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nous méprendre sur les intentions des papes et de l'Eglise. La douceur et la charité, qui sont recommandées avec tant d'insistance aux défenseurs de la vérité, ne doivent jamais dégénérer en mollesse et en lâche complaisance, Souvenons-nous que la polémique religieuse est un combat engagé pour le triomphe de la vérité, c'est-à-dire qu'il y faut de la fermeté et de la bravoure. On n’entame pas une controverse précisément pour échanger des mots agréables. Il faut de toute nécessité que l'un des contendants ait tort et s'avoue vaincu. Donc, il y aura nécessairement es coups donnés et reçus, L'important est que dans ces coups on ne puisse jamais voir la haine ou le mépris de la personne, mais uniquement l'amour de la vérité. Si des deux côtés on: est animé par cet amour, on ne se laissera pas rebuter par quelques aspérités..……..
« Respect pour les personnes, libre et franche discussion des doctrines : ces deux mots résument les lois fondamentales de la polémique catholique.........Le lecteur doit comprendre que le défenseur de la vérité reste parfaitement dans son rôle quand il se prévaut contre son adversaire de tous les avantages que celui ei jui donne par sa mauvaise foi ou sa maladresse...…......
« Il va de soi que, si la charité ne nous interdit point de relever les défauts réels de l'écrivain que nous combattons, elle nous défend bien moins encore de heurter ses préjugés. Si excusable que soit une erreur, elle ne saurait avoir des droits supérieurs aux droits de la vérité. Ce serait se faire de la charité une idée bien étrange que de vouloir l'obliger à ménager les susceptibilités personnelles aux dépens de ces imprescriptibles droits. Non, la charité ne saurait sanctionner de pareils ménagements, disons mieux, de semblables lâchetés. »
Une question, importante à résoudre, est la suivante : Tous nos adversaires doivent-ils être de notre part l'objet du même respeet et des mêmes ménagements ? Voici comment le P. Mon-
trouzier résolut cette question :
« Benoit XIV déclare qu’une proposition équivoque doit être prise dans le sens le plus favorable ; mais ce grand pontife explique lui-même sa pensée, de manière à nous faire comprendre