‹ Du mouvement dans les fonctions de la vieChapitre 23 sur 68 · SOI · texte numérisé non relu

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. Il m’a toujours semblé que cette limite était très-facilement dépassée, car un poids de 1200 grammes ayantpu, sans rupture, être supporté pendant deu.\ minutes par un gastrocnémien d’une forte grenouille ; l’autre muscle du même animal, soumis pendant le même temps à un poids d’environ 100 grammes, ne revint pas exactement à sa longueur primitive.

On ne saurait lixer d’une manière absolue la charge que peut supporter un muscle de grenouille en conservant la faculté de revenir exactement à sa longueur normale. Cette charge me paraît être, en général, inférieure à 50 grammes, mais elle varie avec le volume du muscle et avec les conditions de santé et de vigueur dans lesquelles se trouve l’animal.

Si vous voulez juger de la forme spéciale des graphiques d’élasticité fournis par les tis • sus non organisés. Nous allons répéter l’expérience en substituant au muscle de grenouille un morceau de caoutchouc vulcanisé, présentant à peu près le même volume et la même longueur que le muscle.

Voici (fig. 94) le graphique fourni par ce morceau de caoutchouc, sous l’influence de l’arrivée et du départ graduels d’un poids de dOO grammes. Les lignes de

descente et d’ascension sont des droites sensiblement , parfaites, comme Wertheim l’a signalé d’après ses expériences que je viens de vous citer.

Enfin, il est curieux d’observer les modifications que présente 1a courbe d’élasticité d’un muscle lorsque le

poids employé est considérable, et que, la limite d’élasticité de cet organe étant complètement dépassée, on poursuit l’expérience jusqu’à ce que la rupture se produise.

Voici (fig. 95) le graphique obtenu sur le gastrocnémien d’une petite grenouille. La rupture s’est produite sous une charge d’environ 750 grammes.

On voit au point a une inflexion de la courbe, qui, de concave à droite qu’elle était précédera-

Fid. S6. ^ 6rephi(]ue de Rallongement et de la i. j * j ii

rupture d'un muscle sous une charge indéfini- lllCnty UBVlCTlt ^TâClUCilO* ment croissante* , •

ment convexe ; plus tard, arrive un allongement de plus en plus rapide du muscle, qui finit par se rompre, après avoir imprimé au chariot une marche si vive, qu’elle se traduit par une ligne presque verticale.

Cette légère inflexion qui se remarque en a se produit bien avant que le muscle ait perdu toute force élastique, mais elle permet à coup sûr de prévoir que ce muscle a dépassé sa limite d’élaslicilé et qu’il ne reviendra plus à sa longueur normale.

Pour terminer ce qui est relatif à l’élasticité musculaire, ou du moins pour achever de vous donner les notions les plus indispensables au sujet de cette propriété, il me reste à examiner avec vous quelle est la courbe de l’élasticité du muscle actif comparée à celle qu’il nous a fournie lorsqu’il était à l’état de repos.

Après avoir obtenu sur un muscle au repos la courbe ax (fig. 96), dont l’origine est sur l’abscisse ox,]e fais tourner le cylindre en arrière, afin de ramener la plume au point de départ (1). Je tétanise alors le muscle en appliquant à son nerf des courants induits fréquemment répétés ; le raccourcissement considérable qui se produit porte le chariot en o. Alors je recommence l’expérience avec le même écoulement de mercure que tout à l’heure, et j’obtiens la courbe o'a', dans laquelle vous voyez quel énorme allongement s’est produit dansle muscle tétanisé, sous l’influence du même poids qui tout à l’heure l’allongeait d’unequantité bien moindre; mais vous remarquerez aussi que cet allongement est en grande partie formé aux dépens du raccourcissement tétanique, de telle sorte que la partie la plus basse de la nouvelle courbe est encore très-sensiblement au-dessus de la courbe obtenue sur le muscle au repos.

(1) Comme la limite d’élasticité a été dépassée, la nouvelle abscisse ax représente la longueur actueUe du muscle au repos et sans charge.

Je crois celle ligure Irès-propre à fournir la vérilable explicalion des fails signalés par Weber, el à montrer comment et dans quelles limites il faut admettre que le

Fig. 00. ^ Graplùque comparatif de rallongemeni produit par une môme clurge Sur tto muscle au repos et sur un muscle tétanisé»

muscle contracté puisse être plus extensible que le muscle au repos.

Toutes ces questions relatives à l’élasticité auront besoin

d’clrc reprises plus tard, lorscpic nous étudierons la nature de la eonlraelion museulaire; c’est alors seulement que nous aurons les éléments nécessaires pour pousser plus loin ces études.

MMltV.

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