‹ Du mouvement dans les fonctions de la vieChapitre 8 sur 68 · QUATRIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LEÇON

De« loin en biologie.

Le* lois physiques et chimiques se retrouvent cher, les êtres vivants. — Lois hiologiques actuelles, elles devront se réduire en lois plus simples. — Lois de la contraction musculaire. — Loi d'harmonie des fonctions. ^ Lois de l'excitabilité des nerfs. — L’imperfection des moyens d’observation a empéché jusqu’ici de saisir des rapports numériques dans les phénomènes de la vie. — La plupart des lois biologiques ne donnent que des probabilités.

IViessieurs,

J’ai à vous parler aujourd’hui de la con.sidérée

comme opération de l’esprit contraire de l’analyse ; de la synthèse qui rassemble les notions éparses pour en former un tout, qui s’élève des faits particuliers à la loi générale qui les domine tous.

Le plus haut degré auquel puissent parvenir les sciences naturelles, c’est la découverte des lois qui régissent la plupart des phénomènes de 1a vie. C’est là, je vous l’ai dit, l’idéal que nous devons poursuivre, mais que nous n’avons pas encore atteint. Aujourd’hui, c’est la recherche des faits qui nous occupe : nous travaillons pour des successeurs bien éloignés peut-être; nous accumulons pour eu.\ les matériau.x d’iine vaste synthèse qui leur permettra d’embrasser tous ces faits dans un point de vue général, et d’en faire sortir des lois simples.

DR6 Lois Iin biologiL. 67

Dès aujourd’hui, toutefois, la lumière semble se faire sur certains points des sciences naturelles, et certaines lois commencent à se dégager.

Établissons d’abord ce fait capital, que les lois de la physique et de la chimie se retrouvent dans les manifestations de la vie animale ou végétale, et que chaque jour, l’hypothèse qui faisait admettre dans les êtres organÎBés des forces d’une nature spéciale devient moins nécessaire^

Les lois de la physique, vous les avez vues appliquées lorsque j’ai fait fonctionner devant vous ces appareils schématiques A l’aide desquel on peut imiter certains phé nomèrtes qui s’observent chez les êtres vivants. Ces mêmes lois, nous les retrouverons sans cesse à mesure que nous étudierons, dans leurs détails plus intimes, les fonctions des êtres organisés.

Les lois de la chimie, Berthelot vous lés montre pré.sidaht à la formation des matières dites orgfitiiçupx. L’hypothèse d’une chimie vitale toute particulière est aujourd’hui rendue inutile. Les recherches basées sur la synthèse en chimie nous montrent que les lois ordinaires sufllsenl pour expliquer la formation des matières organiipies au sein des végétaux.

La mieux connue do toutes les fonctions végétales, la respiration des plantes, nous fournit cette première notion expérimentale, que la matière verte des plantes, sous l’influence de la lumière solaire, décompose l’eau et l’acide carbonique, séparant ainsi l’hydrogène et l’oxyde de carbone. Or ces dernières substances sont les éléments que la synthèse chimique emploie pour

Digltized by Googl

former les composés ternaires, qui lous peuvent dériver de l’action de l’hydrogène naissant sur l’oxyde de carbone.

Si le chimiste, dans son laboratoire, passe par une série de transformations pour arriver à la formation des corps dans lesquels les éléments sont plus condensés, la nature peut arriver d’une manière plus directe à la formation de ces corps, sans pour cela que les lois de la chimie ordinaire soient violées. Dans la nature, tous les éléments se trouvent en contact à l’état naissant, de telle sorte que les premiers composés qui en résultent ne demeurent pas longtemps à leur première phase d’évolution, puisqu’ils ont auprès d’eux tous les éléments nécessaires à la formation de corps plus compliqués. Les corps organiques arrivent donc d’emblée à leur degré de condensation le plus élevé, tandis que, dans les réactions chimiques des laboratoires, on est obligé, pour suivre les conditions de la formation de ces corps, de créer des phases artificielles et successives.

Dans l’étude des fonctions de la vie, le physiologiste se trouve en face de phénomènes si complexes qu’il ne peut saisir tout d’abord les lois qui les régissent. Mais il est frappé de certains caractères qui lui semblent plus constants que les autres. 11 en déduit l’existence de certaines lois vitales, hypothèse éphémère qui disparaît tôt ou tard devant un examen plus approfondi des phénomènes et est absorbée dans l’ensemble plus général des lois physiques ou chimiques.

Tout d’abord, la production de chaleur et celle de mouvement semblent être des attributs du règne animal.

Page 1