‹ Du Molluscum Pendulum De La VulveChapitre 5 sur 17 · DES MOLLUSCUM EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES MOLLUSCUM EN GÉNÉRAL

Les fibromes de la peau se caractérisent souvent par leur aspect très spécial, ils sont mous et prennent alors le nom de molluscum, parfois ils se pédiculisent, ce sont les molluscum pendulum, c’est de ceux-ci que nous voulons surtout nous occuper. |

Il est utile de bien spécifier le sens de ce terme molluscum, car il a servi d’étiquette à beaucoup d'affections très différentes. Dans la nomenclature de Willan, le mot molluscum est appliqué à une variété de fibrome de la peau caractérisé par sa mollesse et sa pédiculisation, mais ce fut bientôt à qui multiplierait les variétés, comme nous lavons exposé d’ailleurs dans notre historique. Il n'est donc pas besoin d'y revenir ici. En réalité il faut réserver le nom de molluscum au seul fibrome mou de la peau.

Ernest Beunier les divise en deux classes, suivant qu'ils naissent dans la peau ou dans le tissu cellulaire sous-cutané .

Ceux-ci sont généralement plus petits, plus durs ; ceux-là au contraire sont plus volumineux, ils tendent à devenir pendulum. Cette distinction n’a rien d’absolu; elle n’est que commode au point de vue didactique.

Nous ne nous arrêterons pas longtemps à discuter les autres divisions. Il faut cependant rappeler celle de Michel ;

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— 14 — | mais pour séduisante qu'elle soit, elle reste trop complexe, comporte des néoformations bien différentes, qui ne sont plus considérées anjourd’hui comme de véritables molluscum. Nous voulons cependant la rappeler, car elle marque ‘une étape considérable vers la synthèse, elle téhd: à simplifier, et ce n’était pas petit mérite que de systématiser une classification des molluscum, au moment où l’on créait tant de

variétés de ces tumeurs.

Nous retronvons dans la classification de Michel les LA luscum folliculaires, Cette variété se forme dans les folliculis pileux, soit par le tassement, dans: la profondeur des | masses épidermiques secrétées outre mesure, soit, la sécré- | tion épidermique restant normale, par le rétrécissement de l'orifice extérieur du follicule pileux. En réalité, c'est l’ histoire des kystes de la peau ; ; ces sacs épidermiques renferment ainsi des débris épithéliaux, souvent de la graisse, parfois des parasites (demodex folliculorum). Ils peuvent prendre un développement excessif, 5 ’enflammer on le conçoit. Le contenu de ces kystes est susceptible de s'écouler au dehors, il en résulte un sac à parois ridées, et revenues sur elles-mémes, décrites, d’après Gallien, sous le nom d' acrochordon. À | . lhistoire du molluscum foliiculaire Michel rattache celle du molluscum contagiosum, nous y reviendrons.

Dans une seconde série se placent les molluseum fibromes, (ce sont les vrais molluseum), les molluscum éléphantiasiques de Chassaignac; ces tumeurs peuvent présenter un déve-. loppement vasculaire exagéré, les lymphatiques y sont souvent très nombreux, c’est la troisième variété de Michel (molluscum lymphoadénique). M. le professeur Lannelongue en à décrit une variété spécialisée par la présence de

ÉTIOLOGIE

Ce chapitre de l'histoire des molluscum est bien peu chargé, nous ne savons rien ou presque rien de l’étiologie de ces tumeurs. Elles ont été observées dans tous les climats, sur °Jes nègres et sur les blancs. |

Hébra prétend les avoir rencontrées principalement chez les individus faibles de corps et d’esprit; il n’y a rien de bien précis dans les faits qu'il rapporte; Duhring arrive de son côté aux mêmes solutions.

Ce qui ressort des statistiques que nous avons Dites est

une plus grande fréquence chez les femmes, surtout pendant

la période d’activité sexuelle.

Existe-t-il un rapport entre la congestion cataméniale et la production du molluscum ? Il est difficile de répondre à cette question sans faire entrer en ligne de compte la prédisposition individuelle, ce qui est un aveu d'ignorance.

L'hérédité a un rôle important, elle est incontestable chez les malades de Hesselbach, Virchow, Hecker.

Il faut aussi noter la coexistence fréquente de nœvi pigmentaires ou vasculaires. Mais nous voulons insister surtout sur le rôle des traumatismes ; On trouvera à la fin de ce travail une observation de Taylor qui nous semble très probante en l'espèce.

Elle prouve bien, selon nous, la possibilité pour le mollus-

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cum fibrosum, d’apparaître à la suite d'un traumatisme qui doit être assez violent pour endommager le tissu cellulaire sous-cutané. Il s'est formé d’abord une hyperplasie de tissu fibreux localisée dans les cavités profondes, d’où production de deux tumeurs molluscoïdes : mais le processus ne s'est pas arrêté là, et tout autour des tumeurs précédentes il s’est fait une néoformation plus superficielle de tissu fibreux qui a infiltré les couches moyennes et inférieures du derme. Ainsi donc deux variétés de néoplasie en ce cas, l’une commençant dans le tissu sous-cutané, envahissaut toute l'épaisseur du derme et faisant saillie au dehors, l’autre ne constituant qu'une simple infiltration dans l’é épaisseur même des téguments. L'auteur rappelle à ce propos Ja théorie de Recklinghausen qui fait jouer au système nerveux unrôle capital dans le développement des tumeurs fibromateuses. Demarquay raconte l'histoire d’une dame qui brisant sous elle un vase de porcelaine se coupa la grande lèvre, un fibrome DCRBUTE la cicatrice.

Au Brésil, Tochude et Lengrand racontent que chez les nègres la moindre plaie est souvent suivie de l'apparition de molluscum. Nous avons souvent pu constater par nousmême celle observation. |

Un second point à discuter est l’origine parasitaire de certaines variétés de molluscum. |

Neisser s’est beaucoup occupé de celte question, nous ne

saurions mieux faire que de rappeler ce qu’il dit à propos du corpuscüle du molluscum ; c’est pour cet auteur une cellule épithéliale kératinisée dans sa totalité, pourvue d'un noyau, ou lout äu noins d'un reste de noyau, et de parasites. En fait, il ne subsiste plus de la cellule que le reste du noyau et

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Ja membrane pariétale ; à la place du protoplasma, il y a des spores. Dans les plus grosses cellules, on trouve entre les spores, des productions claires, non colorées, petites, ovales, terminées en pointe à leurs deux extrémilés, avec noyau | central nettement contourné ; on peut les considérer comme appartenant à des périodes ultérieures de formation des spores. L'existence d’un parasite ne saurait faire doute. Virchow avait insisté autrefois sur la similitude remarquable qui existe entre les corpuscules de molluscum et les grégarines que l’on trouve dans lintestin et les organes, viscéraux des lapins, ainsi que les psorospermies ; cet auteur Îles considérait comme porteurs du contage. | Mais c’est à Bollinger que revient le mérite d'avoir vraiment montré que les grégarines étaient la cause de l'affection, et cela en démontrant l’étroite parenté qui existe entre ces petites tumeurs inoffensives pour l’homme et les proliférations de l’épithéliome contagieux des gallinacés, lesquelles sont mortelles pour les volatiles ; et en réalité la ressemblance, au double point de vue macroscopique et microscopique, est telle que l'on peut avec raison conclure de Ja nature purement parasitaire de l’une au caractère de l'autre. Neisser est un, partisan convaincu de la contagiosité .du molluscum, ainsi que cela résulte de l'observation clinique : apparition brusque sous formé d’épidémie du molluscum contagieux, sa présence simultanée sur la face des nourrissons et sur la poitrine des nourrices, son siège fréquent sur les organes génitaux de l’homme et de la femme. Malassez et Albarran pour les épithéliomes, Darier pour les maladies du sein, et Paget ont décrit dans les coupes des corps spéciaux qu’ils ont rattachés au groupe des | psorospermies

et rapprochés de la coccidia oviformis de Leuckhart. Cette question a pris d’ailleurs un très grand développement. Wickham dans sa thèse donne des dessins de coccidies dans un épithélium du nez, ces planches ne font que confirmer les idées de Darier. Nous citerons aussi les travaux de M. Vincent qui a décrit des coccidies dans un certain nombre pe tumeurs.

En somme, aprés avoir exagéré outre mesure la portée de cette théorie parasitaire de certaines tumeurs, on s "est aperçu qu’elle n’était basée que sur des apparences. Ce que l’on avait pris pour des coccidies n’était que des formes de dégénérescences épithéliales rappelant les coccidies. Dans un tra- vail paru dans les Archives de médecine expérimentale de 1890, et inspiré par M. le professeur Kiener, M. Borrel déclare qu'il considère comme des formes de dégénérescence cellulaire les figures qui ont été sue comme coccidies dans les tumeurs.

M. Fabre Domergue, dans une note présentée au 5° congrès français de Chirurgie par M. Le Dentu, se range à l’avis de M. Borrel en se fondant sur l'examen d’un certain nombre de tumeurs, provenant de la Clinique chirurgicale de Necker.

Enfin M. le D' Pilliet dans une note à la Société anatomique, décrit quelques formes de dégénérescences épithéliales rappelant les coccidies qu'il s’est appliqué à rechercher pour éviter tout soupçon de parasitisme non pas dans des tissus de tumeur, mais sur le fœtus et sur le mort-né dans deux régions qui normalement contiennent des cellules en dégénérescence, le thymus et le gland.

Nous devons aussi signaler les importants travaux que

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