‹ Du molluscumChapitre 14 sur 22 · Causes. — L'hérédité nous paraît ici la cil · texte numérisé non relu

Causes. — L'hérédité nous paraît ici la cil

constance décisive dans la production de cette maladie ; — en effet , la mère de noire malade portait au cou une affection analogue, sa ligure était souvent le siège d'une desquamation furfuracée ; — un des frères du malade présentait aussi de semblables desquamations à la figure. Au dire du malade , deux de ses sœurs portaient au cou et au bras des tubercules analogues aux siens ; et une de ses nièces présente aujourd'hui la même lésion. (Voir le § 28.)

L'affection n'a été congéniale chez aucun d'eux , mais ils semblent en avoir reçu de leur mère le germe, qui ne s'est développé qu'à l'âge de trente-sept ans chez notre malade.

L'affection vénérienne qu'il contracta , et dont il fut guéri sept ans avant le début de la maladie présente , ne paraît avoir exercé aucune influence sur son développement; — en effet, la syphilis primitive fut bénigne , et soignée dès son apparition; — et les phénomènes vénériens secondaires qui se manifestèrent pendant le traitement doivent être attribués à un état spécial de la peau , qui avait déjà une pré< lisposition morbide , due , sans doute , à l'influente maternelle; — leur persistance en est la preuve : ni les glandes lymphatiques, ni les membranes muqueuses, ni les os, ne s'affectèrent alors, cl la syphilide disparut au bout de six mois, c'est à dire cinq mois après la cessation de la médication spécifique.

En outre, l'affection cutanée, qu'il porte actuelle-

ment, diffère essenliellcmcal des s3fphilid.es, comme nous le verrons plus bas.

Les affections morales vives ont souvent une iniluence marquée sur le développement et les progrès des affections cutanées : il est donc probable que les chagrins éprouvés par le malade auront contribué à l'augmentation de son mal.

33. Nature. — Quel est l'état de l'économie qui, au milieu de la santé générale , se traduit par une telle éruption cutanée? Nous l'ignorons encore.

Ces altérations anatomiques et leurs différentes phases se rapprocheraient-elles des tubercules développés dans les organes intérieurs ?

Est-ce une maladie purement locale , est-ce une affection provoquée par la nature pour mettre l'organisme à l'abri d'autres maladies chroniques ?

Ce sont des problèmes que des recherches ultérieures pourront peut-être résoudre.

Mais un fait constant , c'est que notre malade a toujours été exempt de toute autre affection chronique, même les hémorrhoïdes dont il était affecté auparavant ne se sont plus reproduites.

Celte forme de tubercules ne paraît point contagieuse. Depuis vingt ans qu'il en est affecté , notre malade se trouve dans les rapports les plus intimes avec son épouse et impunément pour elle, aussi bien que pour ses enfants tant qu'ils ont vécu. — Moi-même j'ai louché et examiné bien souvent, et avec les soins

les plus minutieux, les parties affectées, sans prendre aucune précaution et je n'ai absolument rien contracté.

On ne connaît, en effet, aucune maladie de la peau essentiellement chronique qui soit transmissible à des personnes saines , à moins qu'elle ne soit le siège d'une sécrétion abondante et spécifique, ou qu'elle ne soit produite par la transmission d'un insecte vivant.

54. Diagnostic. — Si l'on résume les caractères pathognomoniques de cette affection, on voit que ce sont des tubercules héréditaires, quoique développés à un âge déjà avancé, d'un volume variable depuis celui d'une lentille jusqu'à celui d'un œuf de pigeon, arrondis ou irréguliers, ordinairement sessiles, d'une teinte brunâtre avec un piqueté blanc , mêlés d'autres tubercules rouges , bleuâtres et de taches vermeilles ; consistants ou mollasses , le plus souvent solides , quelquefois contenant de petites masses athéromateuses ; la plupart statiolmaire depuis longtemps , et quelques uns passés à l'état de suppuration , d'autres à l'état cfoûteux; et, au milieu de ces évolutions successives les diverses fonctions de l'économie ne présentent rien d'anormal. Or, parmi toutes les affections tuberculeuses de la peau , il n'y a que le genre qui nous occupe, qui revête tous ces caractères, aussi dans l'état actuel delà science on ne pëùl ranger cette affection ailleurs que dans le genre molluscum.

Du reste, la coloration et l'aspect bigarre* dos tubercules suffit pour les distinguer de toutes les affec-

lions cutanées jusqu'ici connues , et des variétés précédentes du même genre.

Si leur siège sur la tête , à la nuque et sur le dos, etc. les rapproche sous ce rapport des syphilides : leur coloration , leur forme , l'absence des symptômes généraux, les distinguent facilement.

Les tubercules athéromateux contiennent la matière de ce nom qui s'en échappe parfois spontanément, et toujours par expression , par une petite ouverture analogue aux bouches des follicules sébacés. Tandis que les tubercules bigarrés ne contiennent qu'un peu de matière-sébacée, que l'on ne peut en exprimer que par une ouverture pratiquée à cet effet sur l'épiderme.

35. Pronostic. — Dans cette affection le pronostic doit être envisagé sous un double point de vue ; d'abord quant à la lésion de la peau , et ensuite relativement à l'état de l'économie. D'après le récit du malade, sa mère n'est morte qu'à l'âge de soixante-quatorze ans, et une de ses deux sœurs à l'âge de soixantedeux ans, et leur santé générale n'avait jamais été ébranlée par les tubercules dont elles étaient affectées. Notre malade lui-même est depuis vingt ans porteur de la même lésion cutanée sans qu'elle ail encore retenti d'une manière fâcheuse sur le reste de l'économie. Il est donc probable que si on ne peut obtenir une guérison radicale de celte affection , il sera au moins facile d'en atténuer les cflets , de les

limiter à la peau , de diminuer même la lésion cutanée (Tune manière notable, comme nous le verrons plus bas.

SIEGK DE CES TROIS VARIETES d'aFFECTIOISS TUBERCULEUSES .

36. Les tubercules fongueux paraissent siéger dans le tissu cellulaire dermique.

Quant aux athèromateux , la description que nous en possédons est si incomplète qu'on ne peut pas même conjecturer leur siège.

Dans les tubercules bigarrés l'épidémie reste à l'état normal, c'est au dessous de lui dans le chorion que se développe l'altération ; mais quand ils passent à la teinte brunâtre , l'épidémie participe à la lésion qui paraît résider primitivement dans un état morbide des follicules sébacés comme l'annonce la matière que Ton peut exprimer de quelques uns de ces tubercules, matière qui obstrue les orifices folliculeux, ce que Ton distingue dîme manière très-évidente à la figure où ils sont très développés, et même sur le cou et la poitrine , où ces orifices sont bien plus prononcés qu'à l'état normal.

Les taches vermeilles sont constituées par une extravasalion de sang au dessous de I'épiderme, et elles semblent conserver leur coloration vive par le

contact du sang avec l'ait* à travers les pores de l'épiderme aminci

Les tubercules rouges , et les tubercules bleuâtres et aplatis paraissent consister dans l'altération des couches superficielles du derme, qui semblent entraîner aussi celle de 1'épiderme. Toutes ces lésions du reste sont superficielles aussi bien que leur ulcération , quand elle se produit.

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