RER, ER
que cette présomption ravorable est le droit spécial des écrivains
qui jouissent d'une réputat'om de piété et de foi encore intacte... Si l’auteur ne présente pas ce caractère, rien n'indique qu'il puisse se réclamer de l'indulgence du pontife Manifestement, Benoit
XIV fait ici l’applic.iion des règles du droit, en vertu desquelles
personne n'est gratuitement présumé mauvais, Nemo malus nist
probetur, mais qui autorisent à faire peser dans la suite la pré-
somption de malice sur ceu:. qui ont été dûment conva’ 8. Semel malus, semper malus. Auss) bien, quoi de plus naturel ? Tous les tribunaux admettent une semblable facon d'agir. Peuton exiger raisonnablement qu'un: lecteur se mette l'esprit à la torture pour expliquer dans un sens favorabie les paroles d'un auteur connu pour penser mal, ou du moins your ne pas respecte) suffisamment des délicatesses de l'orthodoxie ?
« Lorsque sous le pape Innocent X, il fat question de qualifier les propositions janséniennes, quelques consulteurs du Saint Off ce opinalent pour une qu'ification qui n'eut rien d'infémant, Or, raconte le P Rapin ; la simplicité de ces corsulteurs fut jugée excessive ; les sectaires avaient donné trop de preuves de leur mauvaise foi pour qu'on pût raisonnablement attacher un sens catholique à leurs propos ambious.
€ Nous ne manquons pas aujourd'hui d'hommes animés de cette eXCEESI TC m£usretude ù l'écard des écrits les plus contraires à Ja doctrine de 1 Eglise ; et ce qui est le plus étrange, c'est que ces juges, st indus, nts à l'égard de tous les hétérodores, déploïent LA PLUS IMPITOYABLE SÉVÉRITÉ w l'égard de certains auteris parfaitement catholiques, N°; a-t-1} pas lieu de craindr que le sprit qui les anime ne soil pis l'esprit de vérité ?
ATTENTION ! TRÉS-GRAND& ATTENTION maintenant,
« L'erreur, une fois constatée, poursuit le savant jésuite, doit être poursuivie chez tous ses partisans, quels que soient leur rang, leur position et même l'éminence du saveir et des services senaus, Bien plus, c'est à raison même de l'élévation du rare et du plus haut dégré de considération que les champions de l'erreur doiveat être plus vigoureusement attaqués. N'est-1l pas
manifeste que l'erreur s'accrédite avec d'autant plus de facilité
PR
ee
voinur
LES ie UISSe:
enoit 1elles
stist
Fe
DS à EE
que ses patrons jouissent d'une autorité plus haute et d'une plus vaste réputation ? Or, ne l'oublions pas, le but de la polémique est d'assurer ie triomphe de la vérité en désabusaut les esprits égarés et séduits. Il s'agit de procurer le bien général des fidè les et de l'Eglise : £eclesiæ bono et fidelium utilitati consutere. comme dit Benoit XIV.
« Ce ne serait donc pas apprécier sainement la mission et les devoirs de la polémique religieuse, que de crier au scandale aus sitôt qu'elle se permet de combattre des hommes qui ont le mal neur de se tromper, parce que ces mêmes hommes occupent un rang élevé dans l'Eglise, ou jouissent d'une juste renommée de talent et de vertu.
€ Cert:- Fénélon n'avait point de ces scrupules, lorsque, pre nant à partie l'évêque de Saint-:° as, dont les écrits favorisaien! le jansénisme, il déployait une admirable vigueur dans la réfuta tion du prélat dévoyé. Voici comment il Justifiait sa manière d'agir :
On sait par expérience, disait-il. combien le parti hautain
artificieur triomphe sur les moindres Les qui le favorisent. | « et QUI échappent aux censures par leur 1 tude Que serait f 1 4 ? ] ñ } ( Cé du manrd HA MIE! solennel d Hit « CUC ŒISUUNHOQU ol SL requio 1 4 1 Ce
« rulé et ses talents ?
« J'avoue néanmoins que je désirerais de tout mon cœur quoi le laissât achever sa course en paix ; mai paie deviendrait querri de l'Eglise PIRE un érêque est respect bd j diqui é ct distinqu par son ere, } tu rép) h «( la vé1 quand } "4 att tqués 'erlteh 71 PTE n «acte solennel
Fé )11 irle et avt Connie | [0 | qui nonobstant SON eri tière déférence pour Ja divnité épiscopale, n'hésite l int flétrir d'une à Itoyable censure les écrits d'ur, évêque, lorsqu la dignité de leur auteur doit contribuer à les rendi plus nui bles et scandaleux Toujours l& grande devis Leclesiæ bon:
et utilit itè fide lium « mnsulere
Maintenant qu'on lise, qu'on relise et qu'on médite très-sérieu sement le résumé que fait le P, Montrouzier de sa doctrine sue la modération. J1 est de nature à dissiper bien des préjugés
tant 1] est clair et marqué au coin du vrai sens chrétien.
