‹ Du mouvement dans les fonctions de la vieChapitre 18 sur 68 · ONZIEME LEÇON · texte numérisé non relu

ONZIEME LEÇON

Orlfine du mouvement.

Méthode naturelle dans la classification des fonctions de la vie. — Le mouvement est la fonction la plus importante, — Mouvements primitifs et secondaires. — Des différentes formes que revêt l’élément moteur dans l’organisme. — Distinction des muscles de la vie animale et de ceux de la vie organique. — Indépendance de l’excitabilité du nerf et de la contractilité de muscle. — Nature de l’acte musculaire. — Secousses musculaires et tétanos. — Complexité de la contraction proprement dite. — Preuves diverses en faveur de cette opinion. — Historique de la question. — Coup d’œil général sur la fonction mécanique des muscles.

Messieurs,

Lorsque les sciences naturelles étaient encore dans leur phase de description et de classement, la grande préoccupation des savants était, vous le savez, d’introduire l’ordre et la méthode dans la classification des êtres vivants et dans la description de leurs caractères anatomiques. La même nécessité s’impose au biologiste : il doit, dans l’étude des fonctions de la vie, suivre une méthode naturelle et commencer par la fonction qui, mieux que toute autre, caractérise l’être vivant ; la fonction de motricité.

Pour peu qu’on examine l’organisme vivant, on voit que de toute part la vie se traduit à nous par un mouvement plus ou moins sensible, mais toujours essentiel pour la fonction qu’il accompagne.

Ces mouvements (|ue les physiologistes et les médecins de l’antiquité attribuaient à des causes souvent mystérieuses, ou, que plus souvent encore, ils croyaient expliquer par une propriété spéciale de l’organe qui les présentait, sont aujourd’hui mieux connus dans leur cause. On sait, en effet, que presque tous sont engendrés plus ou moins directement par le raccourcissement ou l’allongement d’un tissu que l’on nomme tissu contractile ou musculaire.

Le raccourcissement d’un muscle et son relâchement sont par eux-mêmes des mouvements parfaitement appréciables, mais ils deviennent à leur tour causes de mouvements secondaires qui servent à l’accomplissement d’une fonction. Ainsi la locomotion, qui transporte l’individu d’un point à un autre, emprunte à la contraction musculaire la force qui produit les flexions et extensions successives des leviers osseux, les glissements defs surfaces articulaires, en un mot tout le mécanisme de la marclie. La respiration, qui à chaque instant appelle l’air dans les poumons et l’en expulse, n’atteint ce résultat qu’à l’aide de certains muscles. La circulation a pour premier moteur un muscle, le cœur, et pour régulateur, à la périphérie du corps, les muscles vasculaires. Les battements des artères, que les anciens croyaient expliquer par une vertu pidsifiqiœ de ces vaisseaux, sont aujourd’hui réellement expliqués comme effets secondaires de la contraction du cœur. Les anémies et les congestions locales qui se produisent dans certains organes sont des effets de la contraction ou du relâchement des muscles vasculaires.

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