DU TÉTANOS PRODUIT PAR DIVERS AGENTS
lions manifestes; elles sont d’abord d’une finesse extrême et d’une grande fréquence; plus tard elles semblent plus fréquentes et plus fines encore, le tétanos est encore plus complet; mais bientôt on voit les vibrations reparaître
Fl6. 130. — Naissance du téUnossous l’influence do la strychnine. Chaque accès est provoqué par une seule excitation électrique.
plus rares et par conséquent plus visibles ; par suite de leur fusion moins complète, le muscle exécute des oscillations de plus en plus grandes et arrive à un relâchement total.
De tous ces mouvements si réguliers et si rapides que le graphique nous montre, la vue n’en peut saisir aucun d’une manière directe. Le muscle semble entièrement immobile dans le raccourcissement jusqu’à ces oscillations si étendues et si irrégulières qui terminent l’accès tétanique.
40fl DU MOUVEMENT DANS LES FONCTIONS DE LA VIE
DU TÉTANOS PRODUIT PAR DIVERS AGENTS. ütQ5
Dans la figure 131 la deuxième excitation produit un tétanos plus parfait encore cpie celui qu’a provoqué la première ; mais répnisemcnt du nerf (1) arrive plus tôt ; il est toujours précédé de secousses espacées les unes des autres et d’une grande amplitude. La troisième exeitation donne un tétanos presque absolu, mais plus eourt encore que les précédents. La durée des accès tétaniques ainsi provoqués irait toujours en s’affaiblissant jusqu’à ce que le nerf ne réagisse plus du tout.
La strychnine ne paraît agir pour tuer les animaux qu’en les rendant si excitables par les impressions sensitives, qu’ils épuisent leurs nerfs dans les mouvements réflexes consécutifs. On peut, en cessant toute exeitation de l’animal, le mettre en état d’éliminer le poison absorbé. On retrouve le lendemain la grenouille reposée, et susceptible encore de fournir des mouvements tétaniques, mais bien moins prolongés et bien moins complets que les accès de la veille. Le nombre des secousses successives est alors assez restreint, leur fréquence est bien moindre que dans les premières phases de l’empoisonnement. Enfin, par suite de leur fusion moins complète, ces secousses produisent dans le graphique des oscillations d’une plus grande amplitude.
Un autre caractère des mouvements qui se produisent alors, c’est que leur moindre fréquence et leur moindre énergie produisent peu d’épuisement de l’animal, de sorte que l’on peut provoquer des centaines de
(1) Je dis l’épuisement du nerf, parce que Matteucci a démontré que le muscle conserve son excitabilité lors même que le nerf serait entièrement épuisé par l'action de la strychnine.
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ces petits accès tétaniques sans détruire l’excitabilité du nerf.
La figure 132 représente deux séries de ces accès disposés en imbrication oblique. La série placée en bas et à droite est produite dans les premiers moments de l’excitation de l’animal ; la série de gauche est obtenue plus tard, c’est-ù-dire dans des conditions d’épuisement plus prononcées.
On est frappé de la régularité remarquable de tous ces graphiques disposés en séries. Les excitations électriques, étant bien égales entre elles, ont donné lieu à des séries de mouvements semblables de tous points. On voit cependant, dans la succession de ces séries, se manifester une tendance générale : c’est que le nombre des secousses des périodes tétaniques tend peu à peu à diminuer et leur amplitude à décroître.
Dans chacun des accès tétaniques, on voit aussi que la fréquence des secousses croît pendant un instant pour décroître jusqu’à la fin.
Anêi du tétanos sous l’influence d’un courant continu, — Toutes les influences tétanisantes que nous venons de passer en revue peuvent être entravées d’une manière complète. par l’application d’un courant voltaïque au nerf préalablement excité. Que ce soit le traumatisme, les courants induits successifs ou les agents chimiques qui aient été employés pour exiter le nerf, l’application d’un fort courant de pile traversant une grande longueur du cordon nerveux, produit immédiatement le relâchement du muscle.