« La modération chrétienne n'est autre chose que la justice rendue à chacun. Noyons doux avec les bons, sévère avec les méchants, te'le est la régle, Jetons un voile sur les défauts du prochain, si l'intérêt de la vérité ne nous oblige pas à les révéler; mettons ces méme défauts en lumière, si cette connaissance est nécessuire pour déprendre le peuple d'un homme qui le séduit et Le trompe. Telle est la modération entendue au sens de VE. glise, Entendue au sens libéral et moderne, la modération ne serait que le #odérantisme ; et le modérantisme lui-même se confond avec la prudence de la chair, également réprouvée de Dieu et des hommes de raison,
‘ Les partisans de la modération libérale semblent parfois ne pas comprendre en quoi consiste le droit de l’homme à la réputation. Tous les théologiens leur apprendront que chacun a un droit absolu à n'être pas calomnié. Quant à l'obligation de taire les défauts réels du prochain, c’est une obligation purement relative, qui cesse d'exister du moment qu'elle est en opposition avec les droits d'un tiers ou l'intérêt de la société. T1 est juste de reconnaître que ceux qui oublient le plus facilement cette distinction, lorsqu'elle ne leur est pas favorable, savent s'en souvenir, quand le besoin de leur cause l'exige.
« Oserait-on penser que saint Jean Baptiste et Notre-Seigneur Jésus-Christ aient manqué de modération, lorsqu'ils traitaient les pharisiens de sépulcres blanchis et de race de vipères, ou bien soupçonnera-t-on que le disciple bien-aimé, saint Jean, avait oublié l'esprit du Maître, quand il écrivait son célèbre Vec ave ei diceritis ? »
D'après tout ce que j'ai dit et démontré, d'après les citations nombreuses que j'ai faites et dont plusieurs sont même extraites des documents d'une très-haute autorité, on doit nécessairement conclure que, s'il y a lieu de pratiquer la modération, comme il n’y a pas moyen d'en douter, il faut surtout la pratiquer à l'égard des écrivains catholiques. On n'oublie pas aue leurs adversaires sont hommes, à ce titre, on demande excuse pour leurs faiblesses {Qu'on n'oublie done pas non plus que les écrivains catholiques
sont hommes aussi et que, la nature humaine étant toujours
cal
soul ten les de les gèr vod not sen une des leu:
sur
de
Le
Mt
courte par quelque endroit, il leur est impossible, obligés qu'ils sont d'êt'e chaque jour sur la brêche, de mesurer toujours bien les coups qu'ils portent. Ils tombent donc nécessairement, quoique sans n\alice, dans certains défauts, Il fau les excuser eux aussi.
Si l'on recommande très-fortement la modération et la charité à l'égard des écrivains qui sont loin d'être animés du même zèle et des inêmes bons sentiments qu'eux, pourquoi les meéttrait-on, eux et eux seuls, hors la loi, et les traiterait-on sans modération et sans charité aucune ? Cependant telle est l'incroyable et l’inexpliable aberration de certains hommes, nécessairement éclairés, que, sous prétexte de modération et de charité à sauvegarder, ils traitent les écrivains catholiques comme ils ne traiteraient pas plus mal les impies déclarés. Sans apporter et même sans pouvoir apporter de preuves à l'appui de leurs avancés, ils ne se gênent point de les accuser d’être mus par un zéle aveugle et insensé, d'être exagérés, violents dans leur langage, injurieux, outrageants, de provoquer même au schisme par des écrits tendant à détruire les notions de la hiérarchie catholique. Mieux que cela ; s'ils n'osent se ruer publiquement contre eux, de crainte de se jeter dans une impasse, ils les persécutent dans l'ombre et ils abusent clandestinement de toute l'autorité dont ils peuvent disposer pour leur nuire et rendre tous leurs efforts inutiles. Ces hommes assurément sont loin, bien loin de se conformer aux instructions de Benoit XIV relativement aux écrivains catholiques.
Comme je ne veux pas insister davantage sur ce triste sujet, je me contenterai, à propos de la mission de la presse catholique, de leur remettre sous les yeux certaines paroles de Pie IX bien propres à les faire réfléchir. Je m'abstiens de citer les passages de l’encyclique Znter multiplices, qui ont trait à la manière dont on doit procéder à l'égard des écrivains catholiques, car ils sont suffisamment connus.
En novembre 1869, Pie IX, ayant reçu une députetion d’un journal catholique, répondit dans les termes suivants : « La pres- « se catholique peut compter su toutes mes sympathies, elle a
droit à toutes mes faveurs. Elle est aujourd’hui un des moy-
EP ce re vu nr QG Sn Ge
PAR - HSE
« ens les plus importants et les plus efficaces pour défendre l'E- « glise contre le journalisme révolutionnaire. »
Le 9 Janvier de l’année suivante, il disait en face d’une foule immense de pèlerins : « De prétendus sages voudraient qu’on évitât « de choquer les idées du temps, en traitant certaines questions ; « mais ceux qui parlent de la sorte sont des aveugles qui se font « les guides d’autres aveugles : Cœci sunt et duces cæcorum. Je « dis, moi, qu'il faut dire la vérité pour établir la liberté, qu'il « ne faut jamais craindre de proclamer la vérité et de condam- «ner l'erreur.
Enfin le 15 du même mois de la méme année, il adressait à M. l'abbé Gonzalve Ferriera chanoine et directeur du journal portugais, © apostolo, un bref dans lequel on lisait: « Criez « donc, criez et ne vous Jassez point. Sonnez de votre voix comme de la trompette.
« Pour qui sait lire, dirai-je, en empruntant encore les paroles du P. Montrouzier, ces admirables paroles du Pape renferment un traité ecmplet des lois de la polémique relisseuse ; elles tracent non-seulement aux évêques, mais à tous les défenseurs de la vérité catholique, la voie où ils doivent marcher. »
Lutat.
dre l'E-
oule im- \ n évitât estions ; se font um. Je é, qu'il
ondam- \ dressait 4 . F Journal Î « Criez a î IX GOM- # # paroles ferment 1
les tra- , fl rs de la