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culaires et des nerfs qui les accompagnent ne sont ni également brusques ni également espacées; aussi le graphique d’un semblable tétanos est-il fort irrégulier. A défaut de l’appareil de Heidenhaim, je vais, au moyen d’un diapason, produire une série de percussions d’un nerf assez égales entre elles pour fournir un tétanos traumatique assez régulier. Je place le nerf sciatique d’une grenouille sur une membrane de caoutchouc bien tendue; ce support élastique empêchera le nerf de recevoir des contusions trop violentes et d’être altéré dans sa structure dès les premiers coups qu’il aura reçus. Le muscle gas- Irocnémien est comme à l’ordinaire adapté au myographe. Je percute un diapason de 100 vibrations par seconde et
Fig. 1S8. ^ Tétanos obtenu par les vibrations d’un diapason appliqué sur le nerf.
j’applique une des branches de l’instrument sur le nerf. Aussitôt vous voyez (fig. 128) le muscle entrer en téta-
nos; j’enlève le diapason el le muscle se relâche, b chute lente du graphique montre que le muscle avait déjà subi l’influence de la fatigue.
Tétanos produit par la chaleur. — Quand un nerf est soumis à une assez forte chaleur, il se produit une désorganisation lente de sa substance, et sous cette influence le muscle exécute des secousses d’abord isolées, puis plus fréquentes, irrégulières et d’amplitudes assez inégales; mais ces mouvements se fusionnent en partie et leur résultante produit un tétanos beaucoup plus irréguliers que celui que le traumatisme vient de nous fournir.
Le dessèchement du nerf semble agir de la meme manière; il altère la structure des tubes nerveux, et cette destruction successive des différents éléments du nerf s’accompagne d’e.xcitation des parties contiguës de l’organe qui sont situées vers la périphérie et qui n’ont pas encore subi d’altération.
Si l’on examine le muscle ainsi tétanisé on voit que ses faisceaux se contractent isolément. Ce n’est plus, comme avec l’emploi de l’électricité, une série de secousses dans lesquelles tous les faisceaux du muscle entrent en jeu simultanément. 11 est probable que cette indépendance d’action des fibrilles du muscle, dans le cas d’échauffement ou de dessèchement du nerf, tient à ce que les différents tuhes de ce nerf sont inégalement atteints par la destruction et que chacun d’eux, excité isolément, transmet exclusivement son action aux éléments des muscles qu’il tient sous sa dépendance. Nous retrouve-
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rons cette même forme de secousses dissociées dans le tétanos que produisent les actions chimiques.
Pour montrer que l’action de la chaleur sur les nerfs ne tient pas au dessèchement, on peut les tenir dans une petite caisse close dont l’air est saturé de vapeur d’eau et que l’on chauffe au moyen de l’appareil que vous connaissez déjà, dans lequel on (lut circuler de l’eau dont la température s’élève graduellement. Lorsque le tétanos a duré quelque temps, on le voit disparaître d’une manière assez brusque; on peut constater alors que le nerf a subi une sorte de cuisson qui le rend très-friable, mais qu’il n’est nullement desséché. La cessation du tétanos annonce la destruction complète du nerf.
Tétmios produit par les agents chimiques. — Lorsqu’on trempe un nerf dans une solution de sel marin un peu concentrée, l’action du sel produit une e.xcilalion prolongée de la substance nerveuse. Des secousses multiples se produisent et se fondent en un tétanos parfois presque absolu. I.a bile se comporte de la même façon; c’est un excitant chimique des nerfs. Un grand nombre de substances agissent de la même manière; d'autres, qui paraissent détruire graduellement la substance nerveuse, ne produisent que peu ou pas d’excitation. L’expérience a montré à Kühne que l’ammoniaque et les solutions de certains sels métalliques amènent la mort du nerf sans exeiter de mouvements du muscle, tandis que ces mêmes substances, appliquées sur le muscle ; lui-même, le font tétaniser. Je regrette de ne pouvoir suivre avec vous l’élude de cés agents chimiques au moyen d’expériences
comparQlives. C’est un sujet qui mérite des recherches spéciales.
Le tétanos produit par les divers agents chimiques appliqués aux nerfs présente des caractères graphiques assez constants. Je vais choisir pour exemple celui que l’on produit en trempant le nerf sciatique d’une grenouille dans une solution saturée de sel marin. L’expérience suivante montre les différentes phases de l’excitation du nerf. Le sel a agi pendant neuf minutes sur le nerf sciatique d’une grenouille; pendant les deux prennières minutes il ne s’est rien produit, mais à la troisième quelques secousses assez égales entre elles se sont montrées. Le graphique de cette première phase est enregistré figure 129, ligne première ; entre deux secousses consécutives il s’écoulait parfois quatre ou cinq secondes, puis les secousses ont pris plus de fréquence : à la quatrième minute, elles étaient assez nombreuses pour que la ligne tracée par le levier du myographe ne retombât que rarement sur l’abscisse ainsi qu’on le voit ligne 2, dans la figure. La ligne 3 représente les mouvements rapides et irréguliers que le muscle exécutait dans la cinquième minute ; à partir de ce moment, la courbe n’est plus jamais retombée sur l’abscisse, cela montre qu’il n’y a plus eu de repos du muscle jusqu’à la fin de l’expérience.
Les lignes supérieures ont été tracées à des intervalles d’une minute, car le cylindre mettait ce temps à faire une révolution et la figure est taillée dans une bande du papier qui recouvrait ce cylindre. A chaque tour, j’avais soin de déplacer le myographe pour éviter la confusion des graphiques.
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Fig. 139. •— Sccoiifs^A de |>)us(en |»)us frequentes et télsnisces, obtenues par l'ininicrsion du nerf dans une solution de sel marin.
Lorsque le télanos était presque complet et que le muscle n’exécutait plus que des vibrations de peu d’amplitude, j’ai coupé le nerf au-dessous de la partie immergée dans la solution saline ; aussitôt, toute excitation du muscle a cessé et le levier est retombé d’une manière assez rapide à un niveau où il a tracé une ligne horizontale qui est l’abscisse ox de la sixième courbe, et qui montre que le raccourcissement tétanique du muscle était assez considérable à l’instant qui a précédé la section du nerf.
Tout s’est donc passé dans cette expérience comme dans celle que nous venons d’exécuter tout à l’heure en faisant agir sur le nerf la chaleur ou le dessèchement. En outre, on peut constater dans le tétanos chimique une agitation fibrillaire du muscle dont les différents faisceaux n’entrent pas en mouvement tous à la fois. C’est donc une nouvelle raison pour rapprocher ces effets les uns des autres et pour considérer la chaleur, le dessécliement et les agents chimiques comme altérant en détail la structure des différents faisceaux du cordon nerveux sur lequel ils agissent, et provoquant par cette altération même une excitation des tubes nerveux qu’ils atteignent.
Tétanos produit par les poisom. — La strychnine et la brucine introduites dans la circulation d’un animal provoquent des mouvements tétaniques bien connus de tous les expérimentateurs. On s’accorde à considérer le tétanos strychnique comme un mouvement réfle.\e, c’est-àdire : qu’une sensation quelconque étant provoquée chez l’animal empoisonné, celui-ci réagit contre cet excitant avec une violence extrême. Le poison a eu pour effet
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(l’exagérer une propriélé normale des centres nerveux, propriété (jui constitue le pouvoir réflexe. On sait que l’influence du cerveau semble modératrice du pouvoir réflexe de la moelle épinière, et que si l’on sépare le cerveau de la moelle par une section transversale, les actions réflexes apparaissent avec une grande netteté.
La myographie va nous faire assiter à toutes les phases de l’empoisonnement par la strychnine. L’absorption lente du poison permettra de suivre ces jibascs dans lesquelles les mouvements réflexes s’exagèrent de plus en plus jusqu’à un maximiun à partir duquel l’épuisement les éteint peu à jieu.
Les phénomènes obtenus sont très-différents suivant la dose do poison qu’on emploie ; mais il en faut extrêmement peu si l’on ne veut promptement amener la mort de l’animal. Une solution titrée et très-étendue de chlorhydrate de strychnine dosée avec la seringue de Pravaz serait le meilleur moyen de graduer les effets du poison; mais je me suis borné jusqu’ici ii l’emploi de la strychnine pure, dont un très-petit fragment, glissé sous la peau du dos d'une grenouille, se dissout assez lentement dans les liquides de l’animal et s’absorbe assez graduellement pour permettre d’assister aux différentes phases de l’empoisonnement. Au moment où le tétanos se montre, j’enlève le fragment de strychnine et l’animal peut survivre à l’empoisonnement.
Une grenouille étant appliquée sur le myographe est soumise à l’empoisonnement strychnique. Je donne au cylindre qui reçoit tes graphiques la rotation lente (un tour en une minute) que j’ai employée dans les préeé-
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dentes expériences. J’excite le nerf sciatique par des courants très-faibles.
Le premier effet du poison semble être d’augmenter l’excitabilité du nerf, de telle sorte que les faibles courants, qui provoquaient d’abord des secousses de peu d’amplitude dans le muscle gastroenémien, en provoquent bientôt de très-fortes. Bientôt, la secousse provoquée ne se borne plus au muscle dont le nerf est excité, mais elle se produit en même temps dans tous les membres de l’animal. Outre l’action directe du nerf électrisé sur le muscle auquel il se rend, l’action réflexe se produit et s’étend à tous les muscles du corps si la moelle n’a pas été coupée. Un peu plus tard, la secousse semble prendre plus de durée, mais si alors on examine avec soin le graphique enregistré, on voit que le sommet aplati présente un certain nombre de vibrations très-fines qui indiquent manifestement la fusion incomplète de plusieurs secousses.
La figure 130 montre plusieurs secousses de ce genre, disposées en imbrication verticale; les vibrations sont très-visibles dans le sommet de chacune de ces courbes qui, au premier abord, semble n’être qu’une secousse plus prolongée que les autres. A mesure que le poison s’absorbe, la durée de cette période de tétanos incomplet augmente. Cet accroissement est très-rapide et, au bout de quelques tours du cylindre, on voit arriver un tétanos qui dure parfois plusieurs minutes de suite.
La figure 131 montre trois accès tétaniques provoqués chacun par une excitation nerveuse, au moyen d’un courant induit. On voit, dans le graphique inférieur, des vibra-