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Du molluscum

Plus une maladie est rare , plus on doit saisir avec empressement l'occasion de l'étudier et de la décrire quand elle se présente à notre observation.

Il y a un an que le malade dont nous allons tracer l'histoire, entra à l'hôpital Saint-Louis. M. Biett vivait encore au profit de la science, pour le bonheur de sa famille, de ses amis et de ses élèves. J'ai assisté à la première visite qu'il fit du malade , il diagnostiqua un molluscum , fondé sur les caractères que nous déduirons plus loin , où je dirai comment j'ai eu l'occasion de suivre ce malade , et de faire dessiner les lésions dont il est porteur.

Peut-être trouvera-t-on que j'ai appuyé avec trop d'insistance sur les détails les plus minutieux de sa maladie. Je conviens que pour une maladie exactement connue, les détails de descriptions auxquels je me suis livré, auraient élé superflus et déplacés ; mais si l'on considère la rareté de cette affection, l'obscurité qui couvre son histoire , parce qu'elle Ji'a encore été décrite far aucun auteur; ces motifs, j'es-

père, feront apprécier les faits de détails que j'ai consignés ici , et qui pourront servir de jalon à des études ultérieures sur cette affection.

Pour compléter ce travail , j'ai rassemblé tous les faits de ce genre que la science possède , et qui étaient épars dans les auteurs des différentes nations.

J'ai cité exactement toutes les observations connues ; méthode qui devrait être adoptée , ce me semble, dans toutes les monographies ayant trait à des maladies rares , incomplètement connues , afin d'éviter toute méprise et toute mésintelligence. Ainsi Bateman, et d'après son assertion les autres dermatologues, considèrent les tubercules décrits par M. Tilesius comme contenant une matière athéromateuse : or, dans son travail il n'en est point du tout question (voir le § 5). Je tiens de la bienveillance de M. le conseiller Tilesius le dernier exemplaire qui lui restait de sa publication. Je saisis avec empressement cette occasion pour lui en exprimer toute ma reconnaissance , ainsi qu'à M. le docteur Ehrenberg à la demande duquel la remise m'en a été faite.

Les dermatologues, qui plus tard voudront s'occuper d'une manière spéciale de cette affection , trouveront ici réunis tous les faits dont ils auront besoin pour étayer leurs travaux; ceux au contraire qui voudront se contenter de données générales sur la maladie, les résumés que nous avons présentés pourront leur suffire.

Si j'ai négligé de déterminer d'une manière précise le siège anatomique des lésions , c'est que d'une part

on est encore loin d'être d'accord sur l'anatomie normale du tégument externe, et parce que d'ailleurs la connaissance plus exacte de ce siège n'est pas d'une très grande importance pour le traitement de la maladie, et pour le diagnostic de ses formes.

Quant à la partie thérapeutique : les médecins qui peut-être liront cette brochure , sans avoir à traiter l'affection dont il est question, pourront trouver les détails thérapeutiques trop minutieux. Mais si l'on considère que plusieurs variétés de la maladie qui nous occupe, sont héréditaires aussi bien que d'autres affections cutanées chroniques , on me pardonnera , j'espère , d'avoir un peu longuement insisté sur le traitement prophylactique , traitement dont la plupart des dermatologues ne font guère mention, et qui cependant employé avec les soins et dans les mesures convenables , peut conduire aux résultats les plus satisfaisants.

Pour le traitement curatif, j'ai tâché d'esquisser les différents cas qui pourraient se présenter au praticien, et de lui fournir quelques ressources pour combattre les diverses conditions morbides qu'il sera appelé à traiter. S'il ne réussit pas toujours à guérir radicalement des affections si rebelles, il parviendra du moins à borner leur influence pernicieuse, et à mettre à l'abri de leur atteinte l'organisme en général.

Avant d'aborder mon sujet, je dois à la mémoire de M. Bictt d'exprimer publiquement ma vive reconnaissance pour la bienveillante bonté avec laquelle il m'a donné un libre accès dans son service, où

témoin assidu do sa pratique éclairer , j'ai eu occasion de compléter mes études sur les maladies du système cutané. Les mêmes remerciements s'adressent à M. Gazenave, qui m'a continuelles mêmes bontés pendant le temps qu'il a été chargé par intérim du service de M. Biett.

Paris, au mois de maïJ1840.

DU

MOLLUSCUM

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