‹ Du mouvement dans les fonctions de la vie (volume 2)Chapitre 28 sur 87 · VINGT-DEUXIEME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-DEUXIEME LEÇON

Vitesse de l’agent nerveux moteur et sensitif.

Graphiques de la vitesse de l’agent nerveux ramenés à la méthode ordinaire.

— Emploi du myographe pour cette détermination. — Influences qui mo- • difient la vitesse de l'agent nerveux. — Séries d’expériences comparatives.

— Emploi de la pince myographique par Helmhoitz et Baxt pour déterminer sur l'homme la vitesse de l’agent nerveux moteur. — Agent nerveux sensitif, sa vitesse. — Expériences de Schelske sur l’homme. — Détermination de la vitesse de l'agent sensitif sur la grenouille. — Détermination de la vitesse des mouvements réflexes à l’aide du myographe. — Influences qui modifient la vitesse de l’agent nerveux. — Temps consommé par les actes cérébraux intermédiaires entre la sensation et le mouvement.

— Erreur personnelle des astronomes. — Expériences pour mesurer cette erreur. — Théorie de l’erreur personnelle.

Messieurs,

Dans la précédente séance, j’ai rappelé les différentes méthodes qui ont servi à déterminer la vitesse de l’agent nerveux moteur; vous avez vu que la méthode graphique était celle qui atteignait ce résultat avec le plus de sûreté et de simplicité à la fois.

Je vous ai exposé, sous leur première forme, les expériences que j’avais entreprises pour rendre accessibles à tout expérimentateur ces intéressantes recherches qui n’avaient pas encore été répétées en France. Depuis ces premières tentatives, j’ai senti de plus en plus l’importance de respecter la forme ordinaire du graphique. Je vous ai dit, à propos des expériences de myographie

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de Valentin, de Fick, de Wundt, combien il est regrettable que ces expérimentateurs n’aient pas adopté un même système de coordonnées ; en conséquence, je me suis imposé la tâche de reprendre les expériences que je viens de décrire, en enregistrant cette fois mes graphiques sur un cylindre tournant.

La difficulté était de construire un cylindre assez léger pour que le volant du régulateur de Foucault pût l’entraîner sans perdre sa régularité si précieuse. Le disque’ de verre n’offrait à cet égard aucune difficulté, mais il n’en était pas de même du cylindre beaucoup trop lourd à mouvoir. Enfin, j’ai réussi à établir un cylindre de carton suffisamment léger pour les besoins de l’expérience.

Sur l’axe du volant d’un régulateur de Foucault, je place ce léger cylindre enfumé, et, couchant l’instrument sur le côté, j’obtiens la rotation du cylindre autour d’un axe horizontal. J’applique sur le papier noirci les extrémités des leviers de l’appareil représenté figure 137 et j’opère comme tout à l’heure. Après chaque expérience, je place les extrémités des leviers sur un point différent du cylindre, et je puis ainsi obtenir une série d’expériences successives. Le tracé recueilli dans ces conditions est le suivant (fig. 139) : vous y voyez les mêmes résultats que tout à l’heure, avec cette différence, qu’ils sont rapportés à des abscisses horizontales, ce qui rend la lecture plus facile.

Le point C, dans chaque expérience, exprime l’instant du contact électrique; le point M, l’instant de la secousse musculaire. La flèche, en bas de la figure, indique le sens de la rotation du cylindre.

Pour connaître l’intervalle qui sépare l’excitation du

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nerf de la secousse musculaire, on porte au compas chacune des longueurs CM sur la ligne du diapason.

La différence de cette longueur pour les expériences première et deuxième est d’environ f d’une vibration double du diapason, soit de seconde. Il en est de même pour les expériences troisième et quatrième comparées entre elles. Enfin, les expériences cinquième et sixième donnent pour différence environ ^ de seconde. — La longueur du nerf qui sépare les deux points successivement excités est de 45 millimètres pour tous les cas.

De là peut se déduire la vitesse de transmission de l’agent nerveux qui est, pour les expériences première et deuxième, troisième et quatrième, de là mètres par seconde, et pour les expériences cinquième et sixième, de 11 mètres seulement. Ces chiffres, très-inférieurs à ceux que les autres auteurs ont obtenus, me rendraient suspectes les expériences précédentes, si nous ne savions pas que des influences diverses peuvent réduire beaucoup la vitesse de l’agent nerveux.

Une simplification des expériences précédentes consiste à les réaliser au moyen du myographe ordinaire. En outre, en donnant au myographe un mouvement de translation au moyen du chariot (voy. fîg. 73), on dispose les secousses en imbrication verticale et on les compare facilement entre elles.

Déjà, dans la figure 69, on peut voir que la fatigue du muscle produit un léger accroissement dans le retard de la secousse sur l’excitation du nerf. Cet effet est rendu plus apparent lorsqu’on emploie un cylindre animé d’une rotation plus rapide. Je n’ai pu jusqu’ici entreprendre

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