répondre à l'idée chrétienne que ces mots réveillaient autrefois et qu’ils devraient encore exprimer, Comme la politique ne consiste plus guère qu’à user de ruses et de machinations pour parvenir ; qu’à ourdir des intrigues pour supplanter des rivaux, qu'à se montrer souple, conciliant et prêt à tout pour se maintenir en position et se faire un rempart de défenseurs en cas d'attaque ; qu'à tromper sur le but peu avouable qu’on poursuit en s’échappant par mille vies tortueuses ; qu'à tout combiner en un mot pour arriver sûrement à satisfaire un jour ou l’autre certains appétits brutaux, les intérêts politiques sont nécessairement devenus les intérêts des mauvaises passions elles-mêmes, et, comme tels, ils sont la cause de grands maux, entre lesquels figurent le modérantisme et même le libéralisme le plus avancé.
Le profit le plus clair que la société actuelle a retiré de la belle invention moderne, que l’on nomme gouvernement constitutionnel et qui est aujourd’hui implantée partout, c’est de partager les législateurs en deux camps bien distincts, dont l'unique besogne, à vrai dire, consiste à se faire perpétuellciment la guerre. L'un veut se maintenir dans la position qu'il occupe ; l’autre
veut la lui ravir : tout est subordonné à ces deux volontés en.
conflit. Qu'une mesure de la plus haute importance leur soit proposée ; ils ne s’en occuperont guère où même point du tout, si elle n’est point de celles qui peuvent se transformer en arme offensive ou défensive. Il faut se battre, voilà qui est essentiel :
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tout le reste n’est que seconduire, Les mesures n'ont aucune raison d’être par elles-mêmes : elles ne surgissent qu'acciden tellement, c'est-à-dire parcequ'il a fallu combattre avec quelque chose et à propos de quelque chose,
Il est aisé de prévoir, quand même nous ne serions pas instruits par les faits, ce que peut produire un pareil systême d'organisation gouvernementale. Rien ne Sy accomplit par pur amour de la justice et de la vérité ; tout y est marqué au coin des plus mesquins intérêts, Pour conserver les appuis dont on a besoin, il faut les ménager, et on les ménase en sacrifiant les principes en tout ou en partie,
S'agit-il, par exemple, d'une mesure ou d'une loi que réclame impérieusement la voix publique afin de sauvegarder les intérêts de la foi ou de la morale ? On commence par s'interroger d'un regard $crutateur, d’un œil défiant : on se tâte, on hésite, on examine minutieusement les risques que fera courir à son parti la ligne de conduite à adopter, Bien qu'il soit clair comme le Jour que la loi ou la mesure reclamée ne sera que la pure application d’une grande vérité de l’ordre moral ou religieux, on cherche à éluder les justes reclamations qui se font enntendre par des atermoiements sans fin, si l'on prévoit que vouloir y faire droit indisposera quelques amis politiques et les déterminera à passer dans le camp ennemi,
S'il n’y a pas moyen d’user d'atermoiements, parceque l'opinion publique se prononce avec une énergie telle qu’il y a lieu de craindre que la mépriser ne rende désastreuse pour le parti l'épreuve des prochaines élections, on s’ingénie À concilier ses exigences avec les idées qui les combattent. En conséquence, on lui accorde quelque chosé, mais sans aller jusqu’à lui accorder ce qui serait une reconnaissance pleine et entière des principes qu'elle voudrait voir prendre corps dans les faits. On prétexte en même temps que les circonstances sont extrêmement sraves et difficiles ; qu'il n'y a pas moyen de surmonter les obstacles qui se dressent devant soi ; que la prudence conseille de faire aujour-
d’hui quelques concessions à propos de principes afin de parvenir
à les voir parfaitement respectés plus tard ; qu'enfin il vaut mieux avoir gagné quelque chose que n'avoir rien obtenu du tout,
C'est de la même manière à peu près que l'on procède dans tous les cas où il serait urgent d'affirmer carrémsnt les principes, soit en combattant les mesures qui les contredisent, soit en sontenant celles qui impliquent nécessairement leur mise en pratique, Pour ménager des hommes dont le vote sera précieux si le parti vient à passer par une crise, on ferme les yeux sur leurs actes les plus iniques ct leurs prétentions les plus condamnables, Parfois on garde le silence en présence de leurs attentats contre ce qu'on sait être vénérable et saint ; parfois on va même jusqu'à leur prêter son concours, prenant soin toutefcis d’embrouiller les questions de manière à faire croire que sa coopération n’est pas illicite en pareil cas ; parfois enfin, s'il n’est pas possible de voiler ou de déguiser l'odieux qu'il y aurait à les appuyer purementet simplemont, ou seulement à se réfugier dans un prudent mutisme, on proteste faiblement et on les engage, non pas à abandonner complètement des projets qui soulèvent l’indignation des hommes honnêtes ct consciencieux, mais à les modifier tout juste assez pour qu’on ne puisse pas les qualifier d'évidemment injuste 1 criminels.
Quant aux causes justes etsaintes qu'on a mission de défendre et de faire respecter, on est disposé à faire toutes les concessions demandées, pourvu qu’elles ne portent point préjudice aux intérêts propres du parti, surtout aux désirs ambitieux de ses chefs, On s’abstient de faire valoir dans toute leur plénitude les droits de la conscience et de la foi, si l’on juge qu’en le faisant on soulèvera des colères et des haines. On est faible en face des réclamations des méchants, on ne sait pas leur résister ; on est encore plus faible lorsque le moment est venu de plaider en faveur de la justice et de la vérité, dont on a été constitué le défenseur.
Il n'y à pas à le nier, c’est dans cette ornière que se traîne aujourd’hui la politique. Elle n’est plus que le mépris formel et pratique de toute vérité, de toute justice, de toute morale. Savoir être souple et conciliant ; plaire à la majorité, aux masses, en immolant chaque jour sa conscience au profit de toutes